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Côte d'Ivoire : Cosmétiques à risque, après plusieurs semaines de démarches, le CEMC-CI fait le point et maintient la pression
 

Côte d'Ivoire : Cosmétiques à risque, après plusieurs semaines de démarches, le CEMC-CI fait le point et maintient la pression

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 01 octobre 2026 - 14:49

Marcellin Doh devant la presse (Ph Koaci)


La question de la sécurité des produits cosmétiques reste au cœur des préoccupations de la société civile et plus particulièrement du Centre d’Éducation Médicale et Citoyenne de Côte d’Ivoire (CEMC-CI). Après plusieurs semaines de démarches auprès des institutions publiques, l’organisation estime que des zones d’ombre subsistent encore sur le contrôle du marché, la classification des produits présentés comme à risque et les mesures destinées à protéger les consommateurs.


Ce jeudi 1er octobre 2026, lors d'un point presse tenu au siège de son organisation, à Yopougon, le président du CEMC-CI également porte-parole du Collectif des ONG de lutte contre la dépigmentation artificielle en Côte d'Ivoire (COLCDA) , Marcellin Doh, a assuré que l’organisation a multiplié les échanges avec différents services de l’administration afin de comprendre le fonctionnement du dispositif de surveillance et d’obtenir des réponses aux préoccupations soulevées depuis plusieurs semaines.


Au ministère du Commerce, le CEMC-CI indique avoir rencontré la Direction régionale d’Abidjan Centre 1, l’Inspection générale du ministère du commerce, la direction de la répression des fraudes et du contrôle qualité ainsi que la Direction générale du commerce intérieur. Ces rencontres ont notamment porté sur les difficultés rencontrées dans la surveillance du marché des produits cosmétiques et sur les moyens de renforcer la collaboration entre les services de l’État et les organisations de la société civile.


Selon l’ONG, l’objectif est notamment de faciliter la transmission des informations, le signalement des produits suspects et la coordination entre les différents acteurs chargés de la protection des consommateurs. Le CEMC-CI dit également souhaiter la mise en place d’un cadre formel de collaboration avec les services compétents du ministère du Commerce.


Les discussions engagées au ministère de la Santé portent, elles, sur un autre volet du dossier. Malgré le silence du ministère sur le risque que représentent les 2639 produits cosmétiques à haut risque, une attention particulière a été accordée à la question de la police sanitaire nous dit le CEMC-CI. L’organisation affirme lors d'une séance de travail avec l'inspection générale de la santé avoir attiré l’attention de l’administration sur le fonctionnement de la police sanitaire et sur la nécessité, selon elle, de renforcer son action face aux enjeux liés aux produits cosmétiques. Le CEMC-CI continue toutefois de déplorer l'absence, à ce stade, d’une réponse officielle sur les préoccupations relatives aux 2 639 produits présentés comme présentant des risques élevés.


Pour Marcellin Doh, la question ne peut pas se limiter à l’identification des produits concernés. Elle doit également permettre de comprendre comment leur niveau de risque est établi, quelles mesures sont prises lorsqu’un produit est déjà commercialisé et quelles garanties sont offertes aux consommateurs.


La restitution organisée par l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) constitue justement l’un des points sur lesquels l’ONG souhaite obtenir davantage de précisions. D’après la lecture qu’en fait le CEMC-CI, les travaux présentés ont notamment porté sur une cartographie et une classification des produits à partir de différents critères liés à leur présentation, leur emballage, leur composition déclarée et leurs caractéristiques générales.


 

L’organisation s’interroge cependant sur la place accordée aux analyses de laboratoire dans cette démarche. Elle souhaite notamment savoir si les produits concernés ont été soumis à des analyses auprès de laboratoires agréés, notamment le Laboratoire national de santé publique, avant leur classification en fonction de leur niveau de risque.


Cette interrogation rejoint une autre préoccupation du CEMC-CI : les conditions dans lesquelles les produits cosmétiques sont autorisés à être commercialisés. L’ONG demande que soient davantage expliquées les différentes étapes du processus, depuis l’évaluation d’un produit jusqu’à son autorisation, en passant par les éventuelles analyses et les contrôles effectués après sa mise sur le marché.


L’organisation affirme également avoir entrepris des démarches pour rencontrer le président du Conseil de régulation de l’AIRP. Selon son porte-parole, ces tentatives n’auraient pas encore abouti. Le CEMC-CI souhaite pouvoir exposer directement ses préoccupations à cette instance et obtenir des réponses documentées sur les points qui restent en suspens.


Face à ce qu’elle considère comme une situation nécessitant des réponses rapides, l’ONG a également saisi le Sénat et l’Assemblée nationale. Elle affirme avoir engagé depuis le 17 août 2026 des démarches auprès de plusieurs institutions, dont la Primature et différents ministères concernés.


Le CEMC-CI indique avoir saisi l'assemblée nationale et le sénat. A ce stade elle a été reçu que par le Sénat, auquel il a présenté ses préoccupations ainsi que les éléments dont il dispose. À l’issue de cette rencontre, le Sénat aurait annoncé son intention de se rapprocher de l’AIRP afin d’obtenir ses explications et de confronter les différents éléments du dossier avant d’envisager d’éventuelles suites.


Une autre attente demeure autour de la publication de la liste des produits classés selon leur niveau de risque. Le CEMC-CI rappelle que l’AIRP avait annoncé cette publication. Trois semaines après cette annonce, l’organisation affirme que cette liste n’est toujours pas disponible et estime que sa publication permettrait notamment aux consommateurs et aux différents acteurs concernés de mieux comprendre la situation.


Au-delà de la publication d’une liste, le CEMC-CI veut surtout savoir ce qui doit être fait lorsque des produits considérés comme présentant un risque sont déjà en circulation. La question de la prise en charge des consommateurs qui auraient subi des conséquences liées à l’utilisation de certains produits est également posée.


 

À travers les démarches engagées, l’ONG affirme vouloir maintenir le dialogue avec les institutions tout en demandant des réponses précises sur la régulation du secteur. Pour Marcellin Doh, les interrogations portent désormais sur l’ensemble de la chaîne de contrôle : identification des produits, méthodes de classification, analyses, autorisations de mise sur le marché, surveillance et mesures à prendre lorsque des produits problématiques sont déjà disponibles pour les consommateurs.


Le CEMC-CI estime ainsi que l’enjeu ne se limite pas à la conformité administrative des fabricants, importateurs ou distributeurs. Il concerne aussi la capacité du dispositif public à détecter les risques, à intervenir lorsque cela est nécessaire et à protéger effectivement les consommateurs.


Alors que les échanges se poursuivent entre les différentes parties, l’organisation dit attendre des autorités des éléments permettant de mieux comprendre les procédures appliquées et les mesures envisagées pour les produits concernés. Le dossier reste donc ouvert, avec, au centre des préoccupations, une question qui dépasse les seuls acteurs du secteur : quelles garanties concrètes pour les consommateurs exposés à des produits cosmétiques dont la sécurité est mise en cause ?




Jean Chresus, Abidjan


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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