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Côte d'Ivoire : En détention préventive depuis 3, 4, voire 5 ans, sans jugement, des détenus à la prison de Man, lancent un cri d'alarme
 

Côte d'Ivoire : En détention préventive depuis 3, 4, voire 5 ans, sans jugement, des détenus à la prison de Man, lancent un cri d'alarme

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 06 janvier 2022 - 11:45

des détenus au sein de la prison de Man (archive)


Ils sont nombreux à attendre ce jour fatidique où le fameux "accusés, levez-vous" sera prononcé. Eux, ce sont les prisonniers en détention préventive de la maison d'arrêt et de correction de Man (MACM), à l'ouest de la Côte d'Ivoire dans la région du Tonpki.


S'il est vrai que le nouveau code de procédure pénale fixe désormais des délais pour la détention préventive à 18 mois en matière correctionnelle, 24 en matière criminelle avec l'obligation, pour les magistrats, de motiver leur décision au moment de priver un individu de sa liberté, pour certains détenus de la maison d'arrêt et de correction de Man cette norme n'est pour l'instant, qu'une vue de l'esprit.


Et pour cause, bien que vivant dans des conditions de détention qui laissent à désirer, cette catégorie de prisonniers dans les liens de la détention préventive vivent très mal leur situation. Ils y sont pour certains depuis 3, 4, 5 voire 6 ans. Une détention préventive qui s'éternise selon eux.


La prison de Man, construite pour accueillir 250 pensionnaires, à ce jour, ce sont 1289 détenus qui y séjournent soit cinq fois la capacité d’accueil.


Mis à côté des conditions de détention pas trop reluisantes, plusieurs prisonniers en détention préventive attendent toujours que leur situation leur soit clarifiée.


Des prisonniers de la MACM frappés par la détention préventive attendent qu’un juge se prononce sur leurs cas.


Ils l'ont fait savoir sans faux fuyant au cours d'un match de football organisé par l'administration pénitentiaire de Man, dans le cadre des festivités de fin d'année.


 

Par la voix du porte-parole des détenus, Fidel Glouzei, la question des prisonniers en détention préventive a été soulevée.


Comme s'ils attendaient cette occasion pour mettre à nu leur situation juridique qui s'éternise, Fidel Glouzei, a, au nom de ses codétenus, évoqué, les larmes aux yeux ce pénible fardeau qui pèse sur la conscience de nombreux prisonniers.


Prenant la parole, Fidel Glouzei s'est adressé au procureur de la République près du tribunal de première instance de Man.


Il a imploré ce dernier à se pencher sur le cas des prisonniers en détention préventive de longues durées à savoir ceux qui y sont pour certains depuis 3,4 voire 5 ans.


Le porte-parole des prisonniers a expliqué que "la vie en détention n’est pas facile et y être sans avoir été jugé et condamné est encore plus douloureux et dramatique".


"Nous sommes là depuis plusieurs années sans savoir jusqu’à quand nous serons là et quand nous sortirons", a martelé celui qui fut lui-même incarcéré depuis 2015.


 

Au cours de ces festivités qui étaient comme une tribune qui leur a été offerte par le régisseur de la maison d'arrêt et de correction de Man, Ibrahim Koné, pour s'adresser directement au procureur, ces prisonniers en détention préventive ont demandé à ce dernier de jeter un regard sur leurs conditions de détention.


"Les cellules sont surpeuplées et la tombée de la nuit est pour les détenus que nous sommes, une torture", a lâché le porte-parole des détenus.


"Aidez-nous à purger nos peines dans des conditions qui nous permettront de participer un jour au développement du pays", a poursuivi Fidel, lançant de ce fait un appel au Gouvernement.


"On ne sait pas ce qui coince. On veut être situé sur notre sort. Même si on est condamné, ce n'est pas un souci mais vivre plusieurs années en ne sachant pas si on est coupable ou pas est plus douloureux que notre séjour", a confié un autre prisonnier de la MACM.


En Côte d’Ivoire, un tiers des détenus sont en attente de jugement, certains depuis plusieurs années. En moyenne, ils sont incarcérés depuis plus de deux ans, selon une enquête conjointe menée en 2020 par l’association ivoirienne Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT-CI), la Fédération internationale des ACAT (FIACAT) et le Centre d’études et de recherche sur la diplomatie, l’administration publique et le politique (CERDAP). Un nouveau code de procédure pénale a été adopté pour y remédier, sa mise en application piétine. Les 34 maisons de détention du pays dépassent, 272 %, avec 22 000 prisonniers pour 8 000 places. En 2020, 112 personnes sont mortes derrière les murs des prisons ivoiriennes, 37 rien qu’à Sassandra.


Jean Chrésus, Abidjan 


 
 
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