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Burkina Faso : « Une révolution ne meurt pas de ses ennemis du dehors », mais de la « division de ses gardiens », selon Traoré
 

Burkina Faso : « Une révolution ne meurt pas de ses ennemis du dehors », mais de la « division de ses gardiens », selon Traoré

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 15 octobre 2026 - 17:10



Travailler le matin, se recueillir l’après-midi : c’est la formule retenue par le gouvernement du Burkina Faso, qui a appelé au recueillement en mémoire de Thomas Sankara, le père de la révolution burkinabè.


Depuis janvier, une loi a inscrit le 15 octobre dans le calendrier légal des journées de commémoration et de recueillement.


Ce 15 octobre, le pays travaille une demi-journée pour se souvenir du père de la révolution burkinabè.


Le recueillement de cette année revêt donc un sens particulier. Il n’est pas festif. Le programme est sobre : montée des couleurs, dépôt de gerbe au mémorial Thomas-Sankara à 8 h 30, puis cérémonie d’hommage.


« Thomas Sankara n’est pas tombé sous les coups de l’ennemi qu’il combattait à visage découvert. Il est tombé sous les coups de ceux qui partageaient sa table, son uniforme et son serment », a écrit le capitaine Ibrahim Traoré dans un discours lu par le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo.


La leçon du 15 octobre, selon lui, est claire : « Une révolution ne meurt pas seulement de la méchanceté de ses ennemis du dehors ; elle meurt, avant tout, de la division fratricide de ses propres gardiens. Quand la confiance se fissure entre camarades, l’ennemi n’a plus besoin d’assaut. »


« La fidélité au combat est d’abord la fidélité entre nous. La vigilance commence par le refus de la calomnie, du soupçon entretenu, du mot malveillant qui divise. Un révolutionnaire qui sème la division parmi les siens travaille, qu’il le veuille ou non, pour l’adversaire », a-t-il poursuivi.


 

Une allusion directe à la période actuelle, marquée notamment par la mobilisation du 30 septembre dernier à l’occasion du quatrième anniversaire de la Révolution progressiste populaire.


« Le Burkina Faso de 2026 n’est pas celui de 1987. Ce qu’ils ont cru détruire s’est régénéré. Ce qu’ils ont cru ensevelir est ressorti de terre, plus fort », a déclaré le capitaine Traoré.


Revenant sur l’année 1983, le président a rappelé le point de départ : un pays « qu’on disait condamné, classé parmi les derniers à tous les niveaux, dont on se moquait jusqu’au nom », devenu en quatre ans un pays de millions d’arbres plantés, de dispensaires, d’écoles, de femmes aux plus hautes sphères et d’un chemin de fer construit « à la force des bras et de la volonté ».


« Ce n’était pas un miracle. C’était la preuve qu’aucune pauvreté ne prédestine un peuple à la mendicité », a-t-il déclaré, citant Thomas Sankara : « Qui ne s’aime pas ne peut pas aimer les autres. »


Et de marteler : « Une idée ne meurt pas sous les balles assassines de l’adversité ; elle meurt seulement lorsqu’on cesse de la défendre. »


Le gouvernement a également communiqué des chiffres : du 19 mai 2025, date d’ouverture des visites au public, au 30 septembre 2026, le Mémorial Thomas-Sankara a enregistré plus de 200 000 visiteurs, générant environ 130 millions de francs CFA au profit du Projet de construction des infrastructures du Mémorial (PCIM-INTS).


« Loin d’être un lieu de deuil, cette place est un temple du savoir et de la vie », a-t-il insisté. Il a salué les ministères, les institutions et les personnes physiques ayant contribué à la campagne « Ma brique pour Sankara », avant de lancer un appel à une participation massive.


Il a également salué la municipalité du 3e arrondissement de Rome, qui vient de baptiser un parc du nom de Sankara : « La preuve que Thomas Sankara appartient désormais au patrimoine de l’humanité tout entière. »


 

Pendant 27 ans, le nom de Sankara n’a pas eu de place dans le calendrier officiel. Son mausolée n’existait pas. Son procès n’avait pas encore eu lieu.


Aujourd’hui, son corps et ceux de ses douze compagnons reposent, depuis le 17 mai 2025, dans un mausolée situé au sein du Mémorial, qui comprend également un musée, une bibliothèque et des archives.


Un cérémonial militaire mensuel s’y tient chaque premier jeudi à 16 heures.


C’est la première fois que la mémoire de Sankara est traitée comme une institution.


« L’hommage le plus fidèle n’est pas entaché de larmes ni de discours : il est fait de soldats qui tiennent la ligne sans fléchir, de champs cultivés, d’usines qui transforment nos matières premières, d’enfants qui apprennent pour être utiles demain, de citoyens qui refusent la corruption et la division », a affirmé le capitaine Ibrahim Traoré.


Le 6 avril 2022, un tribunal militaire a condamné Blaise Compaoré et le général Gilbert Diendéré pour l’assassinat de Thomas Sankara en 1987.


Boa, Ouagadougou


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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