Côte d'Ivoire : Clôture du programme d'achat des 100 000 tonnes de cacao, les organisations agricoles exigent un audit pour dissiper les doutes, « 20 000 tonnes » en attente
Les Organisations Professionnelles Agricoles (DR)
La Direction Générale du Conseil Café-Cacao a annoncé la fin du programme de rachat des stocks résiduels des 100. OOO tonnes de cacao.
En réponse à la Direction Générale du Conseil Café-Cacao, les Organisations Professionnelles Agricoles de Côte d’Ivoire ont animé une conférence de presse ce mardi 11 août 2026, à Abidjan-Cocody.
Dans leur déclaration transmise à KOACI, elles prennent acte des explications apportées par leur structure, toutefois, elles constatent que plusieurs préoccupations essentielles soulevées par les producteurs et leurs organisations demeurent, à ce jour, sans réponses suffisamment précises, vérifiables et documentées.
« Notre démarche n’est dirigée ni contre le Conseil du Café-Cacao, ni contre son Directeur Général, ni contre aucune autre institution. Elle répond à une exigence légitime de transparence et de redevabilité sur une opération qui concerne directement les revenus des producteurs et qui a mobilisé d’importantes ressources financières. Si le programme de rachat des 100 000 tonnes de cacao est effectivement achevé, les Organisations Professionnelles Agricoles demandent que soient rendues publiques des informations précises, vérifiables et accessibles, notamment : la liste complète des coopératives et structures inventoriées, avec les volumes correspondants ; la liste des coopératives et structures ayant effectivement bénéficié de l’opération de rachat, avec les volumes enlevés pour chacune d’elles. La publication de ces deux listes permettrait d’établir une comparaison objective entre les stocks initialement inventoriés et ceux effectivement enlevés, et contribuerait ainsi à lever une grande partie des interrogations actuelles », relèvent les organisations.
Pour ces organisations, une question fondamentale demeure cependant : « Pourquoi des stocks régulièrement inventoriés dans le cadre de cette opération sont-ils encore détenus par certains producteurs alors que le programme est présenté comme achevé ? Devons-nous comprendre que ces producteurs seront les véritables sacrifiés de la chute des cours mondiaux du cacao ? Le Conseil du Café-Cacao ne dispose-t-il pas de mécanismes destinés à sécuriser et à préserver les revenus des producteurs face aux fluctuations du marché international ? »
« Ces interrogations appellent des réponses claires, précises et documentées. Par ailleurs, des informations portées à notre connaissance font état d’enlèvements qui auraient concerné des stocks ne figurant pas dans l’inventaire initial. Nous demandons que toute la lumière soit faite sur cette question », expliquent-elles.
Si ces informations sont inexactes, la publication des données officielles permettra de les démentir définitivement. Si, en revanche, elles sont établies, les responsabilités devront être clairement situées.
Afin de mettre fin aux interrogations, d’établir les faits et de restaurer durablement la confiance que les Organisations Professionnelles Agricoles demandent la réalisation d’un audit indépendant de l’ensemble du programme de rachat des stocks résiduels de cacao.
« Un audit ne saurait être considéré comme une accusation contre quiconque. Il constitue, au contraire, un instrument normal de bonne gouvernance, de transparence et de redevabilité permettant notamment de vérifier : les volumes effectivement inventoriés ; les volumes effectivement rachetés et enlevés ; les bénéficiaires de l’opération ; l’utilisation des ressources financières mobilisées ; la conformité de l’ensemble du processus aux objectifs initialement annoncés. Cet audit permettra ainsi de protéger aussi bien les intérêts des producteurs que la crédibilité des institutions concernées. »
A l’approche de la nouvelle campagne, les Organisations Professionnelles Agricoles de Côte d’Ivoire appellent le Conseil du Café-Cacao, l’OIA Café-Cacao ainsi que les autorités compétentes à apporter des réponses documentées aux préoccupations exprimées et à prendre toutes les dispositions nécessaires afin de régler définitivement la situation des stocks inventoriés restant à enlever.
Selon elles, 20 000 tonnes de stocks résiduels sont toujours en attente, les organisations exigent son enlèvement avant la nouvelle campagne du café-cacao annoncée dans les prochaines semaines.
« Les producteurs ne demandent ni polémiques ni accusations. Ils demandent des chiffres, des faits, des documents et l’enlèvement effectif des stocks régulièrement inventoriés.
Enfin, les Organisations Professionnelles Agricoles de Côte d’Ivoire disent qu’elles resteront pleinement mobilisées jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur cette opération et que les droits et intérêts légitimes des producteurs concernés soient effectivement préservés.
Les Organisations Professionnelles Agricoles de Côte d’Ivoire regroupent le CR-CI, SYNARFA-CI SYNAPROCACI, SYPRODA-CI, UNAJEPACI, CNMA-CI, SYNAJAMCC-CI et l’APACIR.
Donatien Kautcha, Abidjan
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