Côte d'Ivoire : Hôpital mère-enfant de Bingerville, Dominique Ouattara redonne espoir aux enfants malades du coeur, un nouveau pôle de chirurgie cardiaque pédiatrique ultramoderne inauguré
L’Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara de Bingerville a franchi une nouvelle étape dans le développement de la médecine spécialisée avec l’inauguration, vendredi 9 octobre 2026, de son pôle de cardiologie pédiatrique.
Présidée par Dominique Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire et présidente de la Fondation Children of Africa, la cérémonie a réuni le ministre de la Santé, Pierre N’Gou Dimba, des professionnels de santé et des partenaires internationaux. Cette nouvelle infrastructure ambitionne d’améliorer la prise en charge des enfants atteints de malformations cardiaques, de réduire les évacuations sanitaires à l’étranger et de renforcer les compétences médicales locales.
Un enfant atteint d’une malformation cardiaque doit pouvoir être soigné sans que sa famille soit contrainte de chercher à l’étranger les moyens de lui sauver la vie. C’est l’ambition portée par le nouveau pôle de cardiologie pédiatrique de l’Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara (HME) de Bingerville, inauguré le vendredi 9 octobre 2026.
Cette infrastructure spécialisée vient renforcer les capacités de l’établissement dans le diagnostic, le traitement et le suivi des pathologies cardiaques chez les nouveau-nés et les enfants. Elle ouvre également de nouvelles perspectives pour les familles confrontées à des maladies nécessitant des interventions chirurgicales complexes.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont les Premières Dames d’Angola, Ana Afonso Dias Lourenço, et du Bénin, Nathalie Villette-Wadagni, ainsi que du ministre ivoirien de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba. Des professionnels de santé, des responsables hospitaliers et des partenaires techniques ont également pris part à l’événement.
Pour Dominique Ouattara, présidente de la Fondation Children of Africa, l’ouverture de ce pôle répond à une urgence sanitaire et sociale. Les cardiopathies congénitales figurent parmi les principales causes de mortalité infantile dans le monde. En Côte d’Ivoire, selon les chiffres avancés lors de la cérémonie, une naissance sur cent est concernée par ces malformations, et 50 à 60 % des enfants atteints auraient besoin d’une intervention chirurgicale.
« Et pourtant, une cardiopathie congénitale n’a rien d’une fatalité », a souligné la Première Dame, rappelant que, lorsqu’elles sont correctement diagnostiquées et prises en charge, ces pathologies peuvent être traitées efficacement. Elle a notamment indiqué que 95 % des enfants opérés atteignent l’âge adulte.
L’enjeu est donc de permettre à davantage de jeunes patients d’accéder rapidement à des soins adaptés, sans que les contraintes géographiques ou financières ne compromettent leurs chances de guérison.
Le nouveau pôle dispose de blocs opératoires adaptés à la chirurgie cardiaque pédiatrique, notamment à cœur ouvert, de 20 lits de néonatalogie et de réanimation néonatale, de 22 lits dédiés à la chirurgie pédiatrique, ainsi que d’un plateau technique destiné à l’exploration cardiologique.
Ces équipements doivent permettre de dépister précocement les anomalies cardiaques, d’assurer le suivi des enfants et de réaliser des interventions adaptées à leur état de santé.
« Nous voulons donner à tous nos enfants une chance de vivre et de construire leur avenir », a déclaré Dominique Ouattara, exprimant le souhait qu’aucun enfant ne soit privé de soins cardiaques en raison de sa situation familiale.
La Première Dame a également salué l’engagement des donateurs, des équipes médicales et administratives, ainsi que des partenaires qui ont contribué à la réalisation du projet. Elle a particulièrement mis en avant le rôle de la Fondation Children of Africa et de ses partenaires sanitaires dans le développement de cette offre de soins.
Prenant la parole au nom du conseil d’administration et du personnel de l’établissement, Hachim Diop, directeur général de l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, a présenté le chemin parcouru depuis l’ouverture de la structure en mars 2018.
Selon lui, l’activité de l’hôpital a connu une progression importante. D’après les chiffres communiqués lors de la cérémonie, l’établissement est passé de moins de 2 000 actes médicaux par mois à plus de 15 000, huit ans après son ouverture.
Cette évolution témoigne, selon le directeur général, du renforcement progressif des capacités de l’établissement, de la structuration de ses services et de la montée en compétences de ses équipes.
En 2024, l’hôpital a également ouvert la Maison de Vie, une structure d’accueil qui a déjà reçu près de 500 familles. Cette initiative vise à accompagner les patients et leurs proches dans leur parcours de soins.
Hachim Diop a par ailleurs indiqué que les patients les plus vulnérables représentent environ 25 % de l’activité de l’établissement, soulignant l’importance de l’accès aux soins pour les populations disposant de ressources limitées.
Il a salué la contribution des partenaires médicaux, notamment la Chaîne de l’Espoir et le Centre cardio-pédiatrique de Dakar, dont l’expertise et l’accompagnement ont participé à la préparation du nouveau pôle.
Le directeur général a également insisté sur la nécessité de développer les complémentarités avec les établissements sanitaires ivoiriens, en particulier l’Institut de cardiologie d’Abidjan et le Centre hospitalier universitaire de Bouaké.
Pour lui, l’ouverture de cette unité constitue une nouvelle étape dans le développement de l’HME. Il revient désormais aux équipes de faire fonctionner durablement cette infrastructure, de poursuivre la formation des professionnels et de garantir aux patients une prise en charge répondant aux exigences de qualité et de sécurité.
Le professeur Gérard Babatasi mise sur le diagnostic précoce et la formation
Chef du service de chirurgie cardiaque du pôle, le professeur Gérard Babatasi a exprimé sa satisfaction de contribuer à la création de ce centre à Abidjan, une ville où il a vécu ses 18 premières années.
Chirurgien cardiaque et partenaire de longue date de la Chaîne de l’Espoir, il a rappelé que l’idée de développer une unité de cardiologie pédiatrique au sein de l’Hôpital Mère-Enfant avait émergé dès 2020, en collaboration avec les professeurs Deloche et Cheysson.
Le spécialiste a insisté sur l’importance d’un diagnostic précoce, déterminant pour améliorer les résultats des interventions et limiter les complications liées à l’évolution des maladies cardiaques.
Il a également attiré l’attention sur les cardiopathies valvulaires acquises, notamment celles qui peuvent survenir à la suite d’un rhumatisme articulaire aigu consécutif à une infection streptococcique. Ces pathologies viennent s’ajouter aux malformations cardiaques congénitales et renforcent les besoins en soins spécialisés.
La mise en place du pôle a nécessité des investissements techniques et humains importants. Le dispositif repose notamment sur des équipements d’imagerie de dernière génération, des sondes d’échographie adaptées aux nouveau-nés, un bloc opératoire réaménagé et une machine cœur-poumon artificiel permettant de réaliser certaines interventions à cœur ouvert.
En parallèle, des équipes ivoiriennes ont bénéficié de formations dans plusieurs structures partenaires, notamment à Caen, à Paris, à Dakar et à l’Institut de cardiologie d’Abidjan.
Cette stratégie doit favoriser le transfert de compétences et permettre aux professionnels locaux de prendre progressivement en charge des interventions de plus en plus complexes.
Le professeur Babatasi a précisé que l’activité chirurgicale avait débuté chez des nourrissons et des enfants avec des interventions à cœur fermé, avant le développement de la chirurgie à cœur ouvert avec circulation extracorporelle.
L’objectif est notamment de contribuer à réduire les listes d’attente et d’offrir une solution thérapeutique aux enfants qui, faute d’expertise disponible, ne bénéficient pas toujours des soins nécessaires.
Au-delà de la dimension médicale, le chirurgien a souligné les conséquences sociales de ces maladies. La prise en charge sur place permettrait de limiter les dépenses liées aux évacuations sanitaires et de réduire le poids financier et psychologique supporté par les familles.
S’adressant à Dominique Ouattara et à la Fondation Children of Africa, il a exprimé sa reconnaissance pour leur contribution à la concrétisation de ce projet.
Pour le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, l’ouverture du pôle dépasse la simple mise en service d’une nouvelle infrastructure hospitalière.
Il y voit une avancée dans la capacité de la Côte d’Ivoire à traiter sur son propre territoire des pathologies pédiatriques complexes, tout en renforçant l’accès aux soins spécialisés.
Le ministre a salué l’engagement de la Première Dame dans le développement de la santé maternelle et infantile, citant l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville comme l’une des réalisations qui illustrent cette orientation.
Il a notamment souligné que la nouvelle unité permettra d’envisager des interventions de chirurgie cardiaque à cœur ouvert chez les nouveau-nés et les jeunes enfants en Côte d’Ivoire.
Cette évolution pourrait contribuer à réduire progressivement le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger, souvent associé à des dépenses importantes et à de lourdes contraintes pour les familles.
« Investir dans la santé des enfants, c’est investir dans l’avenir de notre pays », a rappelé le ministre, insistant sur la nécessité de placer les besoins des patients au centre des politiques sanitaires.
Pierre N’Gou Dimba a toutefois souligné que la performance des équipements ne saurait suffire à garantir l’excellence des soins. La disponibilité de professionnels qualifiés, la formation continue, le transfert de compétences et la coopération scientifique constituent, selon lui, des conditions essentielles à la réussite du projet.
Il a ainsi appelé à faire de ce pôle non seulement un centre de soins, mais également un espace de formation, d’innovation, de recherche et de transmission des savoirs.
Le ministère entend, pour sa part, poursuivre son accompagnement en favorisant les partenariats entre l’Hôpital Mère-Enfant et les autres établissements sanitaires du pays. Les priorités portent notamment sur la qualité et la sécurité des soins, le développement des compétences et l’accès équitable aux traitements spécialisés.
Le ministre a enfin exprimé le souhait que cette nouvelle infrastructure ouvre une nouvelle ère pour la cardiologie pédiatrique en Côte d’Ivoire et permette à un nombre croissant d’enfants de grandir en bonne santé.
La réalisation du pôle de cardiologie pédiatrique repose sur une collaboration entre la Fondation Children of Africa, l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville et plusieurs partenaires médicaux.
Parmi eux figure la Chaîne de l’Espoir, dont le président, le professeur Éric Cheysson, a été salué pour son accompagnement de longue date. L’organisation a contribué au développement du projet et à la préparation des équipes appelées à intervenir dans cette nouvelle unité.
Le professeur Gabriel Cissé, directeur du Centre cardio-pédiatrique de Dakar, a également été associé aux remerciements pour son rôle dans l’accueil et la formation des professionnels ivoiriens. Le professeur Euloge Kramo Kouadio, directeur général de l’Institut de cardiologie d’Abidjan, figure lui aussi parmi les partenaires cités lors de la cérémonie.
Cette coopération régionale et internationale constitue un levier important pour consolider les compétences nationales, favoriser le partage d’expérience et améliorer progressivement la prise en charge des maladies cardiaques infantiles.
La présence de professionnels issus de différentes structures hospitalières ivoiriennes a également permis de souligner la nécessité d’une approche collective, afin d’assurer une meilleure orientation des patients et de renforcer les liens entre les établissements.
Au-delà des équipements et des capacités chirurgicales, l’ouverture du pôle répond à une préoccupation centrale : permettre aux enfants atteints de maladies cardiaques de bénéficier de soins adaptés dans leur pays.
Pour les familles, la possibilité de faire diagnostiquer, opérer et suivre leur enfant à Bingerville représente une perspective nouvelle. Elle peut également contribuer à limiter les déplacements à l’étranger, les séparations familiales et les dépenses liées aux traitements spécialisés.
La réussite du projet dépendra désormais de la capacité des équipes à assurer le fonctionnement continu de l’unité, à maintenir un haut niveau de sécurité médicale et à poursuivre le renforcement des compétences locales.
L’enjeu est également de rendre ces soins accessibles au plus grand nombre, notamment aux familles les plus vulnérables.
En inaugurant ce pôle, Dominique Ouattara et la Fondation Children of Africa entendent ainsi contribuer à une meilleure prise en charge des cardiopathies pédiatriques en Côte d’Ivoire. Pour les professionnels de santé réunis à Bingerville, cette nouvelle infrastructure constitue une étape importante dans le développement de la médecine spécialisée et dans la volonté de donner aux enfants atteints de maladies cardiaques de meilleures chances de survie et d’épanouissement.
Wassimagnon
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