Côte d'Ivoire : Daloa, l'AGRAC outille magistrats et officiers de police judiciaire pour mieux traquer les avoirs criminels
L'Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Criminels (AGRAC) poursuit le renforcement de l'arsenal national de lutte contre la criminalité économique et financière. Dans cette dynamique, l'Agence a organisé, du 6 au 9 juillet, deux sessions de formation au profit d'une quarantaine de magistrats et d'officiers de police judiciaire (OPJ) du ressort de la Cour d'appel de Daloa.
Cette initiative s'inscrit dans la stratégie de renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale, afin de rendre plus efficaces les enquêtes financières et les procédures de saisie, de gestion et de confiscation des avoirs criminels.
Les magistrats ont bénéficié de cette formation les 6 et 7 juillet, avant de céder la place aux officiers de police judiciaire les 8 et 9 juillet. Durant ces quatre jours, les participants ont approfondi leurs connaissances sur les techniques d'enquête financière, l'exploitation du renseignement financier, l'identification et la localisation des avoirs criminels, ainsi que les mécanismes juridiques encadrant leur saisie, leur gestion et leur confiscation.
L'objectif affiché par l'AGRAC est de doter les magistrats et les enquêteurs d'outils juridiques et opérationnels leur permettant de conduire des investigations patrimoniales plus performantes et, surtout, de priver les auteurs d'infractions des bénéfices tirés de leurs activités illicites.
Présidant la cérémonie d'ouverture au nom du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, le procureur général près la Cour d'appel de Daloa, Aboubakary Coulibaly, a salué cette initiative, qu'il considère comme un levier essentiel dans la lutte contre la criminalité économique et financière.
Il a rappelé l'engagement de la Côte d'Ivoire à renforcer son dispositif de lutte contre ce phénomène et a exhorté les magistrats ainsi que les officiers de police judiciaire à assumer pleinement leurs responsabilités dans l'application rigoureuse des textes en vigueur.
Représentant le directeur général de l'AGRAC, le directeur général adjoint, Ouattara Bourahiman, est revenu sur les importantes réformes engagées par la Côte d'Ivoire afin d'aligner son cadre juridique sur les standards internationaux en matière de saisie, de gestion et de confiscation des avoirs criminels.
Il a souligné que les organisations criminelles recourent désormais à des méthodes de plus en plus sophistiquées pour dissimuler, transférer ou réinvestir les produits de leurs activités illicites, rendant indispensable une évolution des méthodes d'investigation.
Selon lui, la réponse judiciaire ne peut plus se limiter à la seule poursuite de l'infraction principale. La recherche, la saisie, la gestion et la confiscation des avoirs criminels constituent aujourd'hui des instruments majeurs pour affaiblir durablement les réseaux criminels et réduire leur capacité de nuisance.
Dans cette optique, l'AGRAC entend promouvoir une véritable culture de l'enquête financière et patrimoniale auprès des magistrats et des officiers de police judiciaire, afin de renforcer l'efficacité du dispositif national de lutte contre la criminalité économique.
Les sessions de formation ont été animées par deux experts de l'Agence : Romain Ouattara, directeur des Affaires juridiques, et Goua Koffi, directeur des Opérations. Les deux spécialistes ont partagé leur expertise et leur expérience pratique avec les participants, à travers des échanges axés sur les défis rencontrés dans les enquêtes patrimoniales et les bonnes pratiques en matière de recouvrement des avoirs criminels.
À travers cette initiative, l'AGRAC réaffirme sa volonté de consolider la coopération avec les juridictions et les services d'enquête afin d'améliorer l'efficacité des investigations patrimoniales et des procédures de saisie et de confiscation.
L'ambition affichée est claire : faire en sorte que le crime économique et financier ne soit plus une activité rentable en Côte d'Ivoire, en privant systématiquement les auteurs d'infractions des profits générés par leurs activités illicites.
Wassimagnon
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