Côte d'Ivoire : Le Député Yvan Zadi sur la structure électorale : « Je suis convaincu que cette réforme peut contribuer à prévenir les contestations préélectorales »
L’Honorable Yvan Zadi (Ph KOACI)
Dans un entretien accordé à KOACI, le Député de la Nation, élu dans la circonscription de Guéyo et Dabouyo et Coordonnateur adjoint du RHDP de la région de la Nawa, l'Honorable Chris Yvan Zadi, a évoqué plusieurs sujets, notamment la question de l’implantation du parti, et la nouvelle structure électorale en gestation etc…
Ci-dessous l’intégralité de l’interview…
KOACI.COM : Vous êtes un cadre du RHDP, député de la Nation depuis les élections législatives de décembre 2025, élu dans la circonscription de Guéyo et Dabouyo, considérée comme un bastion historique du PDCI-RDA. Qu'est-ce qui explique cette percée du parti au pouvoir dans votre circonscription électorale ?
Chris Yvan Zadi : Je suis effectivement député de la circonscription de Guéyo, commune et sous-préfecture, ainsi que de Dabouyo. Notre victoire est le résultat d'un travail de terrain mené sur plusieurs années.
Guéyo a longtemps été considéré comme un bastion du PDCI-RDA. Si les populations nous ont accordé leur confiance, c'est d'abord parce que nous avons privilégié une politique de proximité. Nous avons été présents sur le terrain, à l'écoute des préoccupations des habitants de tous les villages et campements, sans distinction.
Ensuite, les populations ont pu apprécier les résultats concrets de la politique de développement conduite par le Président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara. Dans notre département, plusieurs localités ont bénéficié de l'électrification, de la construction d'établissements scolaires, de centres de santé et d'autres infrastructures qui améliorent le quotidien des populations.
Enfin, je voudrais saluer le leadership du ministre Alain-Richard Donwahi, Coordonnateur principal du RHDP dans la région de la Nawa. Son engagement et sa capacité à fédérer les énergies ont largement contribué à renforcer l'implantation du parti et à mobiliser les populations autour d'un projet de développement.
Aujourd'hui, il est plus aisé de défendre les idéaux du RHDP parce que nous pouvons nous appuyer sur un bilan tangible. Les populations jugent désormais les responsables politiques à l'aune des réalisations. Elles ont choisi de privilégier le développement concret plutôt que les considérations purement émotionnelles ou partisanes.
KOACI.COM : Globalement, quelle est la situation de l'implantation du RHDP dans votre région et quelles actions sont entreprises pour la renforcer en perspective des échéances électorales de 2028 et 2030 ?
C.Y.Z : Le RHDP est aujourd'hui solidement implanté dans le département de Guéyo et, plus largement, dans la région de la Nawa. Notre organisation repose sur un réseau de comités de base présents dans la quasi-totalité des villages, ce qui nous permet de maintenir un contact permanent avec les militants et les populations.
Dans la perspective des élections de 2028 et de 2030, nous poursuivons le renforcement de notre organisation. Nous nous sommes dotés d'un siège fonctionnel afin de mieux coordonner nos activités et d'offrir un cadre d'accueil aux militants.
Par ailleurs, en collaboration avec notre Coordonnateur principal, le ministre Alain-Richard Donwahi, nous préparons une vaste opération d'enrôlement des militants à travers la plateforme e-Militant. Cette tournée couvrira l'ensemble du département, notamment la commune et la sous-préfecture de Guéyo ainsi que la sous-préfecture de Dabouyo. L'objectif est de recenser nos militants, de consolider notre base et de renforcer notre présence dans toutes les localités.
Cette dynamique politique s'accompagne également d'importants projets de développement inscrits dans le Plan national de développement 2026-2030. Plusieurs axes routiers stratégiques reliant Guéyo à Gagnoa, Soubré, Lakota et Sassandra sont appelés à être aménagés ou bitumés, certains travaux ayant déjà débuté. Ces infrastructures contribueront à désenclaver durablement le département et à faire de Guéyo un pôle économique important de la région.
À cela s'ajoute la réalisation d'infrastructures d'accès à l'eau potable, notamment la construction d'un château d'eau dont les travaux sont en phase de finalisation.
Notre conviction est que le développement constitue le meilleur facteur de rassemblement. Nous invitons les populations à poursuivre cette dynamique en privilégiant les projets qui améliorent concrètement leurs conditions de vie.
KOACI.COM : En parlant d'élections, quelle lecture politique faites-vous de la réforme de la gouvernance électorale portée par le Gouvernement ivoirien ?
C.Y.Z : À mes yeux, cette réforme constitue une initiative salutaire. La Commission électorale indépendante est née dans un contexte particulier de sortie de crise. Depuis sa création, elle a régulièrement fait l'objet de critiques et de contestations de la part de plusieurs acteurs politiques, notamment de l'opposition. Il était donc légitime d'engager une réflexion sur l'amélioration de notre dispositif électoral.
Le Gouvernement a fait le choix d'associer les différentes sensibilités politiques à cette réflexion afin de parvenir à un cadre plus consensuel. Cette démarche de dialogue mérite d'être saluée, car elle traduit une volonté d'améliorer le fonctionnement de notre système électoral.
La nouvelle architecture envisagée, fondée sur une distinction plus claire entre l'organisation matérielle des élections, le traitement des suffrages et les mécanismes de supervision, répond à un objectif essentiel : renforcer la transparence et consolider la confiance des acteurs politiques.
Je suis convaincu que cette réforme peut contribuer à prévenir les contestations préélectorales et postélectorales, à réduire les tensions politiques et à préserver la paix. Notre pays a connu des crises douloureuses. Toutes les initiatives qui permettent d'organiser des élections apaisées et d'éviter des pertes en vies humaines doivent être encouragées.
KOACI.COM : L'opposition formule des réserves sur le nouveau modèle de gestion des élections proposé par le Gouvernement. Faut-il craindre que ce nouvel instrument souffre encore d'un déficit de crédibilité, comme cela a souvent été reproché à la CEI ?
C.Y.Z : Dans tout processus de réforme, il est naturel que des observations et des réserves soient formulées. Nous sommes encore dans une phase de construction, et il est préférable que les préoccupations des différents acteurs soient exprimées dès maintenant plutôt qu'une fois le dispositif définitivement mis en place.
Le dialogue permet justement d'identifier les points de divergence, de rechercher des solutions et d'améliorer le texte avant son application. Cette démarche est plus constructive que de laisser s'installer des incompréhensions qui pourraient alimenter de nouvelles contestations.
Je considère que les réserves exprimées par certains partis doivent être examinées avec sérieux. Si elles sont formulées dans un esprit de contribution au renforcement de notre démocratie, elles peuvent enrichir la réforme et favoriser une plus grande adhésion de l'ensemble des acteurs politiques.
L'objectif doit rester le même pour tous : mettre en place un mécanisme électoral crédible, transparent et accepté par tous les compétiteurs. Je demeure convaincu que le dialogue permettra d'aboutir à un consensus et de renforcer la confiance des Ivoiriens dans leurs institutions électorales.
KOACI.COM : L'atmosphère politique est quelque peu crispée par certaines situations, notamment l'emprisonnement de militants de l'opposition, l'exil des présidents Tidjane Thiam et Guillaume Soro, ainsi que la non-inscription de certaines personnalités sur la liste électorale. Ne pensez-vous pas qu'il est nécessaire de régler définitivement ces questions afin d'apaiser le climat politique ?
C.Y.Z : Il est vrai que le climat politique demeure marqué par un certain nombre de préoccupations. Les situations liées à l'exil de certaines personnalités politiques, aux procédures judiciaires en cours ou encore aux questions électorales alimentent naturellement le débat public.
Ce sont toutefois des dossiers sensibles qui relèvent, pour certains, de la justice et des institutions de la République. Il convient donc de respecter le fonctionnement normal de l'État de droit. Le pouvoir judiciaire exerce ses responsabilités en toute indépendance, tandis que les autres institutions accomplissent également les missions qui leur sont confiées.
S'agissant de certaines personnalités évoquées, notamment le président Tidjane Thiam, il appartient aux autorités compétentes d'apprécier leur situation au regard des dispositions légales en vigueur. Il ne nous revient pas de nous substituer à la justice.
Cela étant, je crois que tous les Ivoiriens aspirent à un climat politique plus apaisé. À l'occasion des grands rendez-vous nationaux, notamment la célébration de l'indépendance, beaucoup espèrent des initiatives susceptibles de renforcer la décrispation politique et de consolider la réconciliation nationale.
Notre responsabilité collective est de préserver la paix. Les divergences politiques ne doivent jamais remettre en cause la cohésion nationale. Nous sommes un seul peuple et nous devons continuer à construire ensemble une Côte d'Ivoire stable, unie et résolument tournée vers le développement.
KOACI.COM : Après votre élection, à quoi les populations de Guéyo et de Dabouyo doivent-elles s'attendre de votre part ? Quel bilan pouvez-vous dresser de vos premières actions ?
C.Y.Z : Dès le début de ma campagne, j'ai tenu à rappeler qu'un député ne dispose pas d'un budget propre de développement. En revanche, il a le devoir d'être à l'écoute des populations, de porter leurs préoccupations auprès des autorités compétentes et de défendre les intérêts de sa circonscription.
Depuis mon élection, je me suis attaché à respecter les engagements pris devant les électeurs. J'ai effectué une tournée de remerciements dans l'ensemble des localités de la circonscription afin de témoigner ma reconnaissance aux populations pour la confiance qu'elles m'ont accordée.
J'ai également organisé des séances de restitution parlementaire dans la commune de Guéyo, dans les sous-préfectures de Guéyo et de Dabouyo, afin d'informer les populations sur le travail accompli à l'Assemblée nationale et de maintenir un dialogue permanent avec elles.
Parallèlement, plusieurs démarches ont été entreprises auprès de partenaires institutionnels pour obtenir des investissements en faveur de notre département. Des sollicitations ont notamment été adressées à la Fondation LONACI, à la Fondation PETROCI ainsi qu'au Cabinet de la Première Dame.
Ces démarches ont déjà permis d'obtenir des résultats encourageants. Le Cabinet de la Première Dame a donné son accord pour la construction d'une école primaire de trois classes, comprenant une cantine scolaire et un logement pour les enseignants, dans le village d'Akroui-Yao-Kro, situé dans la sous-préfecture de Guéyo.
Nous avons également entrepris des démarches auprès de la Direction générale de l'Énergie afin d'améliorer l'éclairage public dans plusieurs localités. Une mission technique s'est rendue sur le terrain pour procéder au remplacement des équipements défectueux et renforcer le réseau existant.
Dans le même esprit, une grande cérémonie de remerciement a été organisée avec les populations afin de célébrer cette victoire électorale et de réaffirmer notre engagement en faveur du développement du département.
Guéyo a longtemps souffert de son enclavement. Aujourd'hui, les projets engagés permettent d'entrevoir une nouvelle dynamique de développement. Ma vision est de poursuivre une politique de proximité, fondée sur l'écoute, le dialogue et l'action, afin de faire remonter les préoccupations des populations auprès des autorités compétentes et d'obtenir des réponses concrètes à leurs attentes. C'est ainsi que je conçois le mandat que les électeurs m'ont confié.
Interview réalisée par Donatien Kautcha, Abidjan
Donatien Kautcha, Abidjan
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