Ghana : Traite transatlantique des esclaves, Mahama trace le chemin des « Prochaines étapes » de la justice réparatrice
Des conférenciers à Accra (ph)
Le Président du Ghana, John Dramani Mahama, a appelé à une nouvelle phase d'engagement international en matière de justice réparatrice, exhortant la communauté internationale à dépasser la simple reconnaissance des injustices historiques pour s'engager concrètement dans des actions tangibles, la recherche de la vérité et la réconciliation.
S'exprimant le jeudi 18 juin 2026 à Accra lors de l'ouverture de la Conférence consultative de haut niveau « Prochaines étapes » sur la justice réparatrice à Accra au Ghana, le Président Mahama a souligné que la traite transatlantique des esclaves demeure l'un des crimes les plus graves contre l'humanité, dont les conséquences continuent de façonner les sociétés, les institutions et les inégalités à travers les générations.
La réunion de haut niveau sur les « Prochaines étapes » de la justice réparatrice est un sommet de trois jours qui se tient au Ghana sous la présidence de Mahama.
Cette réunion vise à consolider la reconnaissance, par la communauté internationale, de l'héritage durable et des conséquences mondiales de l'esclavage des africains et de leur réduction en esclavage racial.
Participants et résolution des Nations Unies
La conférence a réuni plusieurs dirigeants et de personnalités internationales, parmi lesquels les Présidents du Sénégal, de la Namibie, du Libéria et de Sao Tomé-et-Principe ; le Premier ministre de la Barbade ; le vice-président de la Guinée équatoriale ; le président du Parlement algérien ; des ministres et de hauts représentants de plus de 80 pays ; et l’ancien Président John Agyekum Kufuor.
Le Président français, Emmanuel Macron, qui n’a pu effectuer le déplacement sur le Ghana a mis en garde lors d'une allocution télévisée contre la réduction des réparations pour l'esclavage à une simple compensation financière.
Mahama a indiqué que le plaidoyer du Ghana en faveur des réparations a été reconnu internationalement suite à l'adoption d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies, dont le pays est un fervent défenseur. Cette résolution reconnait l'ampleur, la brutalité et les conséquences durables du trafic d'africains réduits en esclavage et de l'esclavage racialisé.
Trois comités internationaux installés
Le dirigeant ghanéen a réaffirmé l'engagement de son pays à faire progresser le programme mondial de réparations.
A cet effet, il a annoncé la mise en place trois comités internationaux qui constituent les piliers de la prochaine étape de la résolution historique A/RES/80/250 des Nations Unies, qui déclare la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage des africains comme le crime le plus grave contre l'humanité.
Il s'agit du Groupe consultatif mondial sur la justice réparatrice, du Groupe d'experts sur la restitution des biens culturels et du Groupe juridique mondial sur la justice réparatrice.
Le Groupe consultatif mondial sur la justice réparatrice réunit des chefs d'État et de gouvernement, d'éminents dirigeants et des personnalités publiques afin de fournir des orientations stratégiques. Mahama a insisté sur le fait que, même si la génération actuelle n'a pas commis les atrocités de la traite transatlantique des esclaves, elle porte une responsabilité collective pour faire face aux conséquences persistantes de cette histoire par la justice, le dialogue, le souvenir et le partenariat.
Pour une justice réparatrice effective, le Président ghanéen a laissé entrevoir que la prochaine étape du processus de réparation devra comporter des mesures concrètes, notamment la recherche, l'éducation, la commémoration, la restitution et le renforcement des partenariats entre l'Afrique, la diaspora africaine et la communauté internationale.
Il a estimé que la recherche d'une justice réparatrice n'a pas pour but d'imputer la responsabilité d'actes commis il y a des siècles à des personnes, mais de remédier aux conséquences durables des injustices historiques.
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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