Guinée-Bissau : Hépatite B, polémique autour d'un essai clinique sur 14 000 nourrissons
Un essai clinique sur la prévention de l’hépatite B chez les nouveau-nés a été autorisé à reprendre en Guinée-Bissau, malgré les critiques qu’il suscite et les réserves de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Menée par des chercheurs danois, l’étude prévoit de recruter 14 000 nourrissons, dont la moitié ne recevrait pas le vaccin à la naissance pendant les six premières semaines de vie, contrairement aux recommandations de l’organisation onusienne.
Suspendu au début de l’année après une vague de contestations, le projet bénéficie désormais de l’approbation des autorités bissau-guinéennes et du comité d’éthique de l’Université du Danemark du Sud.
Son financement partiel par les États-Unis a également attiré l’attention, dans un contexte marqué par les critiques répétées du ministre américain de la Santé, Robert F. Kennedy Jr., à l’égard des vaccins.
Lors d’une conférence organisée le mois dernier par des opposants à la vaccination, Robert F. Kennedy Jr. a salué les chercheurs à l’origine de l’étude.
Paul Offit, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital pour enfants de Philadelphie, estime qu’un tel essai serait difficilement envisageable aux États-Unis en raison des questions éthiques qu’il soulève, dénonçant le risque de soumettre des enfants africains à une expérimentation qui ne serait pas acceptée dans son propre pays.
Le nouveau protocole prévoit désormais un dépistage de l’hépatite B chez les mères avant l’accouchement.
Cette précaution ne permettrait toutefois pas d’écarter tous les risques, le test présentant un taux de faux négatifs de 5 %, selon des informations rapportées notamment par The Guardian.
Ces modifications n’ont pas convaincu l’ensemble du comité d’éthique danois. Plusieurs membres opposés à l’étude ont démissionné, dont Stig Børsen Hansen, membre fondateur de l’instance et l’un des experts chargés de présenter le projet.
Il dénonce de graves problèmes éthiques et considère que les nouveau-nés sont exposés aux conséquences d’une expérimentation controversée.
Le débat est particulièrement sensible en Guinée-Bissau, où environ 18 % des adultes seraient porteurs du virus de l’hépatite B.
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
