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Côte d'Ivoire :Finances publiques, l'expérience ivoirienne, un modèle pour accélérer les paiements numériques dans la zone UEMOA
 

Côte d'Ivoire :Finances publiques, l'expérience ivoirienne, un modèle pour accélérer les paiements numériques dans la zone UEMOA

 
 
 
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© Koaci.com - dimanche 11 octobre 2026 - 18:30

En intégrant la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Trésor public ivoirien franchit une étape importante dans la modernisation des finances publiques. Cette avancée, qui facilite l’exécution et le suivi des transactions financières, constitue une expérience dont les autres États membres pourraient s’inspirer pour accélérer la digitalisation des paiements et améliorer le recouvrement des recettes publiques.


La transformation numérique des finances publiques s’affirme comme un enjeu majeur pour les États de l’UEMOA. Entre la nécessité d’améliorer la mobilisation des ressources intérieures, la recherche d’une plus grande transparence et la volonté de simplifier les démarches administratives, la digitalisation des paiements apparaît comme un levier stratégique. Dans cette dynamique, la Côte d’Ivoire se distingue par l’intégration de son Trésor public à la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI), mise en place par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).


Selon la BCEAO, le Trésor public ivoirien satisfait aux exigences et aux normes techniques de cette infrastructure régionale, sur laquelle il exécute régulièrement des paiements de masse. Cette intégration marque une évolution importante dans la gestion des flux financiers de l’État et ouvre de nouvelles perspectives pour la modernisation des services publics financiers.


Grâce à son intégration à la PI-SPI, le Trésor public de Côte d’Ivoire peut effectuer et recevoir différents types de paiements, notamment les salaires, les bourses, les subventions, les impôts et les taxes. L’interopérabilité de la plateforme permet de réaliser ces opérations indépendamment de l’établissement financier auprès duquel est domicilié le compte du bénéficiaire ou du contribuable, sous réserve des conditions techniques applicables.


L’un des principaux atouts de ce dispositif réside également dans la possibilité de suivre les opérations en temps réel. Une telle fonctionnalité contribue à améliorer la visibilité sur les mouvements financiers et à renforcer le suivi des transactions effectuées par les administrations publiques.


Au-delà de la rapidité des échanges, cette évolution participe à la simplification des procédures de paiement et à l’amélioration de l’expérience des usagers. Pour les particuliers comme pour les entreprises, le recours à des moyens de paiement numériques interopérables peut réduire certaines contraintes liées aux démarches administratives et faciliter l’acquittement des obligations financières envers l’État.


Si la modernisation des paiements constitue un premier acquis, l’un des enjeux majeurs demeure l’amélioration du recouvrement des recettes publiques. Dans un contexte où les États cherchent à accroître leurs ressources internes pour financer leurs politiques de développement, la dématérialisation des transactions offre des possibilités intéressantes.


L’utilisation de solutions de paiement interopérables peut faciliter le règlement des impôts, des taxes et des autres recettes non fiscales. Elle peut également contribuer à améliorer la traçabilité des encaissements, à réduire les délais de traitement et à limiter certaines difficultés liées aux circuits traditionnels de paiement.


 

Pour les administrations financières, la disponibilité d’informations actualisées sur les transactions représente un atout pour le suivi des recettes et le pilotage de la trésorerie publique. Elle peut aussi faciliter les rapprochements comptables et améliorer la qualité des données nécessaires à la prise de décision.


Toutefois, les effets de ces dispositifs sur la mobilisation effective des recettes dépendent également de plusieurs facteurs, notamment leur adoption par les usagers, la fiabilité des systèmes d'information, l'adaptation des procédures administratives et la qualité du suivi des opérations.


L’expérience ivoirienne met en lumière les possibilités offertes par les infrastructures de paiement numérique dans la transformation de la gestion publique. Elle souligne aussi l’intérêt, pour les autres États membres de l’UEMOA, d’accélérer les démarches nécessaires à l’intégration de leurs Trésors publics à la PI-SPI.


La généralisation de ces outils à l’échelle communautaire pourrait contribuer à rapprocher les administrations financières des citoyens et des opérateurs économiques. Elle favoriserait également le développement de pratiques de paiement plus harmonisées, tout en facilitant les échanges entre les différents acteurs des systèmes financiers de l’Union.

Pour concrétiser ces perspectives, plusieurs défis restent à relever. Les administrations concernées doivent notamment disposer d'infrastructures techniques adaptées, renforcer les compétences de leurs équipes et ajuster leurs procédures de paiement et de recouvrement aux exigences de l’interopérabilité.


La sécurisation des transactions, la protection des données et la continuité des services constituent également des conditions essentielles à la réussite de cette transformation. À cela s’ajoute la nécessité de sensibiliser les contribuables et les bénéficiaires des paiements publics afin de favoriser l’utilisation effective des nouveaux moyens de paiement.


Consciente des enjeux liés à cette évolution, la BCEAO indique apporter un accompagnement aux autres Trésors publics de l’Union en vue de leur intégration progressive à la plateforme régionale.


Cet appui vise à faciliter l’appropriation du dispositif par les administrations concernées et à favoriser une modernisation plus cohérente des systèmes de paiement publics dans l’espace communautaire. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des paiements numériques, d’inclusion financière et de modernisation des infrastructures financières ouest-africaines.


L’accompagnement technique et institutionnel apparaît déterminant pour permettre aux États de surmonter les difficultés liées à la mise en conformité des systèmes, à l’interconnexion des infrastructures existantes et à l’adaptation des processus administratifs.


 

À terme, une intégration plus large des Trésors publics à la PI-SPI pourrait contribuer à améliorer l’accessibilité des services financiers publics et à renforcer l’efficacité des opérations de paiement et d’encaissement.


Vers des finances publiques plus accessibles et plus transparentes

Pour les populations et les opérateurs économiques, la digitalisation des paiements publics laisse entrevoir plusieurs avantages : des transactions potentiellement plus rapides, des démarches simplifiées et un accès facilité aux services financiers de l’État. Pour les administrations, elle représente une occasion d’améliorer le suivi des flux financiers, de renforcer la traçabilité des opérations et d’optimiser la gestion de la trésorerie publique.


Ces bénéfices restent toutefois tributaires de la qualité du déploiement des solutions, de leur accessibilité et de leur appropriation par les usagers. La réduction des disparités numériques et le maintien de solutions adaptées aux personnes les moins familiarisées avec les outils digitaux devront également être pris en compte.


À travers la PI-SPI, la BCEAO poursuit ainsi ses efforts en faveur de la modernisation des paiements et du renforcement de l’interopérabilité financière dans l’UEMOA.

L’intégration du Trésor public ivoirien constitue, à cet égard, une illustration concrète des évolutions possibles dans la gestion numérique des finances publiques. Elle met en évidence l’intérêt d’une coopération régionale renforcée pour faciliter les paiements, améliorer le suivi des recettes et accompagner la transformation des administrations.


Pour les autres États membres, l’enjeu est désormais de tirer parti de cette dynamique afin d’accélérer leur propre transition numérique. La modernisation des paiements et du recouvrement des recettes publiques pourrait ainsi contribuer à bâtir des administrations financières plus performantes, plus accessibles et mieux adaptées aux exigences de l’économie numérique.


Wassimagnon


 
 
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