Cameroun : Camair-Co, 2 avions cloués en Éthiopie et une facture qui s'alourdit pour l'État
Deux appareils de Camair-Co dorment à Addis-Abeba depuis des années. Résultat : ils coûtent cher en assurance et en amortissement, sans rapporter un seul franc. Pendant ce temps, la dette de la compagnie explose et les fonds publics s’évaporent. Un nouvel audit de la Chambre des Comptes révèle une gabegie qui coûte des milliards aux Camerounais.
D'après le quotidien de l'économie qui cite un rapport de la chambre des comptes, des avions de Camair-co, sont à l’arrêt, mais ils continuent de coûter.
Selon le rapport de la Chambre des Comptes, deux avions de la compagnie nationale restent bloqués en Éthiopie par manque d’argent pour les remettre en vol.
Problème, même immobilisés, ils génèrent des charges. Assurance, amortissement... la facture tombe chaque année, sans la moindre recette en face.
Le cas le plus emblématique est celui du "Dja". Cet appareil est stationné à Addis-Abeba depuis 2019. Il n’a jamais revolé. Fin décembre 2024, le gouvernement cherchait encore un cabinet pour organiser sa cession.
15 milliards pour la flotte : 14 déjà engloutis
L’État avait débloqué 15 milliards de FCFA pour relancer la flotte de Camair-Co.
Bilan : près de 14 milliards ont déjà été consommés pour la remise en service de deux Dash Q400 et d’un Boeing 737-700.
Il ne reste donc qu’environ 1 milliard de FCFA pour tenter de sortir les deux derniers appareils du parking. Une enveloppe largement insuffisante.
Pertes abyssales et des capitaux dans le rouge
La situation financière s’aggrave d’année en année.
Entre 2018 et 2023, les dotations aux amortissements ont bondi de 5,77 milliards à 8,56 milliards de FCFA. Certaines années, ce seul poste représentait 73,71% du chiffre d’affaires de la compagnie.
Toujours selon la même source, la conséquence, sur la même période, les pertes cumulées ont grimpé de 53 milliards de FCFA.
À fin 2023, les capitaux propres de Camair-Co affichaient -58 milliards de FCFA. Et ce, malgré une reprise de 86,79 milliards de dettes par l’État en 2022 pour tenter de sauver la société.
Gabegie
On paye pour des avions qui ne volent pas. On amortit du matériel qui ne produit rien. On éponge des dettes avec l’argent public pendant que la compagnie s’enfonce.
Le rapport de la Chambre des Comptes décrit une gestion marquée par l’imprévision et le gaspillage : des milliards engagés, des appareils immobilisés depuis 2019, et aucun plan clair pour stopper l’hémorragie.
Tant que ces avions resteront cloués au sol, ce sont les Camerounais qui continueront de payer l’addition.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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