Côte d'Ivoire : Développement du territoire ivoirien, des experts livrent au gouvernement les recettes pour rendre les villes plus attractives
Faire des territoires des acteurs à part entière de la croissance nationale. Telle est l’ambition affichée par Africa One Forums à travers « Territoires & Avenir », une initiative qui a mobilisé, pendant douze jours, des représentants des pouvoirs publics, des collectivités territoriales, du secteur privé, du monde financier et des experts.
La rencontre organisée à Abidjan, ce vendredi 16 octobre a marqué la dernière étape de cette tournée consacrée aux enjeux du développement territorial. Après avoir parcouru sept territoires stratégiques, les initiateurs entendent désormais capitaliser sur les contributions recueillies pour proposer des orientations susceptibles d’accompagner les transformations économiques et urbaines du pays.
Le Tchologo, Korhogo, Bouaké, Yamoussoukro, San-Pédro, Assinie et Abidjan ont constitué les différentes étapes de cette démarche. Dans chacune de ces localités, les discussions ont porté sur les réalités économiques, les besoins des populations et les possibilités de développement propres aux territoires concernés.
Trois grandes priorités ont structuré les échanges à savoir, l’attractivité territoriale, le développement des pôles urbains et le logement. L’objectif est de mieux cerner les conditions nécessaires pour stimuler l’activité économique locale, renforcer le potentiel des villes et favoriser l’émergence de nouveaux espaces de croissance.
La nécessité de mieux valoriser les régions s'inscrit dans les orientations de la politique nationale de développement. Représentant le ministre du Plan et du Développement, le directeur de cabinet adjoint, Kouakou Kouadio Clément, a rappelé le rôle central des territoires dans la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.
Il a notamment insisté sur la place de l’équilibre régional dans les ambitions du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
« La réduction des disparités régionales n’est pas un objectif annexe, mais le cœur du Plan national de développement (PND) 2026-2030 », a-t-il déclaré.
Cette orientation souligne l’importance d’une croissance qui ne repose pas uniquement sur les grands centres économiques, mais qui permette également aux autres régions de mieux exploiter leurs ressources, de développer leurs activités et d'attirer davantage d'investissements.
Pour les promoteurs de « Territoires & Avenir », cette ambition nécessite une meilleure prise en compte des spécificités locales dans la définition des politiques publiques. Elle suppose également un dialogue renforcé entre les autorités nationales, les collectivités territoriales et les opérateurs économiques.
Après les consultations menées dans les sept territoires, l’heure est désormais à la synthèse des propositions. Africa One Forums prévoit de rassembler les principales contributions dans un mémorandum destiné aux plus hautes autorités de l’État. Sa remise est annoncée pour novembre 2026.
Le document sera élaboré sous la coordination du comité scientifique présidé par Habib Mbengue. Il devra restituer les préoccupations exprimées sur le terrain et dégager des recommandations susceptibles d’orienter les actions en faveur du développement territorial.
Pour Hassan Alaoui, président de One Africa Forums, l’intérêt de cette initiative réside précisément dans sa capacité à créer un espace d’échange entre les différents acteurs concernés.
L’enjeu dépasse donc la simple organisation de rencontres. Il s’agit de faire converger les propositions des acteurs publics et privés vers des pistes d’action concrètes, adaptées aux besoins des territoires et compatibles avec les priorités nationales.
La concrétisation de ces recommandations dépendra toutefois de la capacité des différentes parties prenantes à coordonner leurs interventions, à mobiliser les financements nécessaires et à assurer le suivi des mesures retenues.
Au cœur des réflexions figure également la question de la viabilité économique des villes ivoiriennes. Pour Habib Mbengue, président du comité scientifique de l’initiative, le développement urbain ne peut se limiter à la construction d’infrastructures ou à l’extension des espaces bâtis.
Il doit d’abord reposer sur une activité économique suffisamment dynamique pour soutenir la vie locale et assurer la pérennité des investissements.
« Une ville, c’est d’abord son animation économique, mais c’est surtout sa viabilité », a-t-il souligné.
Cette approche place l’économie locale au centre des stratégies d’aménagement. Le renforcement des activités productives, l’attraction des entreprises et la création de nouvelles opportunités économiques apparaissent ainsi comme des conditions importantes pour consolider le développement des villes de l’intérieur.
La question du logement constitue un autre volet de cette réflexion. Son intégration aux discussions traduit la volonté d'aborder conjointement les enjeux économiques, urbains et sociaux liés à l'évolution des territoires.
L'attractivité régionale implique en effet, de considérer non seulement les possibilités d'investissement, mais aussi les conditions dans lesquelles les populations peuvent vivre, travailler et accéder aux services essentiels.
Avec la clôture de cette tournée, « Territoires & Avenir » ouvre une nouvelle phase consacrée à la formalisation de ses propositions. Les recommandations attendues en novembre devront permettre de passer du diagnostic aux pistes d'intervention.
Africa One Forums entend ainsi favoriser une coopération plus étroite entre l'État, les collectivités territoriales, les entreprises et les institutions financières. Cette concertation est présentée comme un levier pour faciliter les investissements, accompagner les transformations urbaines et renforcer les économies locales.
Il reste désormais à déterminer dans quelle mesure les propositions issues des consultations pourront être traduites en décisions et en projets concrets.
Outre le mémorandum annoncé, le principal défi sera de faire émerger des actions adaptées aux réalités de chaque territoire et capables de produire des effets durables sur l'activité économique et les conditions de vie des populations.
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est de taille. Il s'agira de faire du développement régional un véritable moteur de croissance, tout en réduisant les écarts entre les territoires. C’est à l’aune de la mise en œuvre des recommandations attendues que pourra être appréciée la portée de cette initiative.
Wassimagnon
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