Côte d'Ivoire : Fresco, le festival Zôkpa-Gôlo 2026 de Dassioko fait vibrer la mémoire des ancêtres et les traditions Lôglagnoan
À Dassioko, dans le département de Fresco, la 5e édition du Festival international Zôkpa-Gôlo s’est ouverte sous le signe de la paix, de la transmission et de la préservation des valeurs ancestrales. Vêtus de blanc, les festivaliers ont d’abord rendu hommage aux disparus avant de lancer les différentes activités culturelles prévues pour cette édition, qui ambitionne de réunir plus de 3 500 participants.
Les tambours ont donné le signal. Mais à Dassioko, l’ouverture de la 5e édition du Festival international Zôkpa-Gôlo n’a pas commencé par les festivités. Elle a débuté par un retour aux sources, dans le respect d’une tradition profondément ancrée dans la culture du peuple Lôglagnoan, également appelé « Peuple Ivoire ».
Pour marquer le lancement de ce rendez-vous culturel, les fils et filles de Dassioko, ainsi que les festivaliers, ont pris la direction du cimetière du village. Vêtus de blanc, ils y ont effectué des libations, des prières et des chants en hommage aux ancêtres. Une démarche symbolique destinée à solliciter leur bénédiction et à placer l’ensemble des activités sous le signe de la paix et de l’harmonie.
Pour Gnago Keukou Marius, natif de Dassioko et membre de la génération « N’Nagnin », cette étape constitue un préalable essentiel.
« Quand nous sommes dans un village, il y a eu des gens qui ont existé avant nous. Quand on veut la bénédiction, chez nous, on passe par les cimetières », explique-t-il.
Le choix du blanc revêt également une forte portée symbolique. Il représente, selon lui, la pureté, la paix et la volonté de repartir sur de bonnes bases.
« Le blanc veut dire la pureté. Nous sommes allés chercher la pureté, la bénédiction, la paix », souligne Gnago Keukou Marius.
Après cette étape dédiée aux ancêtres, les participants ont parcouru les différents quartiers du village, donnant progressivement vie à une célébration qui entend faire de la culture un trait d’union entre les générations.
Au-delà de son caractère festif, le Festival Zôkpa-Gôlo se présente comme un espace de transmission du patrimoine culturel. Les organisateurs veulent notamment contribuer à la sauvegarde des savoirs et pratiques ancestraux, dans un contexte marqué par les profondes transformations de la société.
Pour Beugré Rêve, l’ambition est de créer un cadre durable permettant aux jeunes générations de mieux connaître leur histoire et de s’approprier les valeurs héritées de leurs aînés.
« Notre ambition est de créer un cadre permanent de rencontre entre les générations afin de favoriser la transmission des savoirs, des compétences et des pratiques culturelles », indique-t-il.
Cette volonté se traduit par une programmation riche et diversifiée. Danses traditionnelles, chants, jeux, sketchs consacrés aux anciennes pratiques matrimoniales, techniques de pêche, instruments de chasse et autres savoir-faire traditionnels seront présentés au public au cours de cette édition.
Les organisateurs espèrent accueillir plus de 3 500 festivaliers à Dassioko. La programmation prévoit également des sessions de formation destinées aux jeunes, des conférences, des ateliers et plusieurs activités communautaires.
Le défilé des générations ainsi que les grandes soirées culturelles constitueront les temps forts de cette édition. À travers ces différentes activités, le festival entend offrir un espace de rencontre entre les générations, tout en mettant en valeur l'identité culturelle du peuple Lôglagnoan.
Responsable de l’hébergement et également natif du village, Gnago Keukou Marius participe activement à l’organisation et à la mobilisation autour de l’événement. Son implication traduit la volonté des fils et filles de Dassioko de faire de cette manifestation un véritable instrument de valorisation de leur patrimoine.
Le programme prévoit également une visite de l’ancien site du village, situé au bord de la mer. Cette étape doit permettre aux participants de renouer avec un autre pan de l’histoire de Dassioko et de rendre hommage aux lieux qui ont marqué la mémoire collective.
« Quand on va saluer ceux-là, on ira aussi là-bas pour chercher la même bénédiction », explique Gnago Keukou Marius.
Ainsi, le Festival international Zôkpa-Gôlo dépasse le cadre d’une simple manifestation culturelle. À Dassioko, il se veut un rendez-vous entre passé et présent, entre anciens et jeunes, mais aussi un espace de réflexion sur la manière de préserver une identité culturelle face aux évolutions de la société.
Au rythme des tam-tams, des chants et des danses, la 5e édition attend donc transmettre un message simple : célébrer la culture, c’est aussi préserver la mémoire. Et à Dassioko, les ancêtres ont été les premiers invités de cette grande fête dédiée aux racines, à la paix et à la transmission.
Wassimagnon
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