Côte d'Ivoire : CHU de Treichville, après la fronde, les agents contractuels obtiennent un accord avec la direction sur les arriérés du SMIG 2023
La tension est montée d’un cran mardi 4 août 2026 au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville, où des agents contractuels ont manifesté pour réclamer le paiement des reliquats liés à la revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) au titre de l’année 2023. Après plusieurs heures de mobilisation, la direction générale de l’établissement a apporté des précisions sur la situation et annoncé un consensus avec les représentants syndicaux.
Le climat était tendu, mardi 4 août 2026, aux abords de la direction générale du CHU de Treichville. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs dizaines d’agents contractuels ont investi les lieux pour réclamer le règlement des arriérés issus de la revalorisation du SMIG décidée par l’État ivoirien.
Vêtus de tee-shirts et arborant des bandes rouges, les manifestants, réunis sous la bannière du Syndicat national des agents déflatés de la santé (SYNADES), ont également demandé le départ du directeur général du CHU de Treichville, Dr Kouadio Guillaume.
Au cœur de leur revendication : le paiement du reliquat de l’année 2023, consécutif au passage du SMIG de 60 000 à 75 000 FCFA à compter du 1er janvier 2023.
Pour les responsables syndicaux, cette mobilisation traduit une exaspération après plusieurs mois d’attente et de démarches jugées infructueuses.
Le secrétaire général du SYNADES, N’Guessan N’Goran Jean-Yves, aide-soignant au service de neurologie et contractuel depuis 19 ans au CHU de Treichville, estime que les agents sont contraints de se mobiliser régulièrement pour faire valoir leurs droits.
« Depuis 2008, il n’y a jamais eu quelque chose de concret concernant les contractuels. Pour percevoir nos droits, nous sommes toujours obligés de nous battre », a-t-il déclaré.
Selon lui, les agents réclament uniquement l’application des mesures de revalorisation salariale décidées par les autorités.
« Nous venons travailler dès 4 heures du matin. Certains parmi nous ont même été agressés sur le chemin du service. Nous faisons le même travail que les fonctionnaires, parfois davantage, mais lorsqu’il s’agit de nos droits, nous ne sommes plus considérés », a-t-il regretté.
Le responsable syndical a appelé le ministère de la Santé, le Premier ministre et le Président de la République à trouver une solution durable, notamment à travers l’intégration des agents contractuels dans la Fonction publique.
Le deuxième secrétaire général du SYNADES, Amadou Donatien, a rappelé que les années 2024 et 2025 ont déjà été prises en compte dans le paiement des revalorisations salariales.
« Les années 2024 et 2025 ont été entièrement payées. Il ne reste que le reliquat de 2023. Nous ne comprenons pas pourquoi cette année a été sautée alors que l’administration est une continuité », a-t-il expliqué.
Selon les chiffres avancés par la direction générale du CHU de Treichville, le montant correspondant à l’année 2023 s’élève à environ 59 millions de FCFA pour 245 agents concernés.
La direction précise que les montants des deux années précédentes représentaient environ 118 millions de FCFA, mais qu’à ce jour, seul le reliquat de 2023 reste à apurer.
Face à la mobilisation, la direction générale du CHU de Treichville a organisé une rencontre avec la presse afin d’apporter des éclaircissements.
Le directeur général, Dr Kouadio Guillaume, a insisté sur le fait qu’aucun salaire n’est impayé au sein de l’établissement.
« Il n’existe aucun arrêt de salaire à ce jour. La revendication concerne uniquement les reliquats liés à la revalorisation du SMIG de 2023 », a-t-il précisé.
Il a également démenti les informations faisant état de plusieurs mois d’arriérés de salaires des agents contractuels.
« Il n’y a pas 24 mois d’arriérés de salaires. Les salaires sont régulièrement payés. Le mois d’août a même été payé dans les délais », a-t-il affirmé.
Selon lui, la situation actuelle résulte d’engagements antérieurs à sa prise de fonction en 2024. Depuis son arrivée à la tête de l’établissement, la direction dit avoir engagé des démarches auprès de la tutelle afin d’obtenir les ressources nécessaires au règlement progressif des passifs.
Le directeur général a expliqué que son absence lors du mouvement du mardi 4 août était liée à sa participation à une conférence budgétaire consacrée à la préparation du budget 2027.
« L’exigence de ma présence à cette réunion ne pouvait pas être satisfaite, car cette conférence constituait une priorité institutionnelle majeure pour obtenir les ressources permettant d’apporter des réponses concrètes aux revendications », a-t-il indiqué.
Il a toutefois assuré que la direction reste ouverte aux échanges avec les représentants des travailleurs.
« Nous sommes ouverts à toutes les discussions. Le dialogue demeure la seule voie permettant d’aboutir à des solutions durables », a-t-il soutenu.
Malgré la mobilisation des agents contractuels, la direction assure qu’aucune interruption majeure des activités n’a été enregistrée.
Les secteurs principalement concernés par le mouvement étaient notamment le transport des patients, l’ambulance et le brancardage. Des mesures auraient été prises afin de maintenir la continuité du service public hospitalier.
La direction affirme que les interventions programmées ainsi que les prises en charge urgentes ont été assurées.
Elle rappelle par ailleurs que le CHU de Treichville bénéficie actuellement d’un vaste programme de modernisation comprenant notamment le renforcement du plateau technique, l’acquisition d’équipements médicaux, la rénovation de certains services et l’amélioration des conditions de prise en charge des patients.
À l’issue des échanges avec la hiérarchie et les représentants syndicaux, un consensus aurait été trouvé autour du règlement des reliquats liés à la revalorisation du SMIG 2023.
Sans avancer de date précise de paiement, la direction générale assure que le dossier est désormais pris en charge et appelle les populations à continuer de faire confiance au CHU de Treichville.
« Nous espérons que cet épisode est derrière nous. Le CHU de Treichville restera mobilisé pour assurer sa mission au service de la santé des Ivoiriens », a conclu Dr Kouadio Guillaume.
Le retour au calme est désormais attendu au sein de cet établissement hospitalier majeur du système sanitaire ivoirien.
Wassimagnon
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