Côte d'Ivoire : Orpaillage illégal, l'UNEMAF mobilise les communautés du Bas-Sassandra
Face aux risques que fait peser l’orpaillage illégal sur les terres agricoles, les forêts et les ressources en eau, l’Union des Entreprises du Monde Agricole et Forestier (UNEMAF) passe à l’action. Après une première caravane consacrée à la cohabitation entre agriculture, foresterie et exploitation minière, l’organisation annonce une nouvelle campagne de sensibilisation dans le Bas-Sassandra, placée sous le signe de la prévention et de la mobilisation communautaire.
L’UNEMAF veut agir avant que l’orpaillage illégal ne s’installe durablement dans les territoires ruraux. L’organisation a annoncé, à Abidjan, le lancement prochain d’une caravane préventive destinée aux communautés du Bas-Sassandra, avec pour ambition de renforcer la vigilance collective face à l’exploitation clandestine des ressources aurifères.
Cette initiative repose sur un principe : prévenir plutôt que subir. Pour l’UNEMAF, la lutte contre l’orpaillage illégal ne saurait se limiter aux interventions des pouvoirs publics. Elle doit également s’appuyer sur la mobilisation des populations, des producteurs, des entreprises et des autorités locales.
À travers cette caravane, l’organisation entend aller directement à la rencontre des communautés rurales afin de les informer sur les conséquences potentielles de l’orpaillage illégal et de les encourager à protéger leur patrimoine productif.
Le message porté par l’UNEMAF est notamment d’inviter les populations à ne pas pratiquer elles-mêmes l’orpaillage illégal, mais aussi à ne pas faciliter l’installation de personnes ou de groupes venus exploiter clandestinement les ressources aurifères dans leurs localités.
L’objectif est également de développer une véritable culture de vigilance au sein des communautés. Il s’agit notamment de favoriser l’identification précoce des situations à risque, le signalement des activités suspectes aux autorités compétentes et la préservation des espaces agricoles, forestiers et des ressources hydriques.
Dans les zones rurales, l’implantation d’activités minières clandestines peut créer une concurrence avec les activités agricoles et forestières et entraîner des conflits liés à l’utilisation des terres. Elle peut également exercer une pression sur les ressources naturelles indispensables aux populations et à leurs activités économiques.
Pour l’UNEMAF, la préservation de ces ressources constitue donc un enjeu qui dépasse la seule question de l’exploitation aurifère. Il s’agit de maintenir les conditions nécessaires à la production agricole, à la gestion durable des espaces forestiers et à la sauvegarde des moyens de subsistance des communautés.
Le choix du Bas-Sassandra s’inscrit dans cette logique d’intervention en amont. À travers l’information et la sensibilisation, l’organisation souhaite contribuer à empêcher l’installation durable de pratiques susceptibles de fragiliser les équilibres économiques et environnementaux des territoires.
Cette nouvelle campagne s’inscrit dans le prolongement d’une première caravane organisée en avril 2025 par l’UNEMAF, avec l’appui de l’ONG Agir pour l’Environnement dans les Industries Extractives (AEIE).
Cette première initiative portait sur le thème « Cohabitation agriculture, foresterie et exploitation minière ». Elle avait permis aux organisateurs d’échanger avec différents acteurs dans plusieurs localités, notamment à Azopé et Daoukro.
Les enseignements tirés de cette démarche ont ensuite fait l’objet d’une restitution à Abidjan en août 2025. Leur remise officielle est intervenue le 15 septembre 2026, lors d’une cérémonie organisée dans la capitale économique ivoirienne.
La rencontre a également été marquée par une communication consacrée à la problématique de l’orpaillage en Côte d’Ivoire, présentée par un conseiller du Conseil national de sécurité (CNS).
Avec cette nouvelle caravane, l’UNEMAF entend désormais passer d’une logique de constat à une démarche davantage tournée vers l’action de proximité.
L’organisation veut notamment sensibiliser les communautés aux risques liés à l’implantation de sites d’orpaillage clandestins et rappeler le rôle qu’elles peuvent jouer dans la préservation de leurs territoires.
Cette mobilisation repose sur une responsabilité partagée entre les populations, les producteurs, les opérateurs économiques, les autorités administratives et locales ainsi que les autres acteurs intervenant dans les zones concernées.
Pour l’UNEMAF, la vigilance communautaire doit permettre de détecter plus rapidement les risques et de favoriser le recours aux autorités compétentes, plutôt que de laisser les activités illégales s’enraciner dans les localités.
Au-delà de la question de l’orpaillage, l’initiative pose celle de la préservation du patrimoine productif des territoires. Terres agricoles, forêts et ressources en eau constituent, pour les communautés rurales, des ressources essentielles à la production et à la création de revenus.
C’est pourquoi l’UNEMAF veut inscrire sa campagne dans une démarche fondée sur la prévention, la sensibilisation et la responsabilité collective.
Son message se résume en une formule : « L’or peut être extrait, mais la terre agricole, les forêts et l’eau doivent être protégées. »
Dans le Bas-Sassandra, cette nouvelle campagne entend ainsi faire de la prévention un outil de protection des territoires et de leurs communautés, tout en favorisant une cohabitation mieux maîtrisée entre agriculture, foresterie et exploitation minière.
Wassimagnon
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