Côte d'Ivoire : Filières animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré engage la réforme de la gouvernance des interprofessions
Face aux enjeux croissants de compétitivité, de structuration et de gouvernance qui impactent les filières animales et halieutiques, le gouvernement ivoirien entend accélérer la professionnalisation des organisations interprofessionnelles. À cet effet, un atelier national de renforcement des capacités des responsables de ces structures s’est ouvert ce mercredi 17 juin 2026 au Palm Club Hôtel de Cocody, à Abidjan, sous la présidence du ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré.
Initiée par la Direction des Organisations Professionnelles et de l’Appui au Financement (DOPAF), avec l’appui du Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricole (FIRCA), cette rencontre vise à améliorer les mécanismes de gestion et de gouvernance des interprofessions afin de renforcer leur efficacité et leur crédibilité.
Dans son allocution de bienvenue, le président du comité d’organisation, Yves Toto, a souligné la pertinence de cette initiative dans un contexte où les filières doivent relever de nombreux défis économiques et organisationnels.
« Cette rencontre répond à une nécessité largement partagée : disposer d’organisations interprofessionnelles fortes, crédibles et bien gouvernées, capables de jouer pleinement leur rôle dans le développement de nos filières », a-t-il déclaré.
Il a également salué la forte mobilisation des responsables des organisations professionnelles, malgré le délai relativement court de convocation, signe de l’intérêt accordé à la question de la gouvernance sectorielle.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le ministre Sidi Tiémoko Touré a rappelé que la structuration des interprofessions constitue l’un des axes majeurs de son action à la tête du ministère des Ressources animales et halieutiques.
Selon lui, la multiplication des sollicitations individuelles adressées à l’administration a mis en évidence la nécessité de disposer d’organisations représentatives, capables de porter de manière concertée les préoccupations de l’ensemble des acteurs des filières.
« Nous avons fait le choix de la structuration des interprofessions afin d’avoir des interlocuteurs viables qui puissent assurer la représentation nationale des différents métiers du secteur des ressources animales et halieutiques », a expliqué le ministre.
Le ministre a toutefois mis en garde contre une tendance observée au sein de certaines organisations qui privilégient les questions de financement au détriment du renforcement de leurs fondations institutionnelles.
« On ne peut pas se mettre à taxer les opérateurs sans avoir structurellement établi les fondations de nos différentes organisations », a-t-il insisté.
Pour le ministre, la crédibilité des interprofessions repose avant tout sur une gouvernance exemplaire, fondée sur la transparence, la responsabilité et la redevabilité. Il a invité les dirigeants à renforcer ces principes dans la gestion quotidienne de leurs structures afin de garantir leur pérennité et leur efficacité.
Sidi Tiémoko Touré a également appelé au respect strict des textes réglementaires, des statuts et des règlements intérieurs qui encadrent le fonctionnement des interprofessions. Il a insisté sur la nécessité pour chaque organisation de respecter son champ de compétences afin d’éviter les conflits de responsabilités et les chevauchements d’attributions.
« Le respect des textes, des statuts et des règlements intérieurs demeure la meilleure garantie de stabilité et de performance de nos organisations », a-t-il affirmé.
Au-delà des enjeux institutionnels, le ministre a souligné l’importance stratégique des interprofessions dans le développement économique des filières animales et halieutiques. Des organisations solides et bien gouvernées constituent, selon lui, un levier essentiel pour améliorer la compétitivité du secteur, créer davantage d’emplois et accroître les revenus des producteurs, transformateurs et autres acteurs de la chaîne de valeur.
Convaincu que la concertation et la solidarité demeurent des facteurs déterminants de réussite, il a exhorté les différentes organisations à renforcer leur collaboration afin de défendre efficacement les intérêts du secteur et de contribuer à la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire.
À l’issue de son intervention, le ministre a officiellement lancé les travaux de cet atelier national, dont les recommandations sont attendues pour consolider durablement la gouvernance des filières animales et halieutiques et accompagner leur développement au service de l’économie nationale.
Wassimagnon
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