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Côte d'Ivoire : Université de Bouaké, le SE de la CNFCI signe une consécration académique avec une thèse sur
 

Côte d'Ivoire : Université de Bouaké, le SE de la CNFCI signe une consécration académique avec une thèse sur "l'État indentifacateur"

 
 
 
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© Koaci.com - dimanche 20 septembre 2026 - 17:29

Le Secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), Diakalidia Konaté, a soutenu avec succès, samedi 19 septembre 2026, à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, sa thèse de doctorat en science politique. Consacrée aux politiques d’identification et à leur rôle dans la construction de l’État ivoirien, cette recherche lui a valu la mention « Très honorable », avec les félicitations du jury.


Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le parcours académique de Diakalidia Konaté. Le Secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI) a soutenu publiquement, samedi, sa thèse de doctorat en science politique à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké.


Intitulée « L’État identificateur en Côte d’Ivoire : sens et logiques », la thèse porte sur les politiques d’identification et leur évolution dans la trajectoire de l’État ivoirien, de la période coloniale aux dispositifs contemporains de biométrisation et au Registre national des personnes physiques (RNPP).


À l’issue d’une soutenance publique marquée par des échanges scientifiques approfondis, le jury a décerné au candidat la mention « Très honorable », assortie de ses félicitations.


La soutenance a réuni un jury composé d’universitaires issus de plusieurs espaces académiques africains et européens.

Le Professeur Augustin Louada, professeur titulaire, agrégé de droit public et de science politique au Burkina Faso, présidait le jury. Les fonctions de rapporteurs étaient assurées par le Professeur Emmanuel Ahinvili, professeur titulaire, agrégé de science politique au Bénin, le Professeur Abdou Rahmane Thiam, maître de conférences, agrégé de science politique au Sénégal, ainsi que le Professeur Guy-Roland Kossonou, maître de conférences, agrégé de droit, institutions et idées politiques en Côte d’Ivoire.


Le Professeur François Benchendikh, professeur des universités en droit public et sciences politiques en France, était examinateur. La direction de la thèse était assurée par le Professeur Ousmane Zina, maître de conférences, agrégé de science politique en Côte d’Ivoire.


Cette composition internationale a contribué à donner à la soutenance une dimension scientifique particulière, en confrontant les résultats de la recherche aux regards croisés de spécialistes de la science politique et du droit public.


À travers sa recherche, Diakalidia Konaté s’intéresse à une question devenue centrale dans les politiques publiques contemporaines : comment l’identification des personnes participe-t-elle à la construction et à l’exercice de l’autorité de l’État ?


La thèse analyse l’évolution des politiques d’identification en Côte d’Ivoire depuis la période coloniale jusqu’aux dispositifs contemporains fondés sur la biométrie et le numérique.


Pour étayer son analyse, le chercheur s’est appuyé sur une démarche combinant plusieurs catégories de sources : archives coloniales et postcoloniales, textes juridiques, travaux scientifiques, rapports institutionnels, entretiens et enquête quantitative.


 

Cette dernière a notamment porté sur 766 personnes dans cinq localités ivoiriennes : Abidjan, Bouaké, Korhogo, Bouna et Duékoué.


La confrontation de ces différents matériaux permet à la recherche de retracer les transformations successives de l’identification et de mettre en évidence son rôle croissant dans les relations entre l’État et les citoyens.


L’un des principaux apports de la thèse réside dans la proposition du concept d’« État identificateur ».


Il ne s’agit pas, selon l’approche développée par le chercheur, de définir une nouvelle forme d’État, mais de proposer une grille de lecture permettant d’observer l’État dans son fonctionnement concret : ses capacités, ses modes de classification, ses rapports de pouvoir et les conditions dans lesquelles les droits et les services publics deviennent effectivement accessibles aux populations.


La recherche met ainsi en évidence une transformation progressive de la fonction de l’identification.


D’abord utilisée comme un instrument de catégorisation des populations, l’identification a également pu servir au tri et à la définition de l’appartenance. Dans la période contemporaine, elle tend davantage à devenir une infrastructure de gouvernance, au croisement de plusieurs secteurs de l’action publique.


Sécurité, planification, santé, protection sociale et transformation numérique figurent notamment parmi les domaines concernés.


Cette évolution donne à l'identification une portée qui dépasse désormais la seule production de documents administratifs. Elle s'inscrit dans une architecture plus large de gestion des populations, d'accès aux services et de mise en œuvre des politiques publiques.


La soutenance revêt également une dimension particulière en raison de la date et du lieu où elle s’est déroulée. Elle a en effet eu lieu à Bouaké, le 19 septembre 2026, soit exactement 24 ans après le 19 septembre 2002, date qui marque le début de la crise politico-militaire ayant profondément marqué l’histoire récente de la Côte d’Ivoire.

Bouaké, qui fut l’un des principaux foyers de cette crise, figure également parmi les terrains retenus pour l’enquête menée dans le cadre de la thèse.


 

Pour le nouveau docteur, cette concordance entre le lieu, la date et l’objet de la recherche confère à la soutenance une portée symbolique particulière. Elle offre l’occasion de revisiter, à travers la science politique, les transformations de l’État ivoirien, de l’autorité publique et des rapports entre institutions et citoyens.


Au-delà de ses résultats, la thèse ouvre plusieurs pistes pour de futures recherches.

Diakalidia Konaté envisage notamment une comparaison à l’échelle ouest-africaine, une sociologie territorialisée des services et des acteurs intervenant dans le domaine de l’identité légale, ainsi qu’une réflexion approfondie sur l’interopérabilité des systèmes, la protection des données personnelles et la souveraineté numérique.

Ces enjeux prennent une importance croissante à mesure que les administrations publiques développent des dispositifs numériques permettant de mieux identifier les populations et de connecter différentes bases de données.


La question n’est donc plus uniquement de savoir comment l’État identifie les citoyens, mais aussi de comprendre ce que l’identité produite par l’État rend possible en matière de droits, de services, d’inclusion et de contrôle.


À la suite de cette soutenance, la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire a salué la réussite académique de son Secrétaire exécutif.


Pour la CNFCI, cette distinction témoigne de l’engagement de Diakalidia Konaté en faveur de la connaissance, de la recherche et du renforcement des capacités intellectuelles au service de l’action publique.


L’institution lui a adressé ses « vives et chaleureuses félicitations » et formulé des vœux de plein succès dans la poursuite de ses missions, notamment dans les domaines de la gouvernance des frontières et de l’intégration africaine.


Avec cette soutenance consacrée à « L’État identificateur en Côte d’Ivoire : sens et logiques », Diakalidia Konaté inscrit ainsi son parcours universitaire dans une réflexion plus large sur les mutations de l’État ivoirien et les nouveaux rapports entre identification, gouvernance, citoyenneté et action publique.


Wassimagnon


 
 
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