Côte d'Ivoire : Grève du cacao : « Ne vous laissez pas distraire par les brebis égarées, n'ayez pas peur », Koné Moussa aux producteurs
Biankouma a accueilli, vendredi 25 septembre 2026, une étape de la tournée nationale du Syndicat national agricole pour le progrès de Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) auprès des producteurs de cacao. La rencontre a permis au président du syndicat, Koné Moussa, d’échanger avec les planteurs sur leurs difficultés et de réaffirmer les revendications portées dans le cadre de la grève.
Au centre des échanges, le prix de 1 200 francs CFA le kilogramme et les difficultés liées à la production et à la commercialisation du cacao. Pour les producteurs rencontrés, ce niveau de prix ne correspond pas aux charges engagées dans les plantations.
Guy Jérôme, planteur à Biankouma-Village, a notamment évoqué son expérience de commercialisation. Il affirme avoir vendu l’année précédente jusqu’à 500 kilos de cacao à 2 800 francs CFA le kilogramme, avant, selon son témoignage, une baisse du prix.
« Quand le prix est fixé, il est fixé. On ne peut pas aller de l’avant et ensuite le diminuer », a-t-il déploré, expliquant avoir déjà engagé des dépenses pour payer les travailleurs intervenant dans sa plantation.
Même préoccupation chez Soumahoro Goné Jean-Pierre, planteur à Biankouma. Il a insisté sur les charges liées à l’entretien des plantations, notamment la main-d’œuvre et l’achat des produits phytosanitaires.
« Tu vas aller au champ, tu vas faire appel aux contractuels pour nettoyer. Tu vas les payer. Tu vas acheter les produits pour traiter le cacao, tu vas les payer », a-t-il expliqué, estimant que les 1 200 francs CFA ne permettent pas de faire face suffisamment aux dépenses engagées.
Koné Moussa réaffirme les revendications du SYNAP-CI
Face aux producteurs, Koné Moussa a réaffirmé la position de son organisation sur le prix du cacao.
« Les 1 200 francs CFA, c’est trop peu. Le travail que nous faisons dans les plantations est extrêmement difficile pour que quelqu’un assis à Abidjan puisse évaluer notre travail », a-t-il déclaré.
Le président du SYNAP-CI estime que les coûts supportés par les producteurs doivent davantage être pris en compte dans la détermination de la valeur du cacao.
Il a également réaffirmé la principale revendication inscrite, selon lui, dans le préavis de grève : le départ de Yves Koné Brahima, directeur général du Conseil du Café-Cacao.
Dans le cadre de la grève, Koné Moussa a par ailleurs appelé les producteurs à ne pas vendre leur cacao et à faire circuler les consignes dans les villages, hameaux et campements.
« On se connaît entre nous »
Le président du SYNAP-CI a également répondu à ceux qui, selon lui, parlent au nom des producteurs sans partager directement leur réalité agricole.
« Tous ceux qui se mettent dans la peau des planteurs pour parler en leur nom n’ont pas un seul pied de cacaoyer. Certains n’ont même pas un demi-hectare et ils parlent au nom des producteurs. On se connaît entre nous », a-t-il déclaré.
Dans la foulée, il a lancé un appel aux planteurs réunis à Biankouma : « Ne vous laissez pas distraire par les brebis égarées, n’ayez pas peur. »
Koné Moussa a invité les producteurs à rester concentrés sur leurs revendications et à poursuivre la mobilisation.
Vers une mobilisation à Abidjan
Le responsable syndical a annoncé la poursuite des actions du SYNAP-CI, notamment une mobilisation des producteurs à Abidjan et une marche annoncée vers la Caistab.
« L’amélioration de nos conditions de vie et de travail, c’est de ça qu’il est question », a-t-il insisté.
Cette étape de Biankouma s’inscrit dans la tournée nationale engagée par le SYNAP-CI auprès des producteurs de cacao. Le syndicat entend poursuivre les échanges avec les planteurs et maintenir la mobilisation autour du prix du cacao, des conditions de commercialisation et de ses revendications concernant la gouvernance de la filière.
Donatien kautcha Abidjan
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