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Côte d'Ivoire : Orpaillage illégal, le CNS sort les gros moyens et donne six mois aux forces de défense et de sécurité pour éradiquer le fléau sur l'ensemble du territoire national
 

Côte d'Ivoire : Orpaillage illégal, le CNS sort les gros moyens et donne six mois aux forces de défense et de sécurité pour éradiquer le fléau sur l'ensemble du territoire national

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 30 septembre 2026 - 21:28

Le Conseil national de sécurité (CNS) accélère la lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. À la faveur d’une cérémonie organisée ce mercredi 30 septembre 2026 à la caserne de gendarmerie d’Agban, à Abidjan, d’importants moyens roulants, nautiques et de renseignement ont été remis aux forces engagées sur le terrain. Pour les autorités, l’objectif est désormais clairement affiché : renforcer la coordination, améliorer le renseignement et intensifier les opérations afin d’éradiquer l’orpaillage illégal dans un délai de six mois.


La lutte contre l’orpaillage illégal franchit une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Le Conseil national de sécurité a procédé, mercredi, à Agban, à une importante remise de matériels destinés aux forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre l’exploitation minière clandestine.


La cérémonie était présidée par Téné Birahima Ouattara, Vice-Premier ministre, ministre de la Défense. Elle a réuni plusieurs membres du gouvernement, des responsables militaires et sécuritaires, des préfets ainsi que les différentes structures impliquées dans la lutte contre le phénomène.


Cette nouvelle dotation intervient dans le cadre de la stratégie adoptée par le CNS pour renforcer les capacités opérationnelles du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-Loi), de la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention (BSSI), de la Gendarmerie nationale et des forces locales placées sous l’autorité des préfets.


Au total, 48 véhicules pick-up, 40 véhicules de transport de troupes, 360 motos, 84 zodiacs, 35 drones et 10 GPS ont été commandés.


Pour cette première phase, 30 pick-up, 35 véhicules de transport de troupes, 300 motos, 12 zodiacs et plusieurs drones ont été remis aux unités bénéficiaires. Le reste des équipements doit être disponible dans les prochains jours.


L’objectif est d’améliorer la mobilité des forces, le renseignement, la surveillance des zones sensibles et la capacité d’intervention, notamment dans les zones forestières, les cours d’eau et les espaces difficiles d’accès.


Prenant la parole au nom de la Gendarmerie nationale, le commandant supérieur, le Général de corps d’armée Alexandre Apalo Touré, a salué l’engagement des autorités en faveur des forces de défense et de sécurité.

Il a notamment demandé au ministre de la Défense de transmettre au Président de la République les salutations et les remerciements de la Gendarmerie nationale pour les moyens mis à la disposition de l’institution.


Mais au-delà de la remise de matériel, le Général Apalo Touré a insisté sur la gravité de la situation.


« Ce qui fait la particularité, c’est que la sécurité de l’État est en jeu », a-t-il déclaré.


Selon lui, cette cérémonie traduit également la volonté des autorités de montrer que l’État accorde une attention particulière à la protection des biens et à la sécurité des populations.


Le commandant supérieur de la Gendarmerie nationale a reconnu que des résultats ont déjà été obtenus grâce au travail du GS-Loi et à la collaboration avec les agents des Eaux et Forêts. Il estime toutefois que les efforts doivent être poursuivis.


« S’il y a eu du positif, beaucoup de positif, beaucoup aussi reste à faire », a-t-il relevé.


Cette situation justifie, à ses yeux, la réorganisation du dispositif de lutte contre l’orpaillage illégal.


La nouvelle stratégie repose notamment sur une plus grande implication des autorités préfectorales.


Le Général Alexandre Apalo Touré a salué cette orientation, estimant que la proximité des préfets avec les populations constitue un atout dans la lutte contre les sites clandestins.


« Sachant que le corps préfectoral a cette proximité avec la population, vous avez bien voulu l’associer », a-t-il souligné.


 

Il a également rendu hommage à la collaboration entre la Gendarmerie nationale, les préfets et les agents des Eaux et Forêts. Pour le commandant supérieur de la Gendarmerie, cette coordination doit désormais être renforcée sur l'ensemble du territoire.


Il a appelé ses collaborateurs à faire preuve d’un engagement accru, tout en insistant sur l’éthique et l’exemplarité.


« Nous devons la faire encore de façon plus profonde afin de booster notre niveau d’engagement, afin de travailler en tenant compte de l’éthique que nous enseignent nos devises nationales et la devise de la Gendarmerie nationale : “Pour la patrie et pour la loi” », a-t-il lancé.


Le Général Apalo Touré a également adressé un avertissement aux éléments qui seraient tentés de collaborer avec les acteurs de l’orpaillage illégal.


Il a rappelé que des personnels avaient récemment été radiés et prévenu que toute implication dans des pratiques de corruption ou dans des collaborations illicites ferait l’objet de sanctions.


« Tous ceux encore qui verseront dans la corruption ou qui s’amuseront à collaborer avec les orpailleurs dans un cadre illicite seront forcément traités de la même façon », a-t-il averti.


Un message qui traduit la volonté de la hiérarchie de renforcer la discipline et l’intégrité au sein des unités chargées de combattre le phénomène.


Pour Fidèle Sarassoro, ministre, directeur de Cabinet du Président de la République et secrétaire exécutif du CNS, la nouvelle stratégie s’appuie sur plusieurs années d’opérations.

Il a rappelé que le GS-Loi, créé à l’initiative du ministre de la Défense dès 2021, a déjà obtenu plusieurs résultats.


Selon les chiffres communiqués lors de la cérémonie, les opérations ont permis le déguerpissement de plus de 1 000 sites colonisés et recolonisés, le déferrement de 4 665 individus et la saisie de 745 pelleteuses, ainsi que d’importantes quantités d’or.

Malgré ces résultats, les autorités constatent un regain des activités d’orpaillage illégal. Fidèle Sarassoro a notamment évoqué des complicités locales, des financements extérieurs et l’implication d’acteurs étrangers.

Face à cette situation, un atelier national s’est tenu les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro. Ses recommandations ont été adoptées par le CNS lors de sa session du 17 septembre 2026.


La nouvelle approche entend placer les préfets au centre de la coordination des opérations. Le dispositif prévoit notamment une meilleure utilisation des drones, une mise à jour régulière de la cartographie des sites illégaux et un renforcement du partage de renseignements entre les différents acteurs.


Fidèle Sarassoro a ainsi souligné que les nouveaux équipements doivent servir à améliorer les capacités de mobilité, de surveillance et de renseignement des forces.

La stratégie prévoit également l’implication des comités départementaux de sécurité et des cellules civilo-militaires.


Le secrétaire exécutif du CNS a par ailleurs salué la contribution de la Société pour le Développement Minier de la Côte d’Ivoire (SODEMI), qui a autorisé la mise à disposition du CNS de dix pick-up et d’une dotation en carburant, dans le cadre de sa responsabilité sociétale.


Porte-parole des bénéficiaires, le préfet du département d’Abengourou, Kouadio Kouassi Eugène, a rappelé les principales conclusions de l’atelier national de Yamoussoukro.


Selon lui, l’une des dix actions prioritaires identifiées consiste à confier au préfet la responsabilité de concevoir et de planifier les opérations de lutte contre l’orpaillage illégal avec les forces locales, avec l’appui du GS-Loi.


Cette organisation doit permettre une meilleure coordination des interventions sur le terrain.


 

« Ces forces, dans toutes leurs composantes, viennent ainsi d’être confortées et remobilisées pour une montée en puissance et pour faire face encore aux orpailleurs qui résistent sur les parcelles de terre, les cours d’eau, dans les forêts classées et dans les réserves », a déclaré le préfet.


Il a estimé que les moyens désormais mis à disposition devraient permettre de lever plusieurs difficultés rencontrées par les acteurs opérationnels.


« Les facteurs limitants et les difficultés formulées par l’ensemble des acteurs opérationnels et de coordination viennent ainsi d’être levés pour l’atteinte de l’objectif principal qui est l’éradication de ce fléau », a-t-il affirmé.


Cartographier, intervenir et surveiller

Dans les prochains jours, les autorités préfectorales entendent passer à une phase opérationnelle plus intensive.


Kouadio Kouassi Eugène a annoncé la mise à jour dynamique de la cartographie des sites illégaux grâce notamment à la collecte d’informations par drones, mais aussi auprès des chefs de villages et des leaders communautaires.


Il s’agira ensuite de planifier et d’ordonner des opérations de déguerpissement et de surveillance, aussi bien au sol que sur les cours d’eau.


La surveillance devra être assurée de jour comme de nuit et sur l’ensemble du territoire national.


Au terme de son intervention, le préfet d’Abengourou a réaffirmé l’engagement du corps préfectoral à œuvrer à l’éradication de l’orpaillage illégal dans un délai de six mois, à compter de ce mercredi 30 septembre 2026.


Avec une pointe de détermination, il a toutefois estimé que ce délai pourrait même paraître long.


« Les autorités préfectorales peuvent avec assurance réitérer l’engagement d’éradiquer l’orpaillage illégal dans un délai de six mois qui court à compter de ce mercredi 30 septembre 2026. Mais, avant de vous remercier, tout à l’heure, avec mes collègues, nous étions en train de dire que ce délai de six mois était beaucoup trop long », a-t-il déclaré.


Un signal fort alors que le gouvernement veut désormais accélérer la lutte contre l’exploitation minière clandestine.

Entre renforcement des moyens, amélioration du renseignement, implication accrue des préfets, coopération avec les communautés et exigence d’exemplarité au sein des forces, les autorités ivoiriennes veulent donner une nouvelle dimension à la lutte contre l’orpaillage illégal.


Les six prochains mois devraient ainsi constituer une période décisive pour mesurer l’efficacité de cette nouvelle stratégie sur le terrain.




Wassimagnon


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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