Côte d'Ivoire : Après la hausse du carburant, les transporteurs envisagent une révision des tarifs
Transport
L'augmentation des prix des produits pétroliers décidée par les autorités pourrait avoir des répercussions sur le coût du transport en Côte d'Ivoire. Dans les milieux du transport terrestre, l'hypothèse d'une révision des tarifs prend de l'ampleur, alimentée par les difficultés croissantes auxquelles font face les opérateurs du secteur.
Selon des informations recueillies auprès d'une source proche de l'Association Patronale des Entreprises de Transport Terrestre de Côte d'Ivoire (APETT-CI), le patronat du transport réfléchirait à une demande d'ajustement des tarifs afin de compenser l'alourdissement des coûts d'exploitation. Si aucune décision officielle n'a encore été annoncée, plusieurs acteurs estiment que la récente hausse du prix du carburant relance inévitablement le débat sur l'équilibre économique des entreprises de transport.
Depuis le 1er août 2026, le litre de super sans plomb est vendu à 905 FCFA contre 875 FCFA auparavant, soit une hausse de 30 FCFA. Le gasoil, principal carburant utilisé par une grande partie des véhicules de transport de voyageurs et de marchandises, est passé de 700 à 725 FCFA le litre, enregistrant une augmentation de 25 FCFA. Le pétrole lampant suit la même tendance, avec un prix désormais fixé à 780 FCFA contre 745 FCFA précédemment.
Pour les professionnels du secteur, cette nouvelle évolution des prix intervient dans un contexte déjà marqué par une forte progression des charges de fonctionnement. À la facture du carburant s'ajoutent notamment les dépenses liées aux salaires, à la revalorisation du SMIG, à l'entretien du matériel roulant ainsi qu'aux différentes obligations fiscales et sociales. Autant de facteurs qui réduisent les marges des entreprises et alimentent les discussions sur la nécessité d'un réajustement des tarifs.
Cette question n'est pas nouvelle. Lors de la précédente augmentation du carburant, qui avait porté les prix à la hausse de 75 FCFA, les transporteurs avaient exprimé leur mécontentement. Après des échanges avec le gouvernement, ils avaient toutefois accepté de surseoir à toute augmentation des coûts du transport, privilégiant le dialogue avec les pouvoirs publics.
Aujourd'hui, avec une nouvelle hausse qui touche particulièrement le gasoil, les réflexions semblent reprendre. D'après la même source, plusieurs responsables du secteur estiment qu'une adaptation des tarifs pourrait devenir inévitable pour préserver l'équilibre financier des entreprises et garantir la continuité de leurs activités.
Pour l'heure, l'APETT-CI ne s'est pas officiellement prononcée sur cette éventualité. Sa position est donc attendue avec intérêt, aussi bien par les professionnels que par les usagers, qui redoutent une nouvelle augmentation de leurs dépenses quotidiennes.
Une éventuelle révision des tarifs du transport aurait en effet des conséquences directes sur le budget des ménages. Dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie, les travailleurs, les élèves, les étudiants et les commerçants figureraient parmi les premiers concernés. Face à cette situation, plusieurs observateurs plaident pour la poursuite des échanges entre les transporteurs et les autorités, afin de concilier les impératifs économiques des entreprises avec la préservation du pouvoir d'achat des populations.
Jean Chresus, Abidjan
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