Cameroun : CAF, Motsepe sous pression, pourquoi le nom de Samuel Eto'o revient parmi les probables successeurs
L'enquête du Guardian du 13 octobre relance le jeu de la succession à la tête de la Confédération africaine de football (CAF). Parmi quatre noms cités, celui Samuel Eto'o président de la FECAFOOT s'impose par son aura et son assise et son assise sur le continent.
Le revirement est brutal et il a fragilisé Patrice Motsepe. Selon l'enquête du Guardian publiée ce mardi 13 octobre par Ed Aarons et Romain Molina, le président de la CAF a annoncé lors de la conférence stratégique du Cap-Vert un retour probable de la Coupe d'Afrique des Nations à un cycle de deux ans. Dix mois plus tôt, en décembre 2025, la même CAF avait acté le passage à un cycle de quatre ans après 2028, avec une Ligue des Nations africaine annuelle en contrepartie.
Cité par Reuters, Motsepe a reconnu: "Nous avons discuté ces derniers jours et nous examinons tout, y compris le retour de la CAN tous les deux ans". Le vote final est attendu à Abidjan en novembre.
Mais au-delà de la fréquence de la CAN, c'est la méthode qui a heurté. Le Guardian rapporte que "la plupart des présidents d'associations nationales n'étaient pas informés que Motsepe avait l'intention d'annoncer le changement jusqu'à ce que la question soit soulevée au Cap-Vert". Un malaise qui s'ajoute à un autre signal: Motsepe, présent depuis 2021, a confirmé qu'il ne briguera pas de troisième mandat en 2029. Il a aussi, au Cap-Vert, promis le "soutien inconditionnel" et "unanime" des 54 membres à Gianni Infantino pour sa réélection à la FIFA en mars.
Dans ce contexte de fin de cycle, le quotidien britannique cite quatre profils qui circulent comme potentiels successeurs: Samuel Eto'o (Cameroun), Ahmed Yahya (Mauritanie), Yacine Idriss Diallo (Côte d'Ivoire) et Souleiman Waberi (Djibouti). Le journal précise qu'aucune candidature formelle n'a été annoncée.
Pourquoi Eto'o?
Parmi les quatre, Eto'o est le seul à cumuler trois capitaux rares: légende du football africain à l'aura panafricaine, président d'une fédération majeure et membre du Comité exécutif de la CAF, parlant plusieurs langues et avec un réseau à la FIFA.
Sur le dossier de la CAN, son positionnement est naturellement populaire. De nombreuses fédérations, dont les plus modestes, tirent l'essentiel de leurs revenus et de leur visibilité des primes de participation à la CAN. Le retour à un cycle biennal est pour elles une bouffée d'oxygène, à l'inverse du cycle quadriennal qui les aurait privées de ressources.
Mais le tableau a ses zones d'ombre. Eto'o, sa gestion de la FECAFOOT a été marquée par des contentieux devant la FIFA et le TAS en 2024-2025, et par des tensions internes très médiatisées. Sur l'échiquier électoral de la CAF, qui se joue à 54 voix, il lui manque encore deux verrous: rallier l'Afrique du Nord (UNAF) et l'Afrique australe (COSAFA), qui votent souvent en bloc, et s'imposer au sein de l'UNIFFAC, dont il n'est pas président.
Face à lui, Ahmed Yahya, ancien candidat en 2021, a le profil du rassembleur institutionnel. Yacine Diallo bénéficie du poids de la Côte d'Ivoire, pays hôte d'une des dernières CAN. Souleiman Waberi est un apparatchik respecté de la CAF.
Rien n'est joué
Faut-il croire au départ annoncé de Motsepe? Le milliardaire sud-africain a souvent laissé planer le doute avant de rempiler. Son soutien anticipé à Infantino peut aussi se lire comme une monnaie d'échange pour sécuriser sa sortie.
Pour Eto'o, l'équation est claire. Pour transformer la notoriété en 28 voix, il devra passer du statut de légende à celui de bâtisseur de coalition. Le nom revient, parce que dans une CAF en quête de visibilité mondiale, un ancien Ballon d'Or africain pèse. Reste à savoir si cela suffit pour présider une institution qui exige plus de gestion que de buts. Sur cet aspect il a gagné en expérience à la Fecafoot.
Selon The guardian ces quatre noms circulent comme successeurs potentiels, dont Eto'o. Aucune candidature n'est encore officielle.
En 2026, on est dans le temps des positionnements, pas des candidatures.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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