Côte d'Ivoire : Cacao, Yves Brahima Koné fait toute la lumière sur la centaine de camions bloqués au port et rassure les producteurs ivoiriens
Le Conseil café-cacao dénonce une campagne de désinformation et garantit l’achat de toute la production nationale
Le président du Conseil café-cacao (CCC), Yves Brahima Koné, est monté au créneau ce mercredi lors d’un point de presse tenu au 23ᵉ étage de l’immeuble Caistab à Abidjan, afin de lever toute ambiguïté sur la commercialisation du cacao ivoirien. Face à la presse nationale et internationale, il a dénoncé ce qu’il qualifie de campagne insidieuse de désinformation, tout en rassurant fermement les producteurs sur l’écoulement intégral de la récolte.
Dès l’entame de son propos, Yves Brahima Koné a rappelé l’importance stratégique de la filière café-cacao pour l’économie ivoirienne et salué l’engagement des médias dans l’accompagnement des missions du Conseil.
Il est revenu sur l’ouverture de la campagne café-cacao 2025-2026, intervenue le 1er octobre 2025, marquée par la fixation d’un prix bord champ historique de 2 800 FCFA le kilogramme, une première en Côte d’Ivoire.
« Le monde paysan a apprécié, et nous avons tous apprécié cet effort jamais consenti auparavant en faveur des producteurs », a-t-il souligné.
Selon le président du CCC, environ un mois et demi après le lancement de la campagne, des informations alarmantes ont commencé à circuler, évoquant un prétendu blocage de la commercialisation du cacao.
Ces déclarations émanent principalement de deux syndicats, à savoir l’ANAPROCI, dirigée par Konan Kanga Koffi, et le SYNAPCI, conduit par Koné Moussa. En décembre dernier, ces organisations avaient affirmé lors d’une conférence de presse que 700 000 tonnes de cacao seraient stockées dans les zones de production, soit près de la moitié de la production nationale.
« Ces chiffres sont faux et relèvent de la désinformation », a tranché Yves Brahima Koné.
Pour étayer ses propos, le président du Conseil café-cacao a invité les journalistes à se rendre eux-mêmes dans les ports d’Abidjan.
« Le cacao se décharge normalement. Hier encore, près de 300 camions ont été déchargés. Ce matin, les opérations se poursuivent normalement », a-t-il affirmé.
Concernant les informations faisant état de centaines de camions bloqués aux abords du port, Yves Brahima Koné a apporté une précision de taille : ces véhicules ne disposent pas de connaissements, documents obligatoires autorisant le transport du cacao depuis les zones de production.
Depuis 2018, rappelle-t-il, aucune cargaison de cacao ne peut quitter une zone de production sans un connaissement dûment validé par l’opérateur et l’exportateur.
« Tout camion sans connaissement est dans l’illégalité. Pour nous, c’est de la fraude. Ces cargaisons ne seront jamais déchargées dans les usines relevant du système du Conseil café-cacao », a-t-il martelé.
Il a également précisé que le remboursement des frais de transport est conditionné à l’identification claire de l’origine de la cargaison, ce qui est impossible sans documents officiels.
Une production intégralement achetée
Face aux inquiétudes des planteurs, Yves Brahima Koné s’est voulu rassurant : « Toute la production qui sort des plantations ivoiriennes sera achetée. Nous avons fait des prévisions et nous assumons nos responsabilités. »
Reconnaissant l’existence de difficultés récurrentes en début de campagne, il a insisté sur le fait qu’aucune campagne ne s’est jamais achevée avec du cacao invendu en Côte d’Ivoire.
Le président du CCC a également dénoncé certaines tentatives de pression visant à faire baisser le prix payé aux producteurs, sous prétexte que le cacao ivoirien serait trop cher sur le marché international.
« L’acteur principal pour le gouvernement, c’est le producteur. Chaque fois qu’il est possible de mieux rémunérer le paysan, nous le ferons », a-t-il affirmé.
Et de prévenir : « Sans planteurs, il n’y a pas de cacao. Sans cacao, il n’y a pas de chocolat. »
En conclusion, Yves Brahima Koné a appelé les médias à relayer une information juste et vérifiée, tout en exhortant les acteurs de la filière à privilégier le dialogue et l’intérêt collectif.
« Personne n’a intérêt à travailler contre son propre pays. Nous avons le devoir de construire une filière forte, équilibrée et durable, dans l’intérêt de tous », a-t-il conclu.
Wassimagnon
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