Côte d'Ivoire : Port-Bouët, Toviato, Vanou et Anleya rasés par les bulldozers, des centaines de familles sans abri
Après les opérations de déguerpissement menées récemment dans les sous-quartiers de Vridi 3, communément appelé « Zimbabwe », et de Vridi Canal, le District autonome d’Abidjan a poursuivi, ce mardi 9 juin, son vaste programme de libération des emprises jugées à risque dans la commune de Port-Bouët.
Cette fois, les sous-quartiers de Toviato, Vanou ainsi qu’une partie du quartier Alladjan, connue sous le nom d’Anleya, ont été entièrement détruits par les engins de démolition.
Situées le long du littoral de cette commune balnéaire, ces zones ne présentent désormais qu’un paysage de ruines et de gravats après le passage des bulldozers.
Sur place, les scènes de désolation étaient particulièrement poignantes. Si certains habitants ont pu anticiper l’arrivée des engins en démontant les toitures de leurs maisons et en évacuant leurs biens, d’autres n’en ont pas eu la possibilité et ont assisté, impuissants, à la destruction de leurs habitations et de leurs effets personnels.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur les lieux, les populations concernées avaient pourtant été invitées, depuis plusieurs années, à quitter ces zones en raison des dangers liés à l’érosion côtière et à l’avancée progressive de la mer. Malgré ces mises en garde répétées, de nombreux occupants étaient restés sur place, parfois faute de solutions de relogement ou en raison de leur attachement à ces quartiers.
L’opération menée ce mardi a plongé de nombreuses familles dans le désarroi. Entre pertes matérielles, incertitudes et absence de perspectives immédiates, les habitants touchés peinent à cacher leur détresse.
Par ailleurs, des informations recueillies auprès de sources locales indiquent que la partie du quartier Alladjan encore épargnée pourrait également faire l’objet d’une opération similaire dans un délai d’environ un an, dans le cadre de la poursuite des mesures de sécurisation du littoral.
À l’issue de cette journée marquée par la démolition de centaines d’habitations, de nombreux sinistrés se retrouvent sans abri. Pour plusieurs familles, la nuit s’annonce particulièrement difficile, aucune solution de relogement n’ayant encore été trouvée au moment de la publication de cet article.
Cette nouvelle vague de déguerpissements relance le débat sur la gestion des zones à risque, la protection des populations vulnérables et les mécanismes d’accompagnement social destinés aux personnes affectées par ces opérations d’aménagement et de sécurisation du territoire.
Wassimagnon
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