Côte d'Ivoire : Abidjan étouffe sous les ordures, le spectre d'une catastrophe sanitaire plane
Les déchets ménagers envahissent les communes, tandis que les populations s'inquiètent des risques de maladies en pleine saison des pluies. Abidjan traverse une nouvelle crise de salubrité. Depuis plusieurs semaines, des amas d'ordures ménagères s'accumulent dans de nombreux quartiers de la capitale économique ivoirienne, conséquence du ralentissement, voire de l'arrêt du ramassage des déchets par certaines entreprises en charge de cette mission.
Une situation qui suscite l'inquiétude des populations, particulièrement en cette période de fortes pluies où les risques sanitaires sont élevés.
D'Abobo à Adjamé, en passant par Marcory, Koumassi, Yopougon, Port-Bouet et plusieurs autres communes, le constat est alarmant. Les rues, carrefours et ronds-points sont progressivement envahis par des montagnes de déchets dégageant des odeurs nauséabondes. Dans certains secteurs, les ordures débordent des points de regroupement et s'étendent sur les chaussées, compliquant la circulation et détériorant davantage le cadre de vie des habitants.
Selon plusieurs sources relayées par des médias, les sociétés chargées de la collecte des déchets auraient réduit ou suspendu leurs activités en raison de difficultés liées à la reconduction de leurs contrats avec les autorités compétentes. Une situation qui n'est pas nouvelle.
En effet, lors des manifestations organisées à l'occasion de la célébration du 1er mai dernier, plusieurs centrales syndicales avaient déjà attiré l'attention des pouvoirs publics sur les conséquences de cette rupture contractuelle. Elles avaient notamment alerté sur les risques d'une interruption du service de collecte des ordures dans le District autonome d'Abidjan. À ce jour, aucune solution durable ne semble avoir été trouvée, laissant les déchets s'accumuler dans la quasi-totalité des communes concernées.
Cette dégradation de l'environnement urbain intervient à un moment particulièrement sensible. Avec l'installation de la saison des pluies, les eaux stagnantes favorisent la prolifération des moustiques, tandis que les déchets en décomposition constituent un terrain propice au développement de bactéries et de germes pathogènes.
Les populations redoutent notamment l'apparition ou la recrudescence de maladies hydriques telles que le choléra, la fièvre typhoïde ou encore les diarrhées aiguës. Les experts en santé publique rappellent régulièrement que l'insalubrité et la mauvaise gestion des déchets figurent parmi les principaux facteurs favorisant la propagation de ces maladies.
Au-delà des préoccupations sanitaires, de nombreux habitants dénoncent une situation qu'ils jugent injuste. En effet, les ménages continuent de s'acquitter de la taxe rémunératoire destinée à financer l'enlèvement des ordures ménagères, prélevée sur les factures d'électricité à hauteur de 265 FCFA.
Pour plusieurs citoyens, il est incompréhensible de continuer à payer pour un service qui n'est plus assuré de manière régulière. Cette situation alimente un sentiment de frustration et d'incompréhension face à ce qui apparaît comme une défaillance du système de gestion des déchets.
Face à l'ampleur du phénomène, les populations appellent les autorités compétentes à agir rapidement afin de rétablir le service de collecte des déchets et éviter une crise sanitaire majeure. De nombreux observateurs estiment qu'une solution durable doit être trouvée dans les plus brefs délais pour préserver la santé publique et restaurer l'image d'Abidjan, régulièrement présentée comme l'une des métropoles les plus dynamiques d'Afrique de l'Ouest.
Alors que les tas d'ordures continuent de grossir dans plusieurs quartiers, une question demeure sur toutes les lèvres : combien de temps encore les populations devront-elles vivre au milieu des déchets avant qu'une réponse efficace ne soit apportée à cette urgence environnementale et sanitaire ?
Wassimagnon
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