Burkina Faso : Le chargement de 75.000 francs qui valait en realité 295 millions FCFA
Derrière des tonnes de clinker, matière grise et banale destinée aux chantiers, la douane a trouvé onze colis qui contenant 150 000 comprimés de tapentadol d’une valeur marchande estimée à 295 180 650 FCFA.
L'opération de saisie a été présentée ce mercredi par le Directeur général des Douanes, l'inspecteur divisionnaire Yves Kafando.
Elle fait suite à l’interpellation de deux hommes : Koara Issa, présenté comme le propriétaire de la marchandise, et Lamboni Lorimpo, chauffeur togolais du camion immatriculé au Togo.
Selon le chauffeur, les colis lui ont été remis à Dapaong, au Togo, avec la consigne qu'il s'agissait de boissons en sachet.
Il devait percevoir 75 000 FCFA pour acheminer la marchandise jusqu’en Côte d’Ivoire.
Parti de nuit, celui-ci dit n'avoir ni vérifié, ni demandé ce qu'on chargeait. C'est au poste de contrôle, à la frontière, qu'il découvre la nature réelle de la cargaison: 15.000 plaquettes de Tapentadol.
Le propriétaire, lui, tient un autre récit. Il reconnaît être le propriétaire des produits qui devaient être acheminés jusqu'en Côte d'Ivoire, pour alimenter les sites d'orpaillage.
Il dit être en infraction et demande pardon aux autorités.
Une fois la saisie faite, le propriétaire aurait proposé 2,5 millions de FCFA aux agents pour récupérer les colis et poursuivre la route vers la Côte d'Ivoire. L'offre a été rejetée par les gabelous.
L’écart résume tout : 75 000 francs promis au chauffeur, 295 millions espérés par le propriétaire, et 2,5 millions proposés aux douaniers pour laisser passer la marchandise.
Selon le directeur général Yves Kafando, ce dossier illustre la cupidité extrême de certaines personnes.
Pendant que les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) se battent pour que le pays reste debout, des importateurs véreux introduisent des produits qui détruisent cette même jeunesse.
Le tapentadol est un opioïde dont la puissance dépasse largement celle du tramadol, déjà responsable de ravages dans la région.
A 250 mg, dosage que plusieurs régulateurs n'ont pas approuvé, il provoque dépendance rapide, vertiges, somnolence, troubles de la concentration et surtout dépression respiratoire pouvant être fatale.
Mélangé à d'autres substances, il entre dans la composition du kush, cette drogue de rue qui transforme des jeunes en ombres.
Le cas du Burkina n'est pas isolé. Au Ghana, la commission des narcotiques a intercepté un camion de 40 pieds chargé de cinq millions de comprimés de tapentadol 250 mg, en route vers le Niger.
Au Mali, à Sikasso le 12 octobre, 37 550 comprimés ont été saisis sur six femmes venues de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso.
Six jours plus tôt à Hérémakono, 14 500 comprimés de Tapentadol Royal 250 mg ont été retirés de deux passagères de bus.
A Ouagadougou, la marchandise saisie sera soumise à la procédure tandis que l’enquête va remonter la chaîne, de Dapaong à la destination ivoirienne, en passant par les orpailleurs qui constituent le marché final.
Boa, Ouagadougou
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