Côte d'Ivoire : Charles Blé Goudé monte au créneau et exige une réforme électorale crédible
Le président du Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, est monté au créneau ce vendredi à Abidjan pour dénoncer les déguerpissements survenus à Koumassi Campement et réaffirmer ses exigences en faveur d'une réforme profonde du système électoral ivoirien. Lors d'une conférence de presse tenue au siège de son parti à Cocody Angré Terminus 81, l'ancien ministre de la Jeunesse a appelé à davantage de justice sociale, de responsabilité administrative et de crédibilité institutionnelle.
Revenant sur les démyolitions intervenues le 3 juin 2026 à Koumassi Campement, Charles Blé Goudé a dénoncé les conséquences humaines de cette opération qui, selon lui, a laissé des centaines de familles sans logement en pleine saison des pluies et à quelques jours des examens scolaires.
« Derrière chaque maison détruite, il y a une histoire familiale. Derrière chaque mur écroulé, il y a des souvenirs, des projets et des espoirs », a-t-il déclaré, estimant que les victimes étaient en droit d'attendre de la République « protection, sécurité et justice ».
Le président du COJEP a salué les poursuites judiciaires engagées après les révélations du procureur de la République sur l'absence de fondement juridique des opérations de démolition. Toutefois, il considère que l'enquête doit aller plus loin afin d'établir l'ensemble des responsabilités.
« Qui a pris ces décisions ? Qui les a validées ? Qui les a exécutées ? Dans un État de droit, toute action publique doit pouvoir être expliquée, justifiée et contrôlée », a-t-il insisté.
Selon lui, l'identification de l'auteur matériel des faits ne saurait suffire si les éventuelles responsabilités administratives et sécuritaires ne sont pas également établies.
Au-delà de la manifestation de la vérité, Charles Blé Goudé estime que la priorité doit désormais être accordée à la réparation du préjudice subi par les populations.
Le COJEP plaide ainsi pour la mise en place d'un fonds d'urgence destiné au relogement et à l'indemnisation des propriétaires et locataires touchés par les démolitions.
Le parti annonce également avoir constitué une équipe d'avocats chargée d'assurer gratuitement la défense des victimes afin d'obtenir réparation devant les juridictions compétentes.
« Nous continuerons d'être aux côtés des populations déguerpies jusqu'à ce que justice leur soit rendue », a assuré le leader politique.
Pour Charles Blé Goudé, l'affaire de Koumassi Campement dépasse le simple cadre d'un litige foncier et pose la question de la protection des citoyens face à l'arbitraire.
Le second volet de la conférence de presse a été consacré à la réforme du système électoral, après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI).
Prenant acte de la proposition gouvernementale consistant à répartir les missions électorales entre trois organes distincts, Charles Blé Goudé estime que la multiplication des institutions ne garantit pas, à elle seule, la crédibilité des élections.
« Des institutions différentes peuvent produire les mêmes résultats si elles demeurent soumises aux mêmes logiques de dépendance ou d'influence », a-t-il déclaré.
Le président du COJEP estime que la future architecture électorale devra apporter des garanties concrètes sur plusieurs points : le mode de désignation des membres des nouveaux organes, leur indépendance vis-à-vis de l'exécutif et des partis politiques, ainsi que la transparence dans la centralisation et la vérification des résultats.
Pour lui, la réforme doit avant tout permettre de restaurer la confiance entre les acteurs politiques et les citoyens.
« Les règles du jeu électoral doivent être acceptées par tous afin que les résultats des élections soient respectés par tous », a-t-il affirmé.
Charles Blé Goudé a appelé le gouvernement à ouvrir une phase de concertation avec l'ensemble des partis politiques et des acteurs de la société civile afin d'enrichir le projet de réforme.
Selon lui, cette période, éloignée des échéances électorales, constitue une opportunité favorable pour bâtir un consensus durable sur les futures institutions électorales.
Il a également invité la classe politique à faire preuve de cohérence. « Nous ne pouvons réclamer une institution indépendante et chercher à l'influencer. Nous ne pouvons demander un arbitre neutre tout en voulant choisir nous-mêmes cet arbitre », a-t-il souligné.
Le président du COJEP réaffirme ainsi son engagement en faveur d'une gouvernance électorale reposant sur l'indépendance, la neutralité, la transparence et le dialogue.
En conclusion, Charles Blé Goudé a établi un parallèle entre les déguerpissements de Koumassi Campement et la réforme du système électoral. Selon lui, ces deux dossiers renvoient à une même exigence : celle de construire une République où chaque citoyen bénéficie d'une protection effective de ses droits et où les institutions inspirent confiance.
« C'est cette Côte d'Ivoire plus juste, plus démocratique et plus unie que j'appelle de tous mes vœux », a-t-il conclu.
Wassimagnon
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