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Côte d'Ivoire : 114 838 milliards de FCFA en jeu, la CPU-PME veut placer les PME au cœur du PND
 

Côte d'Ivoire : 114 838 milliards de FCFA en jeu, la CPU-PME veut placer les PME au cœur du PND

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 03 septembre 2026 - 22:27



À l’occasion de l’Université d’Été des PME, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises de Côte d’Ivoire (CPU-PME) a appelé à placer les entreprises ivoiriennes au cœur de l’exécution du PND 2026-2030. Financement productif, fiscalité incitative, commande publique, contenu local, modernisation des tontines, accompagnement des entrepreneurs et conquête des marchés africains : l’organisation patronale veut faire des PME des acteurs de premier plan de la transformation structurelle du pays.


Les PME ivoiriennes veulent changer de statut dans la dynamique de transformation économique du pays. À l’occasion de l’Université d’Été des PME, organisée autour du thème « PND 2026-2030 : faire des PME ivoiriennes le moteur réel de la transformation structurelle », la CPU-PME a plaidé pour une implication beaucoup plus forte des entreprises nationales dans la production, l’emploi formel, l’innovation, la sous-traitance et la création de valeur.


La rencontre a réuni notamment Jean-Louis Moulot, ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, des représentants du Gouvernement, des institutions publiques et privées, le directeur général du GUDE-PME, des dirigeants d’entreprises, des partenaires techniques et financiers ainsi que de nombreux entrepreneurs.


Au-delà des échanges, cette Université d’Été des PME s’est voulue un espace de propositions et d’engagement autour d’une ambition : faire du PND 2026-2030 non seulement un vaste programme d’investissements, mais aussi un accélérateur de la puissance productive des entreprises ivoiriennes.


La CPU-PME salue l’ambition du PND 2026-2030, qui prévoit 114 838,5 milliards de FCFA d’investissements sur cinq ans, avec une contribution attendue du secteur privé de 70,2 %. Le Plan vise par ailleurs une croissance annuelle moyenne de 7,2 % et la création de plus de 3 millions d’emplois formels à l’horizon 2030.


Pour la Confédération, ces perspectives constituent une opportunité majeure d’accélérer l’industrialisation et la transformation économique de la Côte d’Ivoire. Mais une question demeure : qui produira, transformera, sous-traitera, innovera et exportera afin de capter durablement la valeur générée par cette croissance ?


Pour la CPU-PME, la réponse passe nécessairement par une mobilisation accrue des entreprises ivoiriennes.

« Il ne suffit pas d’attirer des investisseurs », soutient l’organisation, qui appelle également à faire émerger une nouvelle génération d’investisseurs ivoiriens capables de créer des emplois, de consolider les chaînes de valeur locales et de porter la croissance nationale.


Les PME ne doivent donc plus être considérées comme de simples bénéficiaires indirectes de la croissance. Elles doivent devenir des fournisseurs, sous-traitants, innovateurs, employeurs et, à terme, des champions nationaux, régionaux et africains.


La CPU-PME estime que la priorité doit désormais être de permettre aux entreprises existantes de franchir les différents paliers de croissance.


Les PME constituent l’essentiel du tissu entrepreneurial national. Elles contribuent aux revenus des ménages, créent des emplois, irriguent les territoires et concentrent une part importante des initiatives et des savoir-faire locaux.

Mais beaucoup restent fragiles, sous-capitalisées et insuffisamment connectées aux marchés structurants. L’accès au financement, à la commande publique, à la sous-traitance, aux normes, à la certification, aux technologies, à la formation et à l’information économique demeure problématique pour de nombreux entrepreneurs.


L’enjeu, selon la Confédération, est donc de créer les conditions permettant aux microentreprises de devenir des PME, aux PME de devenir des entreprises de taille intermédiaire et, à terme, de faire émerger des champions ivoiriens capables de s’imposer sur les marchés africains et internationaux.


Produire, transformer et exporter localement

Pour la CPU-PME, les investissements prévus dans les infrastructures — routes, ports, énergie, numérique, zones industrielles et plateformes économiques — ne pourront produire leur plein effet que s’ils renforcent directement la capacité productive des entreprises ivoiriennes.


Une infrastructure routière doit permettre aux PME de livrer plus rapidement leurs produits sur l’ensemble du territoire et au-delà des frontières. Les infrastructures portuaires doivent faciliter leurs exportations. Une énergie fiable doit soutenir les ateliers, les unités de transformation, les chambres froides, les plateformes logistiques, les activités de recyclage, les entreprises numériques et les industries locales.


L’objectif défendu par la Confédération est ainsi celui d’un « capitalisme productif ivoirien », fondé sur des entreprises capables de produire et de transformer localement, de recruter, d’innover, de respecter les normes et de conquérir de nouveaux marchés.

Pour un pacte fiscal favorable à l’investissement et à l’emploi

Autre revendication forte : la mise en place d’un pacte fiscal de croissance en faveur des PME.


Pour la CPU-PME, les entreprises qui investissent, formalisent leurs emplois, modernisent leurs équipements, se certifient, innovent, transforment localement ou exportent doivent pouvoir bénéficier d’un environnement fiscal davantage incitatif.

L’organisation ne réclame pas de privilèges, mais une fiscalité qu’elle souhaite lisible, stable et orientée vers l’investissement productif, l’emploi formel et la compétitivité.

Les mesures devraient notamment encourager les investissements dans les équipements, la modernisation des ateliers, la certification, la digitalisation, l’innovation, la formation, la transformation locale, l’exportation ainsi que l’embauche formelle des jeunes et des femmes.


Le principe défendu est simple : plus une PME investit, formalise, recrute, transforme et exporte, plus elle doit disposer de marges pour poursuivre sa croissance.


La question du financement demeure l’un des principaux obstacles à la croissance des PME. Une entreprise compétitive doit pouvoir financer ses équipements, ses véhicules, ses matières premières, ses stocks, ses certifications, ses outils numériques, ses salaires et son besoin en fonds de roulement.


Or, de nombreuses entreprises disposent de compétences, de clients ou même de contrats, sans avoir les ressources nécessaires pour les exécuter. Certaines obtiennent des commandes sans pouvoir financer les intrants, remportent des marchés sans disposer des garanties exigées ou doivent attendre longtemps avant de recevoir le règlement de leurs prestations.

Pour la CPU-PME, cette situation enferme des entreprises à fort potentiel dans une logique de survie alors qu’elles pourraient devenir de véritables entreprises de croissance.


La Confédération relève néanmoins les progrès enregistrés. Au 30 avril 2026, 3 860 PME auraient bénéficié de 114,7 milliards de FCFA de financements, soutenus par 59 milliards de FCFA de garanties. Pour l’organisation, ces résultats montrent qu’un meilleur partage du risque peut favoriser un engagement accru du système financier en faveur des PME.


 

Mais les besoins restent considérables. Le déficit de financement des PME ivoiriennes est estimé à plus de 3 500 milliards de FCFA. Dans le même temps, le secteur privé est appelé à mobiliser plus de 80 500 milliards de FCFA dans le cadre du PND.


Face à cette équation, la CPU-PME demande à l’État d’accroître substantiellement la part des ressources nationales mobilisées pour soutenir le financement du Plan, avec un objectif de 80 %, contre environ 30 % actuellement, selon les chiffres avancés par l’organisation.


Pour la CPU-PME, cette proposition répond à un enjeu de souveraineté économique.

Les partenaires techniques et financiers, les bailleurs et les investisseurs étrangers demeurent indispensables au développement du pays. Mais la Côte d’Ivoire doit également disposer de mécanismes nationaux suffisamment puissants pour financer ses entreprises, consolider ses chaînes de valeur et conserver une capacité d’orientation de son développement économique.


La Confédération plaide ainsi pour une architecture de financement davantage adaptée aux réalités de la production, comprenant notamment le renforcement des mécanismes publics de garantie, le développement des crédits à moyen et long terme, les avances sur marchés et le financement des bons de commande, l’assurance-crédit, les fonds propres patients ainsi que des mécanismes plus efficaces de réduction des délais de paiement.


« Une PME qui attend excessivement le règlement de ses factures finance involontairement son donneur d’ordre », résume la CPU-PME.


Pour l’organisation, financer les PME revient donc à financer simultanément la production, l’emploi formel, les recettes fiscales, la sous-traitance locale, les exportations et la souveraineté économique.


La CPU-PME souhaite également donner une nouvelle dimension à la tontine, largement ancrée dans les pratiques économiques et sociales ivoiriennes.


Considérée comme un outil de solidarité financière et d’épargne collective, la tontine permet déjà à de nombreux commerçants, artisans, travailleurs indépendants et entrepreneurs de mobiliser des ressources pour financer leurs activités.


Pour la Confédération, elle ne doit pas être opposée au système bancaire. Elle peut au contraire servir de passerelle entre l’épargne populaire, l’entrepreneuriat, la formalisation et le financement structuré des microentreprises et des PME.


La CPU-PME propose notamment la reconnaissance de entrepreneuriales et professionnelles, leur digitalisation sécurisée, leur mise en relation avec les banques et les institutions de microfinance, ainsi que la valorisation de l’historique des cotisations dans l’évaluation de la discipline financière des membres.


La formation des responsables de tontines à la gouvernance, à la gestion financière et à la formalisation figure également parmi les pistes avancées.


Autre axe majeur : l’accès des PME ivoiriennes à la commande publique et aux grands marchés. La CPU-PME souhaite faire du PND 2026-2030 un véritable « Pacte national de puissance productive et de compétitivité des PME ».


L’organisation appelle à une commande publique davantage ouverte aux entreprises nationales compétentes et qualifiées. Elle plaide pour qu’une part identifiable, accessible et transparente des marchés de l’État, des collectivités territoriales, des entreprises publiques et des grands projets soit effectivement accessible aux PME ivoiriennes.


Le même principe devrait, selon elle, s’appliquer au contenu local dans les secteurs des mines, de l’énergie, des infrastructures, de la logistique et des télécommunications.


Pour la Confédération, les PME ivoiriennes doivent bénéficier d’un accès réel aux appels d’offres, aux contrats de fourniture et aux opportunités de sous-traitance.


Les incubateurs publics au cœur d’une nouvelle stratégie d’accompagnement

La CPU-PME demande par ailleurs une évolution de la gouvernance des incubateurs créés ou financés par l’État.


Ces structures doivent, selon elle, devenir de véritables instruments de création, de structuration et d’accélération des entreprises ivoiriennes. Pour y parvenir, elles devraient être animées par des organisations proches des réalités quotidiennes des entrepreneurs.


La Confédération souhaite ainsi pouvoir gérer certains incubateurs publics à travers des conventions de gestion, des délégations de service ou des partenariats de performance clairement définis avec l’État, dans la continuité notamment des partenariats engagés avec l’ARRE.


Les programmes proposés couvriraient la création et la formalisation des entreprises, la structuration juridique et financière, la préparation des dossiers bancables, la certification, la digitalisation, le développement commercial, l’accès à la commande publique, la sous-traitance, le mentorat et la préparation aux marchés régionaux et africains.


 

La CPU-PME souhaite également que les performances de ces incubateurs soient évaluées à partir d’indicateurs concrets : entreprises créées et formalisées, financements obtenus, certifications, exportations, intégration dans les chaînes de sous-traitance et emplois formels créés.


La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente une opportunité majeure, mais également un défi de compétitivité pour les entreprises ivoiriennes.


La CPU-PME appelle donc à la mise en place d’un programme national de préparation des PME à la ZLECAf, en partenariat avec les organisations patronales et les structures d’appui aux entreprises.


Les entrepreneurs devraient notamment être accompagnés sur les règles d’origine, les procédures douanières, les normes, la certification, la logistique, la sécurisation des paiements, l’identification des marchés porteurs ainsi que la recherche de partenaires, distributeurs et sous-traitants.

L’objectif est clair : la ZLECAf ne doit pas seulement être un espace où les entreprises étrangères viennent vendre en Côte d’Ivoire. Elle doit aussi devenir un marché de conquête pour les produits, services, compétences et marques ivoiriens.


L’Université d’Été des PME a également été marquée par plusieurs initiatives concrètes.

La CPU-PME, la Mutuelle des Familles d’Ivoire et l’UNAMEPCI ont signé une convention tripartite portant sur la mise en place de la section mutualiste Santé PME Ivoire.


Cette initiative vise à améliorer l’accès des dirigeants de PME, de leurs salariés et de leurs familles à une couverture santé adaptée. Pour les trois organisations, la protection sociale constitue un enjeu majeur de pérennité des entreprises, la santé du dirigeant et des équipes étant directement liée à la continuité et à la productivité des activités.


L’événement a également été l’occasion de présenter FELI, une plateforme destinée aux acteurs de la livraison en Côte d’Ivoire. La solution entend contribuer à la structuration et à la professionnalisation du secteur, en offrant des outils adaptés aux livreurs, aux entreprises et aux clients.


La CPU-PME voit dans cette initiative un levier de digitalisation, de sécurisation des activités et de création de nouvelles opportunités économiques pour la jeunesse et les entrepreneurs.


Au terme de l’Université d’Été, la CPU-PME a réaffirmé son appel à une mobilisation collective autour du PND 2026-2030.

Pour la Confédération, la réussite du Plan dépendra de sa capacité à favoriser l’émergence d’entreprises ivoiriennes plus nombreuses, plus solides, mieux financées et davantage intégrées aux chaînes de valeur.


Le message porté par l’organisation est sans ambiguïté : attirer les investissements ne suffit pas ; il faut également faire émerger une nouvelle génération d’investisseurs ivoiriens. Construire des infrastructures ne suffit pas ; il faut permettre aux PME de les utiliser pour produire, transformer et conquérir des marchés. Importer des technologies ne suffit pas ; les entreprises nationales doivent pouvoir les maîtriser, les adapter et, à terme, en concevoir.


Pour la CPU-PME, la transformation structurelle se construit au quotidien, « entreprise par entreprise, atelier par atelier, usine par usine, contrat par contrat et emploi formel par emploi formel ».


La Confédération se dit enfin disponible pour poursuivre le dialogue avec le Gouvernement, les collectivités territoriales, les institutions financières, les partenaires techniques et financiers, les grandes entreprises et l’ensemble des acteurs économiques afin de faire du PND 2026-2030 « le grand rendez-vous de la puissance productive des PME ivoiriennes ».


Une conviction demeure au cœur de son plaidoyer : il n’y aura pas d’industrialisation inclusive sans PME compétitives, ni de prospérité partagée sans entreprises ivoiriennes fortes.




Wassimagnon





 
 
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