Côte d'Ivoire : Journée mondiale des consommateurs, Soumahoro Ben N'Fali encourge les Ivoiriens à dénoncer les abus dans les marchés et les services publics
À l’occasion de la 43ᵉ édition de la Journée mondiale des consommateurs, célébrée, ce mardi 17 mars à la mairie d’Adjamé, le président de la Fédération ivoirienne des consommateurs Le Réveil (FICRE), Soumahoro Ben N’Fali, a livré un discours à la fois pédagogique et interpellateur, invitant les citoyens à mieux connaître et défendre leurs droits.
Devant un parterre de représentants d’institutions publiques et privées, notamment ceux du ministère du Plan et du Développement, du secteur de l’électricité, du Fonds d’entretien routier (FER) et de la Poste, il a salué la présence des participants tout en regrettant que cette journée passe souvent inaperçue. Revenant sur l’origine de cette célébration, il a cité John F. Kennedy, qui avait reconnu les consommateurs comme « le groupe économique le plus important », tout en déplorant que leurs préoccupations soient rarement prises en compte. À partir de cette déclaration, dix droits fondamentaux des consommateurs ont été établis, allant du droit à la sécurité à celui d’un environnement sain, en passant par l’accès à l’information, à l’éducation et à la réparation des préjudices.
Soumahoro Ben N’Fali a insisté sur les dispositifs mis en place par l’État ivoirien pour protéger les consommateurs, notamment les brigades de contrôle rapide du ministère du Commerce. Il a cependant regretté que ces outils soient très peu utilisés par la population.
« L’État ne peut pas être présent dans chaque marché. Il revient aux consommateurs de signaler les abus », a-t-il martelé, appelant à une utilisation accrue des numéros d’alerte et des associations de consommateurs.
Il a également dénoncé une tendance à accuser systématiquement les autorités face à la cherté de la vie, rappelant que certains abus relèvent directement des commerçants ou de pratiques individuelles.
Le président du FICRE a illustré ses propos à travers des exemples concrets, notamment dans le domaine de l’électricité. Il a encouragé les consommateurs à surveiller leur consommation, à vérifier leurs installations et à s’assurer que leurs compteurs sont bien à leur nom. Selon lui, la méconnaissance et le manque de vigilance exposent les citoyens à des abus évitables. Il a également rappelé que la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) agit comme prestataire et applique les décisions tarifaires de l’État.
Tout en se déclarant globalement satisfait des actions du gouvernement, Soumahoro Ben N’Fali a reconnu que des efforts restent à faire dans plusieurs secteurs clés.
Dans le domaine de la santé, il a dénoncé l’absentéisme du personnel médical dans les hôpitaux publics et les dérives orientant les patients vers des cliniques privées. Dans l’éducation, il a critiqué la multiplication des fournitures imposées par certains enseignants, en contradiction avec les listes officielles, contribuant selon lui à alourdir les charges des familles.
Il a également pointé du doigt le non-respect de certaines décisions publiques, comme l’interdiction des sachets plastiques, encore largement ignorée sur le terrain.
Au-delà des critiques, le président du FICRE a plaidé pour une approche constructive basée sur le dialogue et le respect.
« Il ne s’agit pas de dénoncer dans la violence ou sur les réseaux sociaux, mais de formuler des propositions responsables », a-t-il souligné.
Il a enfin, exhorté les participants à relayer les informations reçues lors de cette journée auprès des populations, afin de renforcer la culture de la consommation responsable en Côte d’Ivoire.
Wassimagnon
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