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Cameroun : Vice-président, qui Biya va-t-il choisir comme successeur?
 

Cameroun : Vice-président, qui Biya va-t-il choisir comme successeur?

 
 
 
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© Koaci.com - lundi 06 avril 2026 - 05:47

Paul Biya


Après l'adoption de la réforme constitutionnelle, le Cameroun attend désormais que Paul Biya prononce un nom, celui qui, demain, pourrait hériter du pouvoir dans l'une des nations les plus peuplées d'Afrique centrale.


Le 4 avril 2026, au Palais de Verre Paul Biya à Yaoundé, le Parlement camerounais réuni en Congrès a adopté à une écrasante majorité -200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions, la révision constitutionnelle instaurant un poste de vice-président de la République. Une décision qui dépasse de loin un simple ajustement technique.


Tournant


Désormais, en cas de vacance du pouvoir, le Vice-président-désigné par le chef de l'État - remplacera le président de la République afin d'achever le mandat en cours. Jusqu'ici, cette responsabilité revenait au président du Sénat.


Le vice-président peut être nommé par le président de la République, qui peut aussi mettre fin à ses fonctions à tout moment. Ses attributions sont celles que le Président lui délègue de manière expresse.


La procédure de vacance est également précisée par un second texte examiné en parallèle par l'Assemblée nationale. Selon ce projet de loi modifiant les articles 38 et 39 de la loi de 2004 sur le Conseil constitutionnel, en cas de démission du Président, la lettre doit être adressée conjointement au Conseil constitutionnel et au vice-président. En cas d'incapacité permanente, c'est au vice-président de saisir le Conseil constitutionnel, qui doit statuer à la majorité des deux tiers de ses membres avant publication en urgence au Journal officiel, en français et en anglais.


Biya choisit son successeur, sans les urnes


Paul Biya a 93 ans. Il a prêté serment en novembre 2025 pour un huitième mandat de sept ans. En créant ce poste de vice-président nommé par ses soins, Paul Biya se donne la possibilité de choisir lui-même qui lui succédera, si la vacance venait à s'ouvrir. Ce successeur désigné n'aura pas à passer devant les urnes pour terminer le mandat en cours.


L'introduction d'un mécanisme de succession qui contourne les élections a renforcé les soupçons de ceux qui y voient une volonté d'entretenir une domination politique durable. La réforme marque aussi un virage institutionnel significatif : le Cameroun avait aboli la vice-présidence il y a plusieurs décennies.


Pour l'opposition, le constat est amer. Les membres de la Commission spéciale du Congrès n'ont disposé que de moins de deux heures pour examiner un texte engageant l'avenir institutionnel de 30 millions de citoyens. Aucun amendement proposé par l'opposition n'a été retenu. Le Social Democratic Front, par la voix de Joshua Osih, avait notamment plaidé pour que le président et son vice soient élus conjointement sur un ticket mixte francophone-anglophone, proposition balayée sans débat.


 

Les prétendants au fauteuil de vice-président


La question qui agite Yaoundé est désormais claire : qui Paul Biya va-t-il nommer ? Cinq profils dominent les spéculations.


Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, est présenté comme le favori des cercles du palais. Il bénéficie de délégations de pouvoir présidentiel et entretient une proximité avec Chantal Biya, la première dame. Ngoh Ngoh a méthodiquement placé ses hommes dans les cercles névralgiques du pouvoir. Mais sa position de favori est aussi sa principale faiblesse : son influence est perçue comme excessive par les caciques du RDPC, notamment les ministres Laurent Esso et René Emmanuel Sadi.


Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil de la présidence, est le rival direct de Ngoh Ngoh au sein de l'appareil présidentiel. Discret, mais influent, il représente une autre faction des technocrates du palais d'Étoudi.


Franck Biya, fils aîné du chef de l'État, nourrit les fantasmes d'une succession dynastique. Longtemps resté discret, il s'est progressivement imposé dans le paysage public camerounais. Homme d'affaires actif, sa visibilité politique a sensiblement augmenté ces dernières années, et son nom revient systématiquement dans les analyses. Un mouvement organisé, les « Franckistes », milite activement pour son positionnement. Ses détracteurs, cependant, soulignent son absence totale d'expérience politique.


Franck Hertz, fils de Chantal Biya issu d'une précédente union, est également évoqué dans certains cercles proches de la première dame, bien que son profil soit encore moins institutionnalisé que celui de Franck Biya.


Oswald Baboke, autre nom qui circule dans les coulisses, n'a pas encore émergé avec la même force dans les commentaires des analystes.


Question anglophone, ou l'équilibre régional


La succession présidentielle au Cameroun ne se joue pas seulement entre individus. Elle se joue entre régions. Depuis les années 1980, Biya applique une doctrine d'équilibre régional dans les nominations stratégiques.


 

Dans ce contexte, nommer un anglophone à la vice-présidence serait un signal politique fort. Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont en proie à une guerre civile depuis près d'une décennie. Les noms avancés incluent le Premier ministre actuel Joseph Dion Ngute, ou ses prédécesseurs Peter Mafany Musonge et Philémon Yang, ce dernier ayant présidé l'Assemblée générale des Nations Unies entre 2024 et 2025.


Mais cette hypothèse se heurte à une contradiction : Biya lui-même a effacé l'identité fédérale du pays en 1984 en rebaptisant la République unie du Cameroun. Redonner symboliquement le pouvoir à un anglophone serait une contradiction difficile à assumer.


Succession verrouillée


La révision constitutionnelle de 2026 répond à une question que personne n'osait poser officiellement : que se passe-t-il après Biya ? Elle y répond en donnant à Biya seul le droit de désigner son successeur, sans élection, sans débat.


Cette réforme est perçue par l'opposition comme un « coup d'État institutionnel ». Le texte a été entériné par le Parlement où le RDPC au pouvoir est très largement majoritaire.


Le futur titulaire apparaîtra comme le successeur désigné, sinon officiel, du chef de l'État. Son identité révélera les équilibres du pouvoir, les alliances consolidées ou en gestation, et la direction politique que le Cameroun s'apprête à emprunter.


Le Cameroun retient son souffle. Un seul homme tient le stylo. Et un seul acte la nomination changera tout.


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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