Côte d'Ivoire : Réforme électorale, Affi N'guessan et ses alliés de la CAP-CI appellent à l'ouverture d'un dialogue politique véritablement inclusif
Affi N’Guessan, président de la CAP-CI jeudi à Abidjan (DR)
Sur à l’invitation du Premier Ministre, Robert Beugré Mambé, pour échanger sur la mise en place d’un nouvel organe chargé de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire, en remplacement de la défunte Commission Électorale Indépendante (CEI) , le président du Front Populaire Ivoirien (FPI) , Pascal Affi N’Guessan, et ses alliés de la Coalition pour une Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), appellent à l’ouverture d’un dialogue politique véritablement inclusif.
Lors d’une rencontre jeudi 25 juin 2026 avec la presse, le président de la CAP-CI, a livré à l’opinion nationale et internationale son analyse sur le contenu de cette séance d’information et la démarche du gouvernement, et sa position sur le futur organe chargé des élections en Côte d’Ivoire.
Selon cette coalition de l’opposition, la conférence de presse est motivée par le fait que cette séance d’information a été unilatérale, en simplex, à la limite, le gouvernement aurait pu nous éviter les contraintes du déplacement à la primature en utilisant les canaux de la radio nationale ou de la télévision pour passer son message.
Revenant sur le contenu du discours du chef du gouvernement, l’ancien premier ministre relève que, de la décision de dissoudre la CEI, l’explication qu’il en donne n’est pas dénuée de mauvaise foi : cette décision résulterait des constats évoqués plus haut, « de la normalisation définitive de la vie politique dans notre pays » et serait « en parfaite cohérence avec l’évolution positive de la situation politique de notre pays».
« Si le gouvernement avait la volonté d’entreprendre un diagnostic de l’organisation et du fonctionnement des différentes versions de la CEI sur la base de l’objectivité et de la sincérité, et si le Premier ministre était cohérent et de bonne foi, ils auraient reconnu que le malheur de la défunte CEI (paix à son âme) a deux noms : sa caporalisation et son instrumentalisation par le gouvernement et le RHDP », a déclaré Affi avant de poursuivre.
« Si la confiance résulte de la neutralité, de l’impartialité et de la probité de l’organe électoral, quid de la confiance dans les piliers n°1 et n°3 ? Si l’expertise et l’efficacité opérationnelles suffisaient à garantir la confiance, aucun problème de gouvernance ne se poserait en Côte d’Ivoire. Or, la corruption, les fraudes, le favoritisme auxquels nous assistons tous les jours sont le fait de cadres compétents et efficaces. Le problème de l’organisation matérielle des élections n’est donc pas une question de compétence mais de neutralité, d’impartialité et de probité pour fonder la confiance des acteurs politiques dans l’organe électoral. Nier cette vérité, serait vouloir répéter les erreurs du passé et semer les germes de futures contestations et crises électorales. »
La CAP-CI partage les vœux exprimés par le Premier ministre en conclusion de son message, à savoir que :
- « nous devons travailler à restaurer et à consolider l’élection en Côte d’Ivoire ;
- l’Ivoirien qui se rend au bureau de vote soit davantage sûr que sa voix compte ;
- le candidat qui perd, puisse mieux comprendre pourquoi il a perdu;
- le candidat qui gagne soit reconnu comme légitime ;
- que les Institutions soient respectées dans leurs missions au service de la République ;
- les élections ne soient plus des moments de peur, mais des moments de choix ».
C’est pourquoi la CAP-CI appelle à l’ouverture d’un dialogue politique véritablement inclusif associant toutes les forces politiques significatives, la société civile et toutes les parties prenantes afin de construire un consensus national autour du futur organe électoral.
« La paix durable, la stabilité politique et la cohésion nationale dépendent de la confiance que les citoyens accordent aux élections. Cette confiance ne naîtra ni de consultations sélectives, ni de décisions unilatérales, ni de discours d’autosatisfaction. Elle naîtra d’une volonté sincère de bâtir des Institutions équilibrées, impartiales, crédibles et acceptées par tous », a conclu Pascal Affi N’Guessan.
Donatien Kautcha, Abidjan
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