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Côte d'Ivoire: Après les élections de 2025, WANEP mobilise les acteurs pour transformer les recommandations des missions d'observation en actions concrètes
 

Côte d'Ivoire: Après les élections de 2025, WANEP mobilise les acteurs pour transformer les recommandations des missions d'observation en actions concrètes

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 07 octobre 2026 - 13:36

Après les élections présidentielle et législatives de 2025, WANEP-Côte d’Ivoire et ses partenaires veulent franchir une nouvelle étape : assurer un suivi concret des recommandations formulées par les missions d’observation électorale. Réunis mercredi 7 octobre 2026 à Abidjan, les différents acteurs du processus électoral ont travaillé à l’identification des priorités et à l’élaboration d’une feuille de route commune pour la période postélectorale.


Comment éviter que les recommandations formulées après chaque scrutin ne restent lettre morte ? C’est l’une des principales questions au cœur de l’atelier organisé mercredi 7 octobre 2026 par le Réseau Ouest Africain pour l’Édification de la Paix (WANEP-Côte d’Ivoire), avec le soutien financier de l’Union européenne.


Tenue au Capitole Hôtel d’Abidjan-Cocody Riviera Golf, la rencontre a réuni des représentants des institutions publiques, des partis politiques, de la société civile, des autorités traditionnelles ainsi que des partenaires techniques et financiers.


L’objectif était clair : relire et hiérarchiser les recommandations issues des missions d’observation électorale relatives à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 et aux élections législatives du 27 décembre 2025, puis définir les actions prioritaires à mener dans le cadre de la phase post-E-MAM.


À l’ouverture des travaux, Mme Josiane Sombo, représentante du bureau régional de WANEP, a insisté sur la nécessité de donner une portée opérationnelle aux conclusions des missions d’observation.


Selon elle, l’expérience du projet « Suivi, analyse et atténuation de la violence électorale » (E-MAM), mis en œuvre de 2023 à 2027 dans douze pays d’Afrique de l’Ouest, montre que l’observation électorale peut aller bien au-delà de la simple évaluation d’un scrutin.


La troisième phase du projet a notamment permis de suivre 13 processus électoraux, de mobiliser plus de 2 259 observateurs, d’examiner plus de 4 374 rapports d’observation et de documenter plus de 2 482 incidents électoraux.


Pour Mme Sombo, ces résultats illustrent le potentiel de l’observation électorale comme outil de prévention des conflits, de consolidation de la confiance entre les acteurs et d’amélioration de la gouvernance électorale.


Mais un défi demeure : celui de la mise en œuvre effective des recommandations.

« Il ne s’agit pas seulement d’examiner un compendium de recommandations. Il s’agit surtout de réfléchir collectivement à la manière de transformer ces recommandations en actions concrètes, réalistes et réalisables », a-t-elle souligné.

L’ambition affichée par WANEP est donc de parvenir à une liste de priorités clairement établies, à une répartition des responsabilités entre les acteurs et à un mécanisme de suivi permettant de mesurer les progrès réalisés.


Prenant la parole à son tour, Mme Martina Pecarevic, cheffe de la section politique de l’Union européenne, a placé les échanges autour d’une interrogation essentielle : que faire des nombreuses recommandations produites à l’issue des missions d’observation électorale ?


Pour la représentante de l’Union européenne, le suivi des recommandations ne doit pas être limité aux périodes électorales. Il doit s’inscrire dans une démarche continue visant à renforcer les institutions, améliorer les pratiques et consolider la confiance des citoyens.


Elle a estimé que les élections présidentielle et législatives de 2025 avaient marqué une séquence importante pour la Côte d’Ivoire, avec une évolution globalement apaisée au moment du vote. Des progrès restent toutefois nécessaires, notamment sur les plans juridique et opérationnel, mais aussi en matière de transparence et de participation citoyenne.


 

Mme Pecarevic a également attiré l’attention sur les nouvelles formes de menaces qui pèsent sur les processus électoraux, notamment la désinformation en ligne, les manipulations de l’information et certaines campagnes diffusées sur les réseaux sociaux.


Ces phénomènes, a-t-elle relevé, imposent une vigilance renforcée et des réponses coordonnées de la part des institutions, des acteurs politiques, de la société civile et des citoyens.


La représentante de l’Union européenne a par ailleurs évoqué les évolutions annoncées autour de l’architecture électorale ivoirienne. Cette dynamique de réforme pourrait, selon elle, constituer une opportunité pour intégrer les enseignements tirés des différentes missions d’observation.


Les contributions des acteurs nationaux et de la société civile pourraient également alimenter cette réflexion. À ce titre, les initiatives citoyennes, notamment le Livre blanc, ont été présentées comme des éléments susceptibles de nourrir le débat sur l’avenir du système électoral.


L’enjeu consiste désormais à faire en sorte que les expériences accumulées lors des précédents cycles électoraux puissent contribuer à l’amélioration des prochains scrutins.


Représentant la ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, Mme Avi N’Dri Rébecca épouse Donwahi a salué la mobilisation des différentes composantes de la société ivoirienne autour de cette initiative.

Elle a transmis les salutations de la ministre, empêchée, tout en réaffirmant l’intérêt de son département pour les conclusions des travaux.


Selon elle, la présence autour d’une même table de représentants des institutions, de l’administration, des formations politiques, des autorités traditionnelles, de la société civile et des partenaires au développement constitue déjà un signal positif en matière de cohésion nationale.


Elle a également rappelé qu’une élection apaisée ne se prépare pas uniquement pendant la période de campagne ou le jour du scrutin. La période postélectorale doit, elle aussi, être mise à profit pour dresser le bilan, consolider les acquis et corriger les insuffisances.


Pour la représentante du ministère, la question électorale dépasse d’ailleurs les seuls aspects juridiques et techniques. Elle touche directement à la cohésion sociale.


Les tensions liées aux élections pouvant affecter durablement les relations au sein des communautés, des quartiers et du pays, la prévention des conflits doit demeurer une priorité des politiques publiques.


Dans cette perspective, elle a rappelé le rôle de l’Observatoire de la solidarité et de la cohésion sociale (OSCS), présenté comme un mécanisme de veille et d’alerte en lien avec les organisations de la société civile pour détecter les signes de fragilité et favoriser des réponses rapides et adaptées.


 

Au-delà des discours, les participants ont été appelés à examiner les recommandations contenues dans le compendium, à identifier les plus urgentes et à déterminer les actions permettant leur mise en œuvre.


L’objectif est également de parvenir à une lecture partagée des priorités afin que les conclusions de l’atelier soient appropriées par l’ensemble des parties prenantes.


Cette approche vise à renforcer le dialogue entre les institutions publiques, les formations politiques, la société civile et les partenaires au développement, tout en donnant davantage de visibilité au suivi des recommandations issues de l’observation électorale.


La feuille de route attendue doit ainsi permettre de passer d’un catalogue de recommandations à un ensemble d’actions concrètes, avec des responsabilités identifiées et un mécanisme de suivi.

Pour WANEP-Côte d’Ivoire et ses partenaires, cette démarche constitue une étape importante dans la consolidation des acquis enregistrés lors des derniers cycles électoraux et dans la prévention des tensions futures.


L’enjeu est désormais de faire de l’observation électorale un processus qui ne s’arrête pas à la publication d’un rapport. Elle doit aussi servir de levier permanent de dialogue, de prévention des conflits et d’amélioration de la gouvernance électorale.

À l’approche des prochains cycles électoraux, la capacité des acteurs à traduire les recommandations en réformes et en actions mesurables sera donc déterminante pour consolider durablement la confiance dans le processus électoral ivoirien.




Wassimagnon




 
 
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