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Côte d'Ivoire : Lutte contre l'orpaillage illégal, le CNS muscle le dispositif avec 48 pick-up, 40 véhicules et 360 motos
 

Côte d'Ivoire : Lutte contre l'orpaillage illégal, le CNS muscle le dispositif avec 48 pick-up, 40 véhicules et 360 motos

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 30 septembre 2026 - 19:10



Le Conseil national de sécurité (CNS) renforce les capacités opérationnelles des forces engagées contre l’orpaillage illégal. Ce mercredi 30 septembre 2026, à la caserne de gendarmerie d’Agban, à Abidjan, une première dotation en véhicules, motos, moyens nautiques et équipements de renseignement a été remise aux unités de la Gendarmerie nationale et aux autres structures mobilisées sur le terrain. Une offensive qui s’inscrit dans une nouvelle stratégie, avec les préfets placés au cœur du dispositif et un objectif affiché de « tolérance zéro ».


Le gouvernement ivoirien entend franchir un nouveau cap dans la lutte contre l’orpaillage illégal. C’est le sens de la cérémonie organisée mercredi à la caserne de gendarmerie d’Agban, sous la présidence de Téné Birahima Ouattara, Vice-Premier ministre, ministre de la Défense.


La cérémonie a enregistré la présence de plusieurs personnalités, dont Fidèle Sarassoro, ministre, directeur de Cabinet du Président de la République et secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité, ainsi que des membres du gouvernement, des responsables militaires et sécuritaires, des préfets et des acteurs engagés dans la lutte contre l’exploitation minière clandestine.


À travers cette dotation, le CNS veut améliorer la mobilité des unités, leur capacité d’intervention et leur aptitude à surveiller les zones sensibles, souvent difficiles d’accès.


Au total, 48 véhicules pick-up, 40 véhicules de transport de troupes, 360 motos, 84 zodiacs, 35 drones et 10 GPS ont été commandés dans le cadre du renforcement du dispositif.


Une première partie des équipements a été remise mercredi : 30 pick-up, 35 véhicules de transport de troupes, 300 motos, 12 zodiacs et plusieurs drones. Le reste du matériel doit être disponible dans les prochains jours.


Pour le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, cette cérémonie traduit la volonté des autorités ivoiriennes de donner aux forces de défense et de sécurité les moyens nécessaires à l’accomplissement de leur mission.


« La cérémonie qui nous rassemble cet après-midi traduit la volonté du gouvernement, sous la haute autorité de Son Excellence le Président de la République, de donner à nos forces de défense et de sécurité les moyens nécessaires pour remplir efficacement leur mission de protection des populations, de sécurisation du territoire et de préservation des ressources de notre nation », a déclaré Téné Birahima Ouattara.


Le ministre a particulièrement insisté sur la lutte contre l’orpaillage illégal, devenue, selon lui, une préoccupation nationale en raison de ses conséquences sur la sécurité, l’environnement, les terres agricoles et les ressources en eau.


Face à l’ampleur du phénomène, l’État a choisi « la posture de la fermeté », tout en réaffirmant la nécessité d’agir dans le respect de la loi et des droits des populations.


Téné Birahima Ouattara a également rappelé la décision du CNS d’instaurer un moratoire de six mois, période au cours de laquelle les autorités locales devront intensifier leurs actions afin de mettre fin à l’exploitation minière clandestine.


 

Le ministre a notamment appelé les préfets à prendre toute leur part dans ce dispositif.

« Il vous revient de mobiliser et d’impliquer davantage les comités départementaux de sécurité et les cellules civilo-militaires dans cette bataille pour l’objectif “tolérance zéro” en matière d’orpaillage illégal », a-t-il souligné.


Les nouveaux équipements devront ainsi permettre d’améliorer la surveillance, la mobilité des forces, les interventions sur le terrain, mais également la collecte et l’exploitation du renseignement.


Téné Birahima Ouattara a par ailleurs insisté sur la nécessité d'une meilleure coordination entre les différents acteurs. Les forces de défense et de sécurité, les autorités préfectorales, les services techniques et les communautés locales sont appelés à travailler de manière concertée afin d’identifier les sites clandestins et d’empêcher leur réinstallation.


« Nous devons faire de la lutte contre l’orpaillage illégal une responsabilité collective, car la réussite de notre action dépendra de notre capacité à travailler ensemble, à partager l’information et à intervenir de façon ordonnée », a déclaré le ministre.


Il a également appelé les forces engagées sur le terrain à agir avec « courage, discipline, professionnalisme et intégrité », tout en maintenant une relation de confiance avec les populations.


Pour le ministre de la Défense, la lutte contre l’orpaillage illégal ne doit pas provoquer une rupture entre les forces de sécurité et les communautés.


« Bien au contraire, nous devons renforcer la coopération, l’écoute et la remontée de l’information », a-t-il insisté.


Prenant la parole à son tour, Fidèle Sarassoro a dressé un bilan des opérations conduites depuis la création du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-Loi).

Selon le secrétaire exécutif du CNS, cette unité spécialisée, composée notamment de gendarmes, d’agents des Eaux et Forêts et d’éléments de la Brigade de répression des infractions aux codes miniers, a obtenu plusieurs résultats depuis sa mise en place.

Il a notamment fait état du déguerpissement de plus de 1 000 sites, du déferrement de 4 605 individus, ainsi que de la saisie de 745 pelleteuses, auxquelles s’ajoutent d’importantes quantités d’or.


Malgré ces opérations, le phénomène connaît, selon lui, un regain d’activité.

Fidèle Sarassoro a évoqué plusieurs facteurs susceptibles d’expliquer cette résurgence, notamment des complicités locales, des financements extérieurs et l’implication d’acteurs étrangers.


Face à cette situation, un atelier consacré à la lutte contre l’orpaillage illégal s’est tenu à Yamoussoukro. Ses recommandations ont ensuite été adoptées par le Conseil national de sécurité lors de sa session du 17 septembre 2026.


L’une des principales orientations consiste à placer le corps préfectoral au centre du dispositif opérationnel.


« Il s’agissait notamment de placer le corps préfectoral au centre du dispositif opérationnel », a expliqué Fidèle Sarassoro.

Le renforcement décidé par le CNS concerne notamment le GS-Loi, la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention (BSSI), ainsi que les forces locales placées sous l’autorité des préfets.


Le dispositif repose sur trois axes : le renseignement, la mobilité et la coordination.

Les comités départementaux de sécurité et les cellules civilo-militaires doivent notamment permettre de renforcer la circulation de l’information et la coordination des opérations sur le terrain.


 

Le secteur minier participe également à cet effort. Fidèle Sarassoro a salué la contribution de la Société pour le Développement Minier de la Côte d’Ivoire (SODEMI), dont le conseil d’administration a autorisé la mise à disposition du CNS de dix pick-up ainsi qu’une dotation en carburant.

Pour le secrétaire exécutif du CNS, ces équipements ne constituent toutefois qu’un moyen au service d’une stratégie plus globale.


« Ces moyens ne seront toutefois pas une fin en eux-mêmes. La pleine efficacité dépendra en effet de l’usage qui en sera fait sur le terrain », a-t-il relevé.


« Une exigence de sécurité nationale »

Au-delà des moyens matériels, les autorités misent donc sur une mobilisation collective. Élus, autorités administratives, forces de défense et de sécurité, chefs traditionnels et religieux, jeunes et femmes sont appelés à contribuer à la sensibilisation des populations et à la lutte contre l’exploitation minière clandestine.


Pour Fidèle Sarassoro, l’enjeu dépasse largement la seule question minière.

« La lutte contre l’orpaillage illégal dans notre pays est une exigence de sécurité nationale, de protection de l’environnement et de justice envers les générations futures », a-t-il déclaré.


Avec cette nouvelle dotation et le repositionnement du corps préfectoral au cœur du dispositif, les autorités ivoiriennes affichent ainsi leur volonté d’intensifier la lutte contre l’orpaillage illégal sur l’ensemble du territoire national. Reste désormais à traduire ces moyens supplémentaires en résultats durables sur le terrain, dans le respect de la loi et des populations.




Wassimagnon





 
 
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