Côte d'Ivoire : Mammographie à 2 000 FCFA, soins gratuits pour des enfants, nouveau centre d'oncologie.., le gouvernement renforce son dispositif anticancer
À l’occasion du Conseil des ministres tenu ce mercredi 14 octobre 2026 au Palais présidentiel, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle a présenté les avancées enregistrées par la Côte d’Ivoire dans la lutte contre le cancer. Renforcement des infrastructures sanitaires, subvention de certains traitements, gratuité de la prise en charge de plusieurs catégories de patients et multiplication des campagnes de dépistage : le gouvernement entend améliorer les chances de survie des malades et faciliter l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire national.
La lutte contre le cancer demeure une priorité de santé publique en Côte d’Ivoire. Lors de sa communication au Conseil des ministres de ce mercredi 14 octobre 2026, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle a fait le point sur les mesures mises en œuvre pour renforcer la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge des personnes atteintes de cette maladie.
Face à cette pathologie qui continue de représenter un défi sanitaire majeur, les autorités ivoiriennes multiplient les initiatives pour améliorer l’accès aux soins et réduire le poids financier des traitements pour les patients et leurs familles.
Le cancer constitue un enjeu majeur pour le système de santé ivoirien, avec environ 20 000 nouveaux cas évoqués chaque année dans la communication du ministre. Parmi les pathologies concernées figurent notamment les cancers du sein et du col de l’utérus, qui nécessitent une attention particulière en matière de prévention et de dépistage.
Le cancer du sein reste particulièrement préoccupant en raison de sa fréquence et de l’importance du diagnostic précoce dans l’amélioration du pronostic des patientes. Les autorités sanitaires insistent ainsi sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des populations et d’encourager les femmes à se faire dépister régulièrement.
Le ministre a également rappelé que les hommes ne sont pas épargnés par cette maladie, même si certains cancers sont beaucoup plus rares dans la population masculine.
Pour le gouvernement, l'enjeu est donc double : détecter les cancers le plus tôt possible et garantir aux patients un accès à des soins adaptés, sans que le coût des traitements constitue un obstacle insurmontable.
Pour répondre à ces besoins, la Côte d’Ivoire a engagé des efforts visant à renforcer son dispositif national de lutte contre le cancer. Plusieurs structures spécialisées participent déjà à la prise en charge des malades, notamment le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie, ainsi que l’Institut d’études nucléaires d’Abidjan, cité dans la communication ministérielle.
Ces infrastructures contribuent à améliorer les capacités nationales en matière de diagnostic, de traitement et de suivi des patients.
Le gouvernement prévoit également de renforcer davantage ce dispositif avec la mise en service annoncée d’un nouveau centre national spécialisé en oncologie médicale et en radiothérapie à Abidjan. Selon les indications communiquées lors du Conseil des ministres, cette infrastructure devrait être équipée de technologies médicales de pointe et ouvrir avant la fin de l’année 2026, probablement au mois de décembre.
Cette nouvelle structure devrait permettre de compléter l’offre nationale de soins, notamment en matière de radiothérapie, un maillon essentiel du traitement de plusieurs types de cancers.
Au-delà du renforcement des infrastructures, le gouvernement mise sur la réduction du coût des traitements pour améliorer l’accès aux soins.
Le ministre a souligné les efforts consentis pour rendre certains médicaments anticancéreux plus accessibles grâce à des mécanismes de subvention mis en place dans le cadre de conventions avec de grandes entreprises pharmaceutiques.
Grâce à ces dispositifs, certains traitements dont le coût pouvait atteindre plusieurs millions de francs CFA peuvent désormais être proposés à des prix fortement réduits, voire à un coût quasi nul pour les patients éligibles aux programmes concernés.
Cette politique vise à limiter les dépenses supportées par les familles et à éviter que les contraintes financières ne compromettent la continuité des soins.
La prise en charge des cancers pédiatriques bénéficie également d'une attention particulière. À l’Hôpital mère-enfant de Bingerville, un pavillon est entièrement consacré aux enfants atteints de cancer. Selon les chiffres avancés par le ministre, environ 90 % des enfants pris en charge dans ce cadre bénéficieraient de soins gratuits.
Cette mesure constitue un levier important pour améliorer l’accès aux traitements spécialisés des enfants et alléger les charges financières de leurs familles.
Malgré les progrès enregistrés, le dépistage précoce demeure l’un des principaux défis à relever. Le ministre a rappelé que plus un cancer est détecté tôt, plus les chances de réussite du traitement sont importantes.
Dans cette perspective, les campagnes de sensibilisation organisées pendant le mois d’Octobre rose occupent une place centrale dans la stratégie nationale de prévention, particulièrement contre le cancer du sein.
La communication ministérielle fait état d’environ 6 000 dépistages réalisés chaque année. Les autorités entendent renforcer cette dynamique en encourageant les populations à se rapprocher des structures sanitaires pour bénéficier des examens recommandés.
Pour faciliter l’accès aux prestations, des campagnes de dépistage sont organisées dans plusieurs établissements de santé, avec des mesures de réduction des coûts. Le ministre a notamment évoqué un tarif de 2 000 francs CFA pour la prestation de mammographie dans le cadre du dispositif annoncé.
L’objectif est de lever les obstacles financiers qui empêchent encore certaines femmes de se faire dépister et de favoriser une détection plus précoce de la maladie.
La lutte contre le cancer ne concerne pas uniquement les populations vivant dans les grandes agglomérations. Le gouvernement entend également améliorer l’accès au dépistage dans les zones rurales et les localités éloignées des centres hospitaliers spécialisés.
À cet effet, un dispositif de mammographie mobile a été déployé afin de rapprocher les examens des femmes qui ne disposent pas facilement d’un établissement de santé à proximité.
Cette initiative vise à réduire les inégalités géographiques d’accès aux soins et à renforcer la prévention dans les zones où les déplacements vers les centres de santé peuvent représenter une contrainte importante.
Le ministre a par ailleurs souligné le rôle des centres hospitaliers régionaux et des hôpitaux généraux dans le dispositif national de dépistage. Le renforcement de leurs équipements doit contribuer à une meilleure couverture sanitaire et à une orientation plus rapide des patientes vers les structures spécialisées lorsque cela est nécessaire.
Les efforts engagés par les autorités sanitaires commencent, selon le ministre, à produire des résultats encourageants. La communication fait notamment état d’une amélioration du taux de survie à cinq ans, qui aurait doublé, ainsi que de progrès dans la prise en charge des patients atteints de cancer.
Ces avancées témoignent de l’importance des investissements dans les infrastructures médicales, de l’accès aux traitements et du développement des programmes de dépistage.
Au-delà des indicateurs sanitaires, le gouvernement souhaite également faire évoluer la perception de la maladie au sein de la société. Longtemps associé à une fatalité, le cancer peut, dans de nombreux cas, être mieux traité lorsque le diagnostic est posé suffisamment tôt et que le patient bénéficie d’une prise en charge adaptée.
La sensibilisation demeure donc essentielle pour combattre les idées reçues, encourager le recours aux soins et rappeler l’importance du suivi médical.
À travers les actions menées dans le cadre d’Octobre rose, les autorités ivoiriennes entendent intensifier la sensibilisation au cancer du sein et promouvoir le dépistage auprès des femmes.
Le message du ministre est clair : la prévention et le dépistage précoce doivent devenir des réflexes. Les progrès thérapeutiques et les efforts financiers consentis par l’État ne peuvent produire pleinement leurs effets que si les malades consultent à temps et accèdent rapidement aux examens nécessaires.
Avec le développement de nouvelles infrastructures, la subvention de certains traitements, le renforcement du dépistage et le déploiement de dispositifs mobiles, la Côte d’Ivoire entend consolider sa stratégie nationale de lutte contre le cancer.
Le défi reste désormais de garantir la continuité de ces efforts, d’élargir leur portée à l’ensemble du territoire et de permettre au plus grand nombre de bénéficier d’une prise en charge précoce, accessible et adaptée.
Wassimagnon
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