Togo : Justice, trois jeunes condamnés à Atakpamé pour affaire de sexe perdu
Comparution des plaignants (ph)
Le tribunal d'Atakpamé, dans la région des Plateaux, a jugé et condamné à une peine de 12 mois dont 11 avec sursis trois jeunes hommes qui ont prétendu avoir été victimes de « kiki perdu », une affaire ayant trait aux rumeurs de disparition d' organes génitaux.
Après examen des trois affaires et l'audition des différentes parties, les plaignants sont passés aux aveux, reconnaissant l'inexactitude de leurs déclarations.
Les trois plaignants ont été reconnus coupables de dénonciation calomnieuse, pour avoir accusé à tort des innocents; exposition d’autrui à un risque, en mettant la vie des personnes visées en danger la vie.
Les faits
Le premier cas remonte au 20 juillet 20226 où un jeune a accusé trois agents commerciaux d’avoir provoqué la disparition de son sexe. Quelques ou plus tard, le 28 juillet, un autre jeune homme a porté les mêmes accusations contre un chauffeur. Le lendemain, le 29 juillet, un conducteur de taxi moto a affirmé à son tour avoir été victime du même phénomène.
En dehors d’Atakpamé et d’une manière générale dans plusieurs localités du pays, les accusations partent d’un même scénario. Un inconnu serre la main d’une personne ou la frôle, puis celle-ci affirme que son sexe a disparu ou diminué.
Jugement
A l'issue des audiences, le président du tribunal a déclaré les auteurs des fausses accusations coupables de plusieurs infractions. Il s'agit notamment de la dénonciation calomnieuse, de l'exposition d'autrui à des risques, ainsi que des violences volontaires.
Le juge du tribunal a reconnu les trois plaignants coupables de dénonciation calomnieuse, d’exposition d’autrui à un risque et de violences volontaires et les a condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont 11 avec sursis..
Il a profité de cette occasion pour rappeler aux uns et aux autres que seule la justice est compétente pour établir les faits et que le respect de la loi est indispensable pour préserver la paix sociale.
Appel du gouvernement
Face à l’ampleur des rumeurs sur la prétendue affaire de disparition de sexe, le ministre togolais de la Sécurité, Calixte Batossie Madjoulba, a exhorté le 11 juillet 2026 la population au calme et a indiqué qu’aucun élément ne permettait, à ce stade, de confirmer la réalité de ces disparitions.
Pendant que des investigations se poursuivent pour démystifier cette affaire de « kiki perdu », le ministre Madjoulba a mis en garde contre les conséquences de ces rumeurs, qui conduisent parfois à des actes de vindicte populaire. Les autorités ont rappelé que nul ne peut se faire justice lui-même et que les auteurs de violences ou de fausses accusations s’exposent à des poursuites judiciaires.
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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