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Côte d'Ivoire : Robert Beugré Mambé appelle à réconcilier l'Homme, la Nature et Dieu lors du lancement de l'Institut Laayel
 

Côte d'Ivoire : Robert Beugré Mambé appelle à réconcilier l'Homme, la Nature et Dieu lors du lancement de l'Institut Laayel

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 25 juin 2026 - 15:24

Le nouvel Institut Laayel des sciences religieuses a été officiellement lancé ce jeudi 25 juin 2026 à Abidjan. Réunissant universitaires, chercheurs, responsables religieux et autorités gouvernementales, son symposium inaugural a placé au cœur des débats la question de l’Anthropocène et le rôle des traditions spirituelles africaines face aux défis environnementaux contemporains.


Une nouvelle institution académique dédiée aux sciences religieuses vient d’émerger dans le paysage universitaire ivoirien. L’Institut Laayel des sciences religieuses a officiellement ouvert ses portes lors d’un symposium inaugural organisé au Centre de Recherche et d’Action pour la Paix (CERAP), à Cocody, sous le haut patronage du Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé.

Placée sous le thème « Anthropocène et problématique des sciences religieuses en Afrique », cette rencontre a réuni une importante communauté de chercheurs, d’universitaires, de leaders religieux et d’acteurs institutionnels autour d’une réflexion sur les liens entre l’Homme, la Nature et le Divin dans un contexte marqué par les bouleversements climatiques.


Créé à l’initiative de l’Académie ivoirienne de gestion des ressources humaines (AIGRH), l’Institut Laayel dont le nom signifie en langue locale « Le Sentier de Lumière des Grandes Étoiles » ambitionne de promouvoir l’enseignement, la recherche et le dialogue autour des sciences religieuses.


Cette création fait suite aux recommandations formulées lors du symposium organisé par l’Université Takas en 2025. Elle vise à combler un déficit institutionnel en intégrant les sciences religieuses au sein d’un espace académique jusqu’ici principalement consacré aux sciences de gestion et au management.

Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire général de l’AIGRH, le professeur Ehouma Koffi, a souligné la portée historique de cette initiative pour l’Afrique subsaharienne francophone.


« Le savoir n’est pas une destination figée, mais un cheminement constant, une quête de clarté et de rigueur », a-t-il déclaré, présentant l’Institut Laayel comme un véritable « chantier de lumière » destiné à éclairer les générations futures.


Fondateur de l’Institut Laayel, Essane Séraphin a salué l’engagement des autorités ivoiriennes en faveur du dialogue entre les disciplines et les traditions de pensée.

Selon lui, contrairement à certaines prédictions formulées au siècle dernier, la modernité n’a pas marginalisé les religions. Au contraire, les grandes traditions spirituelles demeurent des ressources essentielles pour restaurer les cohésions sociales, renforcer les solidarités et redonner du sens à l’action humaine dans un monde confronté à de multiples crises.


La conférence magistrale du professeur Hauhouot Asseypo, président honoraire de l’Université Félix Houphouët-Boigny et parrain académique de la cérémonie, a constitué l’un des temps forts de la rencontre.


L’universitaire a rappelé que l’Anthropocène cette époque caractérisée par l’impact déterminant des activités humaines sur les équilibres de la planète, impose une remise en question profonde des modèles de développement.


 

« Les réponses aux défis environnementaux ne peuvent être uniquement techniques ou économiques. Elles doivent également être culturelles, éthiques et spirituelles », a-t-il soutenu.


Pour illustrer son propos, il a mis en avant la richesse des traditions religieuses et culturelles africaines qui, depuis des siècles, développent une vision du monde fondée sur l’interdépendance entre les êtres humains, la nature et les forces spirituelles. Les forêts sacrées, les interdits protecteurs et les rituels liés à la terre constituent, selon lui, autant d’expressions d’une conception relationnelle du vivant.


Invité d’honneur de la cérémonie, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a livré une réflexion approfondie sur les enjeux écologiques contemporains. Il a rappelé le paradoxe auquel l’Afrique est confrontée : un continent faiblement contributeur aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais particulièrement exposé aux conséquences du dérèglement climatique.


« L’Afrique ne représente qu’une faible part des émissions mondiales de pollution, mais elle subit parmi les impacts les plus sévères du changement climatique », a-t-il souligné.


Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de concilier croissance économique, sécurité alimentaire et préservation des écosystèmes. Il a appelé à une mobilisation des savoirs scientifiques dans leur diversité, associant agronomes, pédologues, sociologues, ingénieurs et chercheurs en sciences humaines.


Au-delà de l’approche technique, Robert Beugré Mambé a défendu une vision plus globale du rapport entre l’homme et son environnement.


« La Terre était là avant nous. Elle sera encore là après nous. On ne joue pas avec la terre », a-t-il déclaré devant l’assistance.

Pour lui, la protection de l’environnement ne saurait être considérée comme un simple effet de mode. Elle relève d’une exigence fondamentale qui puise ses racines dans la relation intime entre l’Homme, la Nature et Dieu.


« Cette trilogie est une exigence de la permanence et de la beauté de nos actions », a-t-il affirmé, réitérant l’engagement du gouvernement ivoirien en faveur du développement durable et de la préservation de la biodiversité.


 

La cérémonie s’est achevée par la signature du livre d’or de l’Académie ivoirienne de gestion des ressources humaines par le Premier ministre, un geste symbolique marquant le soutien des plus hautes autorités de l’État à cette nouvelle institution.

À travers ses programmes de recherche, ses activités de formation et ses espaces de dialogue interdisciplinaire, l’Institut Laayel entend désormais contribuer à la valorisation des ressources intellectuelles, culturelles et spirituelles africaines pour éclairer les grands enjeux du XXIe siècle.


Une ambition résumée par le professeur Hauhouot Asseypo : l’Afrique, forte de ses traditions, de ses savoirs et de ses visions du monde, possède des ressources précieuses pour nourrir la réflexion universelle sur l’avenir de l’humanité et de la planète.




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