Côte d'Ivoire : Orpaillage illégal, le PDCI dénonce la complicité de certains responsables coutumiers, élus et cadres
Soumaïla Bredoumy face à la presse mardi (DR)
Le PDCI-RDA s’est prononcé le mardi 04 août 2026 sur le phénomène de l’orpaillage illégal. Selon son porte-parole, Bredoumy Soumaïla, cette pratique bénéficie de la complicité des autorités coutumières, politiques et administratives.
« La pratique cupide de cette activité bénéficie de la complicité de certains responsables coutumiers, de certains élus et cadres », a déclaré M. Bredoumy lors d’une sortie médiatique à Abidjan, pointant du doigt l’administration locale et centrale qu’il estime « non exempte de toute culpabilité ».
« Tous nos fleuves, toutes nos rivières, tous les marigots sont atteints », a-t-il ajouté, déplorant que les eaux, devenues « lourdes, voire stagnantes, avec des couleurs jaunâtres à brune », soient désormais impropres à la consommation.
Le porte-parole du PDCI-RDA a rappelé que son parti avait alerté le gouvernement sur ce danger, mais que ses mises en garde avaient été qualifiées de « xénophobes et d’ivoiritaires ».
Aujourd’hui, a-t-il souligné, les mêmes responsables reconnaissent que la typologie des pratiquants de cette activité illégale est dominée à « 95% » par des personnes venues d’autres horizons.
Au-delà des dégâts environnementaux, M. Bredoumy a énuméré les conséquences sociales et économiques de ce fléau. « Cette pratique alimente le banditisme, les viols, la consommation de la drogue, le blanchiment d’argent et l’insécurité », a-t-il déclaré.
Le Conseil National de Sécurité (CNS) de juillet 2026 a évoqué le phénomène de l’orpaillage illégal. Ainsi, sur la période allant de 2021 au premier semestre 2026, il a été enregistré le bilan non-exhaustif suivant :
– Le déguerpissement de plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal ;
– Le défèrement de 4 474 individus dont 65% d’étrangers ;
– La saisie de plus de 960 millions de francs CFA et d’environ 136 kilogrammes d’or ;
– La confiscation et la destruction de divers engins et matériels.
En dépit des efforts importants déployés dans le cadre de la lutte contre l’orpaillage illégal, le Conseil National de Sécurité déplore la persistance, voire l’extension de ce fléau sur toute l’étendue du territoire national.
Cette situation demeure fortement préoccupante du fait de ses conséquences sur l’environnement, la sécurité nationale et l’économie.
À cet égard, le Chef de l’État a instruit le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, à l’effet de prendre toutes les dispositions nécessaires pour renforcer la réponse étatique à ce fléau dans notre pays.
Cette réponse comprend notamment :
– La responsabilisation des autorités administratives, traditionnelles et coutumières locales, de même que des Forces de Défense et de Sécurité dans la lutte contre l’orpaillage illégal, à travers notamment les Comités Départementaux de Sécurité (CDS) et les Cellules Civilo-Militaires (CCM) placés sous l’autorité des Préfets ;
– Le renforcement de la collaboration avec les représentations diplomatiques des pays d’origine des orpailleurs illégaux étrangers, en vue d’intensifier leur implication dans la sensibilisation de leurs res-sortissants et le rapatriement de ceux impliqués dans cette activité ;
– L’application stricte de l’arsenal juridique répressif de la lutte contre l’orpaillage illégal, sur toute l’étendue du territoire, à l’encontre de toute personne physique ou morale impliquée dans cette activi-té illicite.
À cet égard, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a été instruit à l’effet de préparer, dans les meilleurs délais, une communication en Conseil des Ministres ;
– Le renforcement des capacités opérationnelles du GS-LOI et des unités des Forces de Défense et de Sécurité intervenant en coordination avec le Groupement.
Donatien Kautcha, Abidjan
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
