Côte d'Ivoire : Inauguration de l'antenne régionale de l'ENS de San Pedro, une avancée majeure pour la formation des enseignants en Côte d'Ivoire
La cérémonie d’inauguration à San Pedro (DR)
Le paysage de l'enseignement supérieur ivoirien connaît une transformation profonde avec l'inauguration ce samedi de la nouvelle antenne régionale de l'École Normale Supérieure (ENS) de San Pedro. Cette cérémonie, présidée par le Professeur Adama Diawara, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, marque une étape décisive dans la politique de décentralisation éducative du pays.
Créée en janvier 1964, l'ENS de Cocody demeurait, pendant près de six décennies, la seule antenne de cette institution emblématique chargée de la formation des enseignants.
« De sa création jusqu'à l'arrivée du président Alassane Ouattara au pouvoir, l'ENS ne comptait qu'une seule antenne », a rappelé le ministre.
« Aujourd'hui, nous sommes passés d'une antenne à trois antennes », a-t-il ajouté, soulignant l'ampleur de cette mutation.
L'antenne de San Pedro, réalisée pour un coût de 7,4 milliards de francs CFA, peut accueillir jusqu'à 1300 étudiants grâce aux rotations dans les salles de cours. Elle s'ajoute à celle de Bouaké, inaugurée récemment, qui a nécessité un investissement de 7,5 milliards de francs CFA pour une capacité de 1500 apprenants.
Au total, ce sont près de 15 milliards de francs CFA (14,9 milliards exactement) qui ont été injectés dans ces deux projets d'envergure. « Ces financements proviennent du Millennium Challenge Corporation américain », a précisé le Professeur Diawara, adressant « un merci infiniment aux États-Unis d'Amérique pour ce soutien incommensurable à notre système éducatif tout court ».
Le Ministre a tenu à clarifier la philosophie derrière cette expansion.
« Dans un premier temps, c'est de la déconcentration, il faut avoir l'honnêteté de le dire, mais on va aller après vers la décentralisation », a-t-il expliqué.
Cette approche graduelle répond à certaines contraintes, notamment la pénurie d'enseignants dans des disciplines clés comme les mathématiques et la physique.
Pour le moment, l'ENS d'Abidjan continuera d'abriter l'ensemble des filières, tandis que les antennes de San Pedro et de Bouaké se spécialiseront dans des programmes correspondant à l'offre universitaire locale.
« C'est une question de mutualisation des enseignants », a martelé le ministre.
Une entente a été convenue avec le directeur de l'ENS : les antennes de San Pedro et de Bouaké accueilleront exclusivement les étudiants professeurs de collège et professeurs d'études. Les personnels d'encadrement — éducateurs, professeurs de CAFOP, inspecteurs et conseillers pédagogiques — resteront formés sur le site de Cocody.
Avec l'ajout de 2800 places (1500 à Bouaké et 1300 à San Pedro) à la capacité existante de Cocody, l'ENS pourra désormais jouer « son rôle de façon pleine et entière ».
« L'objectif est de rapprocher l'ENS des populations », a conclu le Professeur Adama Diawara, soulignant que la formation du formateur s'effectuera désormais à l'intérieur du pays, sans qu'il soit nécessaire de se déplacer jusqu'à Abidjan.
Cette inauguration représente ainsi une réponse concrète aux défis d'accessibilité et de capacité qui limitaient traditionnellement l'ENS, scellant l'engagement du gouvernement en faveur d'un système éducatif plus inclusif et décentralisé.
Donatien Kautcha, Abidjan
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