Cameroun : Conseil constitutionnel, Rémy Nama 69 ans, prend la tête 12 jours après la mort de Clément Atangana
Rémy Nama 69 ans Nouveau président du conseil constitutionnel (Ph)
Nommé par décret le vendredi 16 octobre au soir, le magistrat hors hiérarchie succède à Clément Atangana décédé à Paris. Une nomination express qui met fin à 12 jours de vacance à la tête de l'institution chargée de veiller sur la Constitution.
Douze jours. C'est le temps qu'aura duré la vacance à la tête du Conseil constitutionnel. Le décret n°2026/334 signé vendredi 16 octobre 2026 par le Président Paul Biya met fin à une parenthèse institutionnelle ouverte le 4 octobre avec le décès de Clément Atangana à l'Hôpital américain de Paris.
L'urgence n'était plus tenable. Depuis le 5 octobre, c'est le Pr Paul Nchoji Nkwi, 86 ans, doyen des membres, qui assurait l'intérim conformément à la loi n°2004/004. Mais la Constitution ne prévoit aucune suppléance automatique pour le président. Il fallait nommer. C'est désormais chose faite.
32 ans dans l'ombre du Palais
Le choix du chef de l'État s'est porté sur Rémy Nama. Né le 1er octobre 1957 à Obala, dans le département de la Lékié, il est âgé de 69 ans. C'est un pur produit de l'École nationale d'administration et de magistrature (ENAM) et un magistrat hors hiérarchie au parcours méthodique.
Sa carrière commence loin du Palais. Premier poste : Bertoua (Est), comme substitut du procureur de la République. Puis Garoua, comme juge. Il rejoint ensuite Yaoundé, au ministère de la Justice, en qualité de chef du service de l'exécution des peines.
Le tournant intervient en 1994. Il est appelé à la présidence de la République. Attaché, puis chargé de mission au Secrétariat général, il ne quittera plus le Palais de l'Unité. 32 ans de service continu au cœur de l'appareil d'État. Un homme de l'ombre, connaisseur des rouages juridiques de la Présidence, très éloigné du profil universitaire de ses prédécesseurs.
Célérité ?
Deux décrets ont été pris le même jour. Le second, le n°2026/333, porte nomination de deux membres pour compléter les 11 sièges du Conseil. Abdoulaye Daouda fait son entrée, en remplacement de Bah Oumarou Sanda, décédé le 7 août à Yaoundé à 86 ans.
Cette double nomination n'est pas anodine. Le Conseil constitutionnel est l'instance qui tranche les contentieux liés aux élections législatives à venir et qui, le cas échéant, a pour mission constitutionnelle de constater la vacance de la Présidence. Le laisser incomplet pendant longtemps était un risque institutionnel, surtout alors que la dépouille de Clément Atangana n'est arrivée à Yaoundé que jeudi 15 octobre.
Contrairement à 2018 où Paul Biya avait d'abord nommé Clément Atangana comme membre avant de le désigner président par un second décret le même jour, la procédure a été directe cette fois : nomination immédiate à la présidence.
Ce magistrat chevronné hérite d'une lourde responsabilité. Premier président depuis la création du Conseil en 2018, Clément Atangana avait proclamé les résultats des présidentielles de 2018 et 2025. Son successeur devra assurer la continuité et l'autorité d'une institution encore jeune, mais centrale dans l'architecture constitutionnelle.
Sa prestation de serment est attendue dans les prochains jours devant le Parlement réuni en Congrès.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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