Côte d'Ivoire : Le non écoulement des fèves de cacao interroge sur l'utilisation des fonds dédiés au programme de rachat des stocks invendus
Malgré les assurances du Conseil Café-Cacao, des coopératives affirment n'avoir jamais à ce jour pu écouler leurs fèves, pour la campagne 2025-2026 qui prend fin dans deux mois.
Alors que, six mois après l'effondrement des cours mondiaux du cacao, un programme de rachat des stocks invendus, financé à hauteur de 291 milliards de FCFA a été mis en place par le fonds de stabilisation et est officiellement achevé.
Selon le Gouvernement, ce fonds avait pour objectif de racheter les stocks invendus. C’est dans ce cadre que, le Conseil du Café-Cacao a réalisé un inventaire du 15 au 18 janvier 2026 recensant 123 000 tonnes de fèves détenues par près de 1 400 coopératives.
Il faut préciser que, le programme n'avait pas vocation à racheter l'ensemble du cacao resté invendu, mais uniquement les stocks identifiés lors de cet inventaire.
Entre-temps, environ 21 000 tonnes ont été acquises par les exportateurs, ramenant le volume effectivement concerné par l'opération à près de 102 000 tonnes.
Après plusieurs discussions entre les organisations de la filière, l'Organisation interprofessionnelle agricole du secteur café-cacao (OIA Café-Cacao) est désignée pour conduire le programme.
Elle obtient l'exclusivité de la désignation des coopératives autorisées à livrer leurs stocks dans les usines d'Abidjan et de San Pedro. Le Conseil du Café-Cacao est chargé du contrôle qualité, de l'usinage, de l'exportation et du paiement des coopératives, exclusivement par l'intermédiaire de l'OIA.
L'OIA assure aujourd'hui que le programme de rachat est totalement achevé. Pourtant, plusieurs coopératives soutiennent qu'elles avaient bien été recensées lors de l'inventaire de janvier, sans jamais avoir été autorisées à vendre leurs stocks.
Deux hypothèses se présentent. Soit ces coopératives ne figuraient effectivement pas dans l'inventaire officiel, auquel cas des preuves documentaires devraient être produites pour lever toute ambiguïté.
Soit, elles figuraient bien sur la liste, auquel cas il convient d'expliquer les raisons de leur exclusion du programme.
Au regard des sommes mobilisées, un exercice de redevabilité apparaît aujourd'hui indispensable, d’où la nécessité du gouvernement de diligenter un audit portant à la fois sur la gestion de cette liste et sur l'utilisation des 291 milliards de FCFA du fonds de stabilisation.
Il ne s'agirait pas de mettre en cause les acteurs impliqués, mais de renforcer les principes de transparence, de bonne gouvernance et de reddition des comptes dans la gestion des ressources publiques.
Affaire à suivre…
Donatien Kautcha, Abidjan
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