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Côte d'Ivoire : Avec l'EMASCI, Euphraise Yao et la Chaire UNESCO font de la masculinité positive un levier pour accélérer l'égalité femmes-hommes
 

Côte d'Ivoire : Avec l'EMASCI, Euphraise Yao et la Chaire UNESCO font de la masculinité positive un levier pour accélérer l'égalité femmes-hommes

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 30 juin 2026 - 20:25

La Côte d'Ivoire franchit une étape majeure dans sa politique de promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes. À l'occasion du lancement officiel de l'Enquête nationale sur les normes de masculinité en Côte d'Ivoire (EMASCI), les autorités ivoiriennes, en partenariat avec la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décision », le Centre de développement de l'OCDE et l'Agence nationale de la statistique (ANStat), ont présenté, mardi 30 juin 2026, à l'Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, un outil inédit destiné à mieux comprendre les représentations sociales de la masculinité afin d'impliquer pleinement les hommes dans la construction d'une société plus égalitaire.


Premier pays au monde à disposer de données quantitatives représentatives sur les normes de masculinité et à calculer l'Indice OCDE des masculinités à partir d'une enquête nationale, la Côte d'Ivoire entend désormais faire évoluer ses politiques publiques en s'appuyant sur des données scientifiques.


Pour la titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décision », Euphraise Yao Kouassi, cette étude constitue l'aboutissement de plus de vingt années de réflexion et d'engagement en faveur d'une approche renouvelée du genre.

Selon elle, l'expérience acquise sur le terrain a démontré une évidence : l'égalité entre les femmes et les hommes ne pourra être atteinte sans la participation active des hommes.


« Parler de l'égalité de genre sans associer les hommes, c'est peine perdue », a-t-elle affirmé, rappelant que cette conviction guide depuis plus de deux décennies les actions de la Chaire UNESCO à travers ses programmes de formation, le Label Genre et Compétitivité des entreprises ainsi que le Master en Genre, Économie et Gestion durable de l'eau.


Pour Euphraise Yao Kouassi, l'EMASCI traduit un changement profond de perspective. Il ne s'agit plus de considérer les hommes comme un obstacle à l'égalité, mais de comprendre les normes sociales qui façonnent les comportements des femmes et des hommes.


« Les hommes ne constituent pas le problème en eux-mêmes ; ce sont les systèmes de croyances, les normes sociales restrictives et les modèles de performance sociale qui influencent nos représentations et reproduisent certaines formes d'inégalités », a-t-elle expliqué.


Elle estime que les résultats de cette enquête permettront d'élaborer des politiques publiques plus efficaces, fondées sur des solutions concrètes et mesurables, tout en renforçant le développement du capital humain, quatrième pilier du Plan national de développement (PND) 2026-2030.


Pour la conseillère spéciale du Premier ministre chargée du Genre, promouvoir les compétences féminines et encourager une masculinité positive sont deux démarches indissociables. « Investir dans l'une sans transformer l'autre limiterait l'impact recherché », a-t-elle insisté, invitant les décideurs à « ne pas avoir peur de changer de paradigme ».


Représentant la ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfant, le directeur de cabinet, Moussa Diarrassouba, a qualifié cette enquête d'étape historique pour la Côte d'Ivoire.


Selon lui, le pays s'est longtemps attaché à renforcer la place des femmes dans la société, une démarche nécessaire mais incomplète.


« Les freins à l'égalité ne tiennent pas seulement à la place que l'on fait aux femmes. Ils tiennent aussi à ce que l'on attend des hommes, aux rôles qu'on leur assigne dès l'enfance et à l'idée qu'ils se font de ce que signifie être un homme », a-t-il souligné.


 

L'enquête révèle notamment un décalage important entre les convictions personnelles des hommes et les normes sociales qu'ils pensent devoir respecter.


« Beaucoup d'hommes croient à l'égalité davantage qu'ils n'osent le dire. Ce qu'ils pensent au fond d'eux-mêmes n'est pas toujours ce qu'ils croient que la société attend d'eux », a-t-il observé.


Parmi les principaux enseignements de l'étude figurent un indice des normes de masculinité évalué à 57 sur 100, ainsi que le fait que 97 % des personnes interrogées estiment encore qu'il revient à l'homme de subvenir aux besoins du foyer.


Selon Moussa Diarrassouba, ces résultats montrent que les attentes sociales traditionnelles limitent non seulement l'autonomie des femmes, mais imposent également une forte pression aux hommes.


L'étude met également en évidence une évolution encourageante des mentalités chez les jeunes de 15 à 24 ans, laissant entrevoir des transformations importantes pour les prochaines générations.


S'adressant directement aux hommes, il a lancé un appel fort : « L'égalité n'est pas une perte pour nous. Elle n'enlève rien à notre dignité ni à notre identité. Un homme qui partage, qui écoute et qui accompagne n'est pas un homme diminué ; c'est un homme plus libre. »


Fruit d'une collaboration entre la Chaire UNESCO, le Centre de développement de l'OCDE et l'ANStat, l'EMASCI constitue un outil scientifique inédit destiné à orienter les politiques publiques.


Les partenaires ont salué la qualité de cette coopération, qui a permis la réalisation de cette enquête nationale représentative, une première à l'échelle internationale.


À travers le rapport intitulé « Masculinité et Égalité femmes-hommes : Perspectives de la Côte d'Ivoire et du Sénégal », la Côte d'Ivoire et le Sénégal partagent désormais une même ambition : mieux comprendre les normes de masculinité afin d'accélérer les progrès vers une égalité réelle entre les femmes et les hommes.


Les responsables de l'OCDE ont exprimé l'espoir que cette expérience ivoirienne inspire d'autres pays.


 

« Aujourd'hui ne marque pas l'aboutissement de ce travail, mais le début d'une nouvelle étape », ont-ils souligné, estimant que ces données alimenteront le dialogue, renforceront les politiques publiques et contribueront durablement à l'égalité des chances.


Le lancement officiel de l'EMASCI confirme la volonté de la Côte d'Ivoire de demeurer un pays pionnier en matière de promotion de l'égalité de genre.


Les intervenants ont unanimement salué le leadership du président de la République, Alassane Ouattara, ainsi que l'engagement du gouvernement en faveur de politiques inclusives.


Au-delà des chiffres, cette enquête ouvre une nouvelle approche de l'égalité, fondée sur une meilleure compréhension des normes sociales qui influencent aussi bien les femmes que les hommes.


En faisant de la masculinité un objet d'analyse scientifique et un levier d'action publique, la Côte d'Ivoire affirme que l'égalité ne peut être atteinte que dans une dynamique collective où femmes et hommes deviennent, ensemble, les acteurs d'un même changement.



Wassimagnon




 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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