Côte d'Ivoire : Nouveau gouvernement ivoirien, pour Don Mello, cette recomposition ministérielle s'inscrit dans une continuité assumée d'un système de parti-État à vocation hégémonique
Don Mello
La publication de la nouvelle équipe gouvernementale, le vendredi 23 janvier 2026, relance le débat sur l’évolution du paysage politique ivoirien.
Pour Ahoua Don-Mello, cette recomposition ministérielle ne marque ni rupture ni renouveau, mais s’inscrit plutôt dans une continuité assumée qui consolide progressivement un système de parti-État à vocation hégémonique.
Dans son analyse, l’auteur retrace la trajectoire politique ayant conduit de la domination du RDR à la création du RHDP, présenté aujourd’hui comme le centre exclusif de l’exercice du pouvoir. Cette dynamique, estime-t-il, traduit une volonté manifeste de confondre l’État et le parti, au point que les institutions publiques fonctionneraient désormais prioritairement au service d’une seule formation politique. Le départ du PDCI du RHDP, loin d’affaiblir cette architecture, aurait même renforcé le socle originel du pouvoir, les ralliements enregistrés conservant selon lui une identité politique profondément marquée par le RDR.
L’architecture actuelle de l’exécutif suscite également des interrogations majeures. La coexistence d’un Vice-Premier ministre et d’un Premier ministre est décrite comme une source potentielle de dysfonctionnements, avec un partage du pouvoir ambigu où l’un détiendrait l’autorité effective tandis que l’autre incarnerait une légitimité plus symbolique.
Une telle configuration, analyse Ahoua Don-Mello, pourrait exposer l’action gouvernementale à des décisions contradictoires et accentuer la confusion institutionnelle.
Au cœur de cette réflexion se trouve la question de la relève politique annoncée par le Président de la République, également président du RHDP. Deux scénarios sont envisagés. Le premier ouvrirait la voie à un choix démocratique interne susceptible de renforcer la démocratie ivoirienne. Le second, plus inquiétant selon l’auteur, verrait s’imposer une logique de désignation inspirée de traditions anciennes, au détriment des principes démocratiques et des aspirations pluralistes.
Cette lecture s’inscrit dans un contexte géopolitique mondial marqué par un retour en force des modèles hégémoniques, notamment dans le Sud global. Face à cette tendance, Ahoua Don-Mello plaide pour l’émergence d’une gauche ivoirienne plurielle, structurée et consciente de ses responsabilités historiques. À défaut, avertit-il, la Côte d’Ivoire pourrait assister à un recul démocratique progressif, passant du multipartisme formel à un système dominé par un parti unique de fait, dont l’objectif serait de neutraliser ou marginaliser durablement l’opposition politique.
Datée d’Abidjan le 27 janvier 2026, cette prise de position se veut un signal d’alerte adressé à l’opinion nationale sur les enjeux démocratiques majeurs qui se dessinent à l’horizon politique ivoirien.
Jean Chresus, Abidjan
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