Burkina Faso : Des interpellations après des appels à la destruction d'églises et de mosquées
Plusieurs individus ont été interpellés au Burkina Faso ce mardi 13 octobre, après la diffusion d'une vidéo appelant à la destruction des lieux de culte chrétiens et musulmans.
L'information a été rapportée par l'Agence d'Information du Burkina (AIB).
Les personnes interpellées se présentent comme des défenseurs des religions traditionnelles.
Le groupe comprend des hommes et des femmes, dont un créateur de contenu sur les reseaux sociaux.
La séquence, partagée sur les réseaux sociaux, montre un intervenant principal s'exprimant en langue mooré.
Il affirme sa volonté de voir les mosquées et les églises disparaître du territoire burkinabè.
Il déclare notamment : « Nous avons dit que les mosquées et les églises vont quitter le Burkina Faso. Ce n'est pas de la négociation ».
Il évoque également la possibilité d'introduire des pratiques traditionnelles dans les lieux de culte musulmans et chrétiens.
Il dit vouloir se rendre à La Mecque et à Médine pour y installer des espaces dédiés aux pratiques traditionnelles, en incitant les musulmans à abandonner l'islam.
Il tient un propos similaire pour Jérusalem et Bethléem, en souhaitant que les chrétiens renoncent à leur foi.
La vidéo se termine par une phrase détournant la devise nationale : « La Patrie ou la Mort Nous Vaincrons ! Mais s'ils ne nous aiment pas ? Vous mourrez alors ».
Selon la presse locale, les personnes interpellées devront dans un premier temps effectuer des travaux d'intérêt commun en dehors de Ouagadougou.
Elles devront ensuite répondre de leurs actes conformément aux dispositions légales en vigueur relatives aux libertés religieuses.
La législation burkinabè garantit à chaque citoyen la liberté de croire ou de ne pas croire. Elle interdit toute discrimination fondée sur la religion et prévoit des sanctions contre les discours de haine. Les auteurs de tels discours encourent des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.
Cette interpellation intervient alors que la préservation de la coexistence pacifique entre les différentes communautés religieuses constitue un enjeu majeur pour le Burkina Faso.
Boa, Ouagadougou
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