Côte d'Ivoire : J-Archives 2026, le ministère de la Communication pose les fondations de la mémoire institutionnelle de demain
Le ministère de la Communication a franchi une étape majeure dans sa politique de préservation du patrimoine documentaire avec le lancement officiel de la première édition de la Journée des Archives de la Communication (J-Archives 2026), ce jeudi 11 juin, à l’Institut des Sciences et Techniques de la Communication (ISTC-Polytechnique).
Placée sous le thème ministériel « Bâtir le patrimoine de demain : le rôle stratégique du ministère de la Communication dans la constitution de la mémoire institutionnelle de l’État », cette première édition s’inscrit dans le prolongement de la Semaine internationale des archives célébrée dans le monde autour du thème : « Archives pour la justice : droits, mémoire et avenirs ».
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement, Amadou Coulibaly, du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Général Vagondo Diomandé, parrain de l’événement, ainsi que de nombreuses personnalités administratives, diplomatiques et universitaires.
Dans son discours d’ouverture, le ministre Amadou Coulibaly a rappelé que les archives constituent un pilier essentiel de la gouvernance moderne, de la démocratie et de la transparence administrative.
« Il ne saurait y avoir de justice sans preuves, de droits sans traces, ni d’avenir sans une mémoire rigoureusement préservée », a-t-il déclaré devant les participants.
Pour le ministre, le patrimoine documentaire accumulé depuis les premières années de l’indépendance représente une richesse exceptionnelle qu’il convient de protéger et de valoriser.
« Ce patrimoine ne nous appartient pas en propre. Il appartient au peuple ivoirien tout entier. Il est le miroir dans lequel les générations futures viendront chercher leurs repères », a-t-il souligné.
Évoquant l’évolution du ministère, autrefois dénommé ministère de l’Information, il a expliqué que les transformations technologiques et sociétales n’ont jamais interrompu la production de documents historiques essentiels à la compréhension de l’évolution de l’État ivoirien.
Amadou Coulibaly a également mis en avant les réformes engagées depuis plusieurs années pour moderniser la gestion documentaire de son département.
L’une des mesures majeures a consisté à transformer l’ancien service des archives en une véritable Direction de la Documentation et des Archives, dotée d’une mission élargie couvrant la collecte, la conservation, la valorisation et la numérisation du patrimoine documentaire du ministère.
« Grâce à cette direction, nous avons décidé de ne plus subir notre passé, mais de le gérer », a affirmé le ministre.
Il a salué les efforts réalisés en matière d’inventaire, de traitement technique des fonds documentaires, d’expositions culturelles et de transition numérique.
Moment fort de cette première édition : la pose de la première pierre de la future médiathèque du ministère de la Communication, dans l’enceinte de l’ISTC-Polytechnique.
Présenté comme un projet structurant, cet équipement ambitionne de devenir un véritable centre d’excellence dédié à la mémoire institutionnelle de l’État.
Selon Amadou Coulibaly, cette médiathèque reposera sur quatre piliers fondamentaux : la convergence des supports documentaires, l’accessibilité numérique, le soutien à la recherche scientifique et le renforcement de la souveraineté numérique nationale.
« En posant cette première pierre, nous concrétisons le thème même de notre célébration : nous bâtissons aujourd’hui le patrimoine de demain », a-t-il déclaré.
Parrain de la cérémonie, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Général Vagondo Diomandé, a insisté sur le rôle fondamental des archives dans la consolidation de l’État de droit.
Selon lui, les archives garantissent la protection des droits des citoyens et contribuent à la transparence de l’action publique.
« Sans archives fiables, il n’y a pas de transparence ; sans transparence, il n’y a pas de justice durable », a-t-il affirmé.
Le ministre a rappelé les importantes réformes engagées par son département à travers la Direction des Archives nationales.
Parmi les actions entreprises figurent le renforcement des capacités de stockage, la réhabilitation des infrastructures archivistiques, l’assistance technique aux administrations publiques et le projet de construction d’un nouveau Centre national d’archivage à N’zéré, dans le district de Yamoussoukro.
« Nous ne pouvons pas piloter le développement d’un État moderne avec des outils du passé », a-t-il déclaré.
Le Général Vagondo Diomandé a également souligné le rôle central des professionnels des archives, qu’il considère comme les gardiens de la vérité administrative et historique.
Prenant la parole au nom de l’institution hôte, le directeur général de l’ISTC-Polytechnique, Jules Toa, a rappelé que les archives constituent bien plus qu’un simple ensemble de documents.
« Elles sont le bouclier des droits des citoyens, le socle de la justice sociale et la boussole de notre avenir », a-t-il affirmé.
Le responsable universitaire a salué les efforts du Président de la République, Alassane Ouattara, en faveur de la modernisation de l’administration et de la préservation de la mémoire nationale.
Il a également rendu hommage aux actions du gouvernement, du ministre de l’Intérieur et du ministre de la Communication pour leur engagement en faveur de la transformation numérique et de la sauvegarde du patrimoine documentaire ivoirien.
Selon lui, l’ISTC entend pleinement jouer son rôle dans la formation des futurs professionnels chargés de préserver la mémoire institutionnelle du pays.
De son côté, la directrice de la Documentation et des Archives du ministère de la Communication a souligné que les archives constituent un outil stratégique de gouvernance et de performance.
« Les archives ne sont pas de poussiéreux parchemins relégués dans des sous-sols oubliés. Elles sont la mémoire vivante de l’action publique », a-t-elle déclaré.
Elle a expliqué que la transformation numérique impose aujourd’hui de nouveaux défis liés à l’authenticité, à la conservation et à la sécurisation des documents électroniques.
Elle a salué la vision portée par le ministre Amadou Coulibaly, qui a fait de la modernisation documentaire l’un des axes importants du Plan national de communication 2026-2030.
« Toute institution qui perd sa mémoire s’expose à répéter les erreurs du passé et à fragiliser son efficacité », a-t-elle averti.
La responsable a également appelé à l’instauration durable de cette journée des archives comme un rendez-vous annuel de réflexion, de partage d’expériences et de promotion de la culture archivistique.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs activités, notamment une exposition intitulée « La Côte d’Ivoire en chantiers (1957-1987) ».
Les participants ont également été invités à prendre part aux différents panels scientifiques consacrés aux enjeux de la conservation documentaire, de la numérisation et de la valorisation des archives.
À travers cette première édition de J-Archives, le ministère de la Communication entend faire des archives un outil stratégique au service de la gouvernance, de la recherche, de la mémoire collective et du développement durable.
L’événement se poursuit jusqu’au 12 juin avec plusieurs activités scientifiques, pédagogiques et culturelles consacrées à la préservation du patrimoine documentaire ivoirien.
Wassimagnon
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