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Côte d'Ivoire : Leadership féminin, les femmes veulent imposer le quota de 30 % dans les compétitions électorales et réclament plus de financement pour leurs activités
 

Côte d'Ivoire : Leadership féminin, les femmes veulent imposer le quota de 30 % dans les compétitions électorales et réclament plus de financement pour leurs activités

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 09 octobre 2026 - 15:25




Renforcement de la représentation politique, révision du cadre législatif, création d’un fonds de soutien économique, budgétisation sensible au genre et transmission générationnelle : les femmes ivoiriennes entendent transformer leurs revendications en actions concrètes. Réunies dans le cadre de l’atelier de consultation des forces vives féminines et de validation de la feuille de route 2026-2030 du Programme d’appui au leadership féminin (PALF), Rebecca Yao, présidente de l’ONG Femmes Ivoiriennes en Politique (FIP), la sénatrice Dao Gabala Mariam et la ministre Sangaré Hassana Ouattara ont appelé à une mobilisation collective pour accélérer la participation des femmes aux instances de décision.


Le leadership féminin en Côte d’Ivoire entre dans une nouvelle phase de réflexion et de structuration. À travers l’atelier de consultation des forces vives féminines et de validation de la feuille de route 2026-2030 du Programme d’appui au leadership féminin (PALF), les participantes entendent donner une suite concrète aux recommandations formulées lors de la Semaine nationale des femmes bâtisseuses de la nation ivoirienne.

À l’origine de cette initiative, Rebecca Yao, présidente de l’ONG Femmes Ivoiriennes en Politique (FIP), a expliqué que cette rencontre constitue l’aboutissement d’un processus de concertation consacré à la contribution des femmes au développement national et aux perspectives de renforcement de leur leadership.


Organisée du 1er au 4 août dernier, la Semaine nationale des femmes bâtisseuses de la nation ivoirienne a permis de dresser un bilan des acquis et d’identifier les défis qui demeurent. Les trois premières journées ont été consacrées à un colloque autour du thème : « 66 ans d’indépendance, 66 ans de contribution : quels acquis pour les femmes et quelles perspectives pour demain ? »

Des femmes issues de plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, l’économie, l’éducation et la santé, ont pris part aux échanges afin d’évaluer leur contribution au développement de la Côte d’Ivoire depuis l’indépendance.


La dernière journée a, quant à elle, été consacrée à l’hommage rendu aux femmes pionnières, dont les parcours ont contribué à façonner la société ivoirienne.


Pour Rebecca Yao, il était essentiel de prolonger cette dynamique au-delà des échanges et des célébrations.

« Au terme de cette semaine, les femmes ont exprimé le souhait que les recommandations formulées ne restent pas sans suite », a-t-elle expliqué.


Cette volonté a conduit à la mise en place d’un cadre d’action structuré, destiné à traduire les propositions issues des consultations en initiatives concrètes en faveur des droits des femmes, de leur émancipation, de leur autonomisation et de leur participation aux instances de décision.

L’atelier de validation de la feuille de route du PALF s’inscrit dans cette perspective. Il a été organisé avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), sous l’égide du Sénat, et avec la participation de plusieurs acteurs institutionnels.


Parmi les principales revendications portées par Rebecca Yao figure le renforcement de la représentation des femmes dans la vie politique et au sein des instances dirigeantes.


La présidente de l’ONG FIP plaide notamment pour un renforcement des dispositions de la loi de 2019 relative à la représentation des femmes en politique. Elle propose, entre autres, de viser une proportion de 30 % de femmes têtes de liste.

Cette exigence devrait également, selon elle, être étendue aux postes ministériels, aux fonctions de décision dans les administrations publiques et privées, ainsi qu’aux postes de directeurs généraux et de présidents de conseils d’administration au sein des organisations socioprofessionnelles.


L’objectif est de favoriser une présence féminine plus importante dans les espaces où se prennent les décisions politiques, administratives et économiques.


Cette proposition rejoint les préoccupations exprimées par la sénatrice Dao Gabala Mariam, qui estime nécessaire de réexaminer le cadre législatif existant à la lumière des résultats enregistrés après plusieurs échéances électorales.


Pour cette figure de la Coalition des femmes leaders de Côte d’Ivoire, l’adoption d’une loi ne suffit pas à garantir une représentation effective des femmes. Encore faut-il que les dispositions prévues soient appliquées et accompagnées de mécanismes de suivi appropriés.


« Une loi, à elle seule, ne garantit pas son application. Il faut une véritable volonté politique, un engagement des femmes elles-mêmes et une mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés », a-t-elle souligné.

La sénatrice appelle ainsi à évaluer les dispositions existantes et à envisager leur révision si nécessaire, en tenant compte également des références panafricaines en matière d’égalité et d’équité de genre.


Au-delà des textes, elle insiste sur la nécessité de préparer les femmes à exercer pleinement leurs responsabilités politiques grâce à la formation, au renforcement des capacités et à un accompagnement adapté.


Pour Dao Gabala Mariam, l’avenir du leadership féminin dépend aussi de la capacité des pionnières à transmettre leurs expériences aux nouvelles générations.

Elle considère que les femmes qui ont ouvert la voie à une plus grande participation féminine à la vie politique ont la responsabilité de partager leurs connaissances, leurs méthodes d’action et les enseignements tirés de leurs parcours.

« Nous sommes aujourd’hui les pionnières d’un combat pour le leadership féminin, mais une nouvelle génération est en train d’émerger. Il est donc essentiel d’assurer la transmission générationnelle afin que celles qui arrivent puissent poursuivre le travail là où nous l’avons laissé et aller encore plus loin », a-t-elle déclaré.


Cette transmission doit permettre aux jeunes femmes de mieux comprendre les mécanismes politiques, de tirer profit des expériences acquises et d’éviter certaines erreurs dans leur engagement public.

La sénatrice estime que les femmes doivent disposer des compétences et des moyens nécessaires pour défendre efficacement les aspirations des populations qu’elles représentent.


 

Elle rappelle également que leur participation à la vie politique ne doit pas être considérée comme une fin en soi, mais comme un moyen de contribuer au développement du pays et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.


Évoquant la distinction qu’elle a reçue en tant que bâtisseuse de la nation, Dao Gabala Mariam y voit une reconnaissance du travail accompli, mais aussi des efforts déployés pour accompagner et former d’autres femmes désireuses de s’engager en politique.


L’enjeu, selon elle, est désormais de consolider les acquis, d’adapter les stratégies et de mettre en place des solutions capables de produire des résultats durables.


La participation des femmes aux instances de décision ne constitue pas le seul axe des recommandations présentées par Rebecca Yao. La question du financement des politiques en faveur de leur promotion occupe également une place importante dans les propositions formulées.


La présidente de l’ONG Femmes Ivoiriennes en Politique plaide pour l’adoption d’un cadre légal relatif à la budgétisation sensible au genre.


Cette approche vise à mieux prendre en compte les besoins différenciés des femmes et des hommes dans la préparation, l’allocation et l’exécution des budgets publics.


Pour Rebecca Yao, la promotion du leadership féminin ne peut reposer uniquement sur des déclarations d’intention. Elle nécessite des ressources financières identifiées et affectées aux actions prévues.

L’objectif est de garantir que les politiques en faveur des femmes disposent de moyens suffisants pour être mises en œuvre et évaluées.


Dans le domaine économique, elle recommande également la création d’un fonds de soutien aux femmes, destiné à favoriser leurs initiatives et à renforcer leur autonomie financière.


En matière d’éducation, elle préconise un vaste programme de lutte contre l’analphabétisme, particulièrement en milieu rural, où les difficultés d’accès à l’éducation peuvent limiter les possibilités d’émancipation et d’autonomisation.

Elle appelle par ailleurs à renforcer l’accompagnement des femmes dans le secteur agricole, ainsi que dans la formalisation et le développement de leurs entreprises.


Ces mesures visent à élargir les possibilités économiques des femmes et à leur permettre de participer davantage à la création de richesses.


Sangaré Hassana Ouattara appelle à des propositions solides et finançables

Présente à l’atelier, la ministre Sangaré Hassana Ouattara a réaffirmé son soutien à la démarche engagée par les femmes, qu’elle juge ambitieuse et réalisable.


Bien qu’elle n’ait pas pu participer à toutes les étapes précédentes du processus en raison d’autres engagements, elle a tenu à prendre part à cette phase de validation afin de contribuer à la réussite du programme.

Pour la ministre, la mobilisation en faveur du leadership féminin doit s’accompagner d’un travail préparatoire rigoureux. Les femmes doivent être en mesure de formuler leurs besoins, de structurer leurs propositions et de présenter des projets suffisamment solides pour convaincre les partenaires susceptibles de les financer.


« Les femmes ont toujours eu besoin de soutien. Cependant, pour obtenir cet accompagnement, elles doivent également effectuer un travail préalable, structurer leurs propositions et présenter des projets suffisamment solides pour pouvoir être financés », a-t-elle expliqué.


Cette exigence de préparation constitue, à ses yeux, une condition importante pour assurer la crédibilité et la viabilité des initiatives proposées.


La ministre a également rappelé que les participantes souhaitaient formaliser leurs recommandations dans un livre blanc. Ce document devrait permettre de structurer leurs propositions et de disposer d’une base de travail pour les échanges avec les partenaires institutionnels et financiers.

Elle a ainsi appelé les femmes à démontrer leur engagement par des actions concrètes et une mobilisation effective.


« Nous ne pouvons pas nous contenter de demander du soutien sans démontrer notre engagement, notre volonté d’agir et notre capacité à proposer des solutions concrètes », a-t-elle insisté.


 

Pour Sangaré Hassana Ouattara, la réussite du PALF suppose donc une responsabilité partagée : les partenaires doivent accompagner les initiatives pertinentes, tandis que les femmes doivent continuer à s’organiser, à unir leurs compétences et à démontrer leur capacité à conduire des projets réalisables.


Au-delà des recommandations sectorielles, les différentes interventions convergent vers une même exigence : transformer les ambitions affichées en résultats concrets et mesurables.


Rebecca Yao reconnaît que des premiers soutiens existent déjà, notamment grâce à la mobilisation du PNUD, des partenaires au développement et de l’exécutif. Elle estime toutefois que la pérennité du programme dépendra aussi de la capacité des femmes à travailler ensemble et à bâtir un cadre d’action viable.


Les initiatives proposées devront être réalistes, réalisables et assorties d’objectifs permettant d’évaluer les progrès accomplis.

De son côté, Dao Gabala Mariam insiste sur l’importance d’une volonté politique forte, d’une meilleure application des dispositions légales et d’un renforcement des capacités des femmes appelées à exercer des responsabilités.


Sangaré Hassana Ouattara met, pour sa part, l’accent sur la nécessité de présenter des projets structurés, capables de mobiliser des ressources et de produire des effets tangibles.


Ces différentes approches soulignent la complémentarité des leviers nécessaires à la promotion du leadership féminin : un cadre juridique adapté, des financements disponibles, des compétences renforcées et une mobilisation durable des actrices concernées.


La validation de la feuille de route 2026-2030 du Programme d’appui au leadership féminin marque une étape dans la structuration des initiatives en faveur de la participation des femmes à la vie publique et au développement économique.


Les recommandations formulées couvrent plusieurs domaines, allant de la représentation politique à l’éducation, en passant par l’accès aux ressources financières, l’entrepreneuriat et la place des femmes dans les instances de décision.


La prochaine étape consistera à traduire ces orientations en actions concrètes, à mobiliser les ressources nécessaires et à définir des mécanismes permettant d’en suivre la mise en œuvre.


Pour Rebecca Yao, l’enjeu est de faire en sorte que les recommandations issues des consultations ne restent pas lettre morte. Pour Dao Gabala Mariam, il s’agit de consolider les acquis et de préparer une nouvelle génération de femmes leaders. Quant à Sangaré Hassana Ouattara, elle appelle à démontrer, par des propositions solides et un engagement effectif, la capacité des femmes à contribuer à la réussite du programme.


À travers le PALF, les actrices mobilisées entendent ainsi faire progresser la représentation féminine, renforcer l’autonomie économique des femmes et favoriser leur accès aux responsabilités.

L’ambition est désormais claire : faire de la période 2026-2030 un temps de concrétisation, durant lequel les recommandations formulées pourront se traduire en avancées tangibles pour les femmes ivoiriennes.



Wassimagnon




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