Cameroun : Nord-Ouest, un prêtre et deux religieux enlevés par des hommes armés
La crise anglophone a de nouveau frappé le clergé camerounais. Le père John Bosco Bihkong, nouvellement ordonné, et deux frères de la congrégation des Franciscains de l’Emmanuel ont été enlevés par des hommes armés dans la nuit du samedi 27 juin 2026 à Melim, localité située aux environs de Ndop, dans la région du Nord-Ouest.
Selon un communiqué du diocèse de Nkongsamba, rendu public par le vicaire général, les trois religieux venaient d’achever la célébration de la toute première messe du père John Bosco Bihkong dans son village natal. C’est au cours de la nuit, alors qu’ils se trouvaient encore à Melim, qu’ils ont été "amenés de force" par des assaillants présentés comme des présumés séparatistes.
Victimes identifiées
Les personnes kidnappées sont : le Père John Bosco Bihkong, prêtre en service dans le diocèse de Nkongsamba, région du Littoral. Frère Sylvester Sewong, Gardien du Couvent de Kékem. Et, frère Marie Rodrigue Sop.
Toujours selon le communiqué, tous trois appartiennent à la congrégation des frères Franciscains de l’Emmanuel.
Appel
Face à ce nouvel enlèvement, Mgr Dieudonné Espoir Atangana, évêque de Nkongsamba, a lancé un appel à "une mobilisation spirituelle immédiate de l’Eglise".
Dans son communiqué, il exhorte "l’ensemble des fidèles et toutes les personnes de bonne volonté à multiplier les prières pour la protection et la libération rapide des trois serviteurs de Dieu".
L’évêque demande également de "ne point rester indifférent" et d’unir les voix "dans une prière intense et continue".
Le Nord-Ouest, épicentre d’une crise qui dure depuis 2016
Cet enlèvement survient dans un Nord-Ouest ravagé par la crise anglophone depuis fin octobre 2016.
Le conflit, né de revendications corporatistes d’avocats et d’enseignants, s’est mué en lutte armée entre groupes séparatistes et forces de défense et de sécurité.
Près de 10 ans après le début des violences, le bilan humain reste lourd.
Selon l'ONU, le conflit a déjà fait plus de 6 000 morts civils et militaires.
Plus de 760 000 déplacés internes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).
Et, plus de 70 000 réfugiés camerounais enregistrés au Nigeria d’après le HCR.
Près de 600 000 enfants privés d’école depuis plusieurs années en raison des "villes mortes" et des attaques contre les établissements scolaires.
Le clergé paie également un lourd tribut depuis le début de la crise.
Prêtres, pasteurs et religieux sont régulièrement ciblés lors d’enlèvements contre rançon ou pour faire pression sur les autorités. En septembre 2022, cinq prêtres et une religieuse avaient déjà été kidnappés à Nchang, dans le Sud-Ouest, avant d’être libérés après plusieurs semaines de captivité.
Pour l’heure, aucune revendication ni demande de rançon n’a été rendue publique concernant le père Bihkong et les deux frères franciscains. Les autorités administratives et les forces de sécurité n’ont pas encore communiqué sur l’affaire.
Les fidèles du diocèse de Nkongsamba et de la région du Nord-Ouest restent suspendus à l’évolution de la situation, dans l’espoir d’un dénouement heureux.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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