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Côte d'Ivoire : Foncier, le gouvernement ouvre le chantier d'une nouvelle gestion des terres pour prévenir les conflits et stimuler l'investissement
 

Côte d'Ivoire : Foncier, le gouvernement ouvre le chantier d'une nouvelle gestion des terres pour prévenir les conflits et stimuler l'investissement

 
 
 
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© Koaci.com - lundi 05 octobre 2026 - 14:44



La première édition des Journées Foncières d’Abidjan (JFA 2026) s’est ouverte ce lundi 5 octobre au Parc des Expositions d’Abidjan-Port-Bouët. La rencontre met en lumière les avancées de la Côte d’Ivoire dans la sécurisation du foncier rural, avec notamment 5 786 villages désormais délimités et bornés, contre 284 en 2017. Pendant trois jours, acteurs publics, experts, partenaires au développement et représentants du secteur privé réfléchissent aux moyens de faire du foncier un levier de paix sociale, d’investissement et de développement durable.


La Côte d’Ivoire veut franchir une nouvelle étape dans la sécurisation de son patrimoine foncier. C’est tout le sens de la première édition des Journées Foncières d’Abidjan, organisées du 5 au 7 octobre 2026 autour du thème : « La sécurisation foncière, facteur de cohésion sociale et levier pour l’investissement productif, la création d’emplois et le développement durable ».


Placée sous le haut patronage du Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, la cérémonie d’ouverture a été l’occasion de dresser le bilan des réformes engagées ces dernières années et de mettre en perspective les défis encore à relever.


Prenant la parole à l’ouverture, Téné Birahima Ouattara a rappelé que la question foncière ne saurait être réduite à sa seule dimension économique.


« La terre est bien plus qu’un simple bien économique, elle constitue un élément essentiel de développement, de paix et de cohésion sociale », a-t-il déclaré.


Pour le Vice-Premier ministre, la sécurisation des droits fonciers, l’accès à la terre, l’urbanisation et la prévention des conflits imposent de rapprocher les pratiques coutumières du droit moderne. Il a ainsi plaidé pour une gouvernance foncière reposant sur trois principes majeurs : la sécurité juridique, la transparence et la digitalisation.


Co-président de la cérémonie, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a présenté les progrès enregistrés depuis le lancement des principales réformes foncières.


Le bilan dressé traduit une accélération significative du processus. En 2017, la Côte d’Ivoire ne comptait que 284 villages délimités et bornés, environ 4 000 certificats fonciers délivrés et aucun contrat agraire signé.


Neuf ans plus tard, les chiffres ont considérablement évolué. Le pays compte désormais 5 786 villages délimités et bornés, 61 000 certificats fonciers délivrés et 85 447 contrats agraires signés.


Pour Bruno Nabagné Koné, ces résultats témoignent de la dynamique engagée par l’État pour sécuriser les droits fonciers et prévenir les conflits liés à l’accès et à l’exploitation des terres.


 

Le ministre a également fait état d’une baisse de 30 % des conflits fonciers, selon une évaluation indépendante conduite en 2025. Une évolution qu’il attribue aux efforts entrepris dans le cadre de la politique nationale de sécurisation foncière.


Au-delà des acquis, les Journées Foncières d’Abidjan entendent ouvrir le débat sur les prochaines transformations du secteur.

La digitalisation occupe ainsi une place centrale dans les échanges. Cartographie, géomatique, collecte numérique des données, systèmes d’information foncière et intelligence artificielle figurent parmi les outils appelés à moderniser la gestion du foncier.


L’objectif est notamment d’améliorer la connaissance des territoires, de renforcer la traçabilité des droits et de faciliter l’accès aux informations foncières, tout en réduisant les risques de litiges.


Plus de 2 000 participants sont attendus au cours de ces trois journées. Professionnels du foncier, représentants de la société civile, partenaires techniques et financiers, universitaires, organisations professionnelles agricoles et acteurs du secteur privé sont réunis pour confronter leurs expériences et partager leurs solutions.


La première édition des JFA accorde également une place particulière à la coopération internationale, avec le Sénégal comme pays invité d’honneur. Le ministre sénégalais de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a salué le choix porté sur son pays et insisté sur les liens historiques et fraternels entre Dakar et Abidjan.


Il a défendu une vision du foncier comme instrument de paix, de développement économique et de cohésion sociale.

Revenant sur l’évolution du système foncier sénégalais, le ministre a évoqué les difficultés héritées de la période coloniale ainsi que les limites liées à l’absence d’un cadastre suffisamment développé pour garantir la sécurisation des droits des populations.


Cheikh Diba a également présenté les résultats du Projet de cadastre et de sécurisation foncière (PROCASEF), lancé en 2021 avec l’appui de la Banque mondiale.


Au 30 juin 2026, plus de 830 000 parcelles avaient été recensées, dont plus de 450 000 avaient achevé le processus juridique. Près de 80 000 titres d’affectation ont par ailleurs été reconnus au bénéfice des femmes.


Le Sénégal prépare désormais un Programme national de sécurisation foncière (PNSF), qui devrait progressivement couvrir l’ensemble du territoire au cours des quinze prochaines années.


Pour le ministre sénégalais, les réformes foncières doivent impérativement tenir compte des réalités locales et des pratiques des populations. « La terre ne s’accapare pas, elle se transmet », a-t-il affirmé.


 

Il a également estimé qu’« aucune réforme foncière ne peut réussir si elle ne part pas des réalités vécues par les populations ».


Dans cet esprit, Cheikh Diba a présenté la participation du Sénégal aux JFA non comme une démarche de comparaison, mais comme une opportunité de partage d’expériences.


« Le Sénégal ne vient pas donner de leçons. Il vient partager son expérience et s’enrichir en retour de la vôtre », a-t-il déclaré.


Le ministre a, par ailleurs, appelé les partenaires techniques et financiers à accompagner les ambitions du Sénégal, tout en exprimant l’intérêt de son pays pour l’expérience ivoirienne en matière de certificat foncier rural.


Pour la Côte d’Ivoire, le chantier reste considérable. Avec environ 23 millions d’hectares de terres rurales à sécuriser, le pays entend poursuivre les réformes engagées et consolider les acquis.

L’enjeu dépasse désormais la seule délivrance de documents administratifs. Il s’agit de garantir les droits des populations, de prévenir les conflits, de faciliter l’investissement productif et de créer les conditions d’une exploitation durable des ressources foncières.


À travers les Journées Foncières d’Abidjan, la Côte d’Ivoire entend ainsi inscrire la question foncière au cœur de sa stratégie de développement. Une ambition qui repose sur un principe simple : faire de la terre non plus une source récurrente de tensions, mais un instrument de paix, de sécurité juridique, d’investissement et de prospérité partagée.




Wassimagnon



 
 
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