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Côte d'Ivoire : Crises internationales, Sidi Touré appelle l'Afrique à anticiper pour préserver sa souveraineté
 

Côte d'Ivoire : Crises internationales, Sidi Touré appelle l'Afrique à anticiper pour préserver sa souveraineté

 
 
 
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© Koaci.com - dimanche 18 octobre 2026 - 16:35


Face à la multiplication des crises internationales et à leurs répercussions sur les économies africaines, le Centre d’études prospectives (CEP) plaide pour une anticipation accrue des risques et une meilleure maîtrise des dépendances stratégiques du continent. À l’occasion de la 8e édition du Club prospective, organisée le samedi 17 octobre 2026 à Abidjan, Sidi Tiémoko Touré, président du conseil d’administration du CEP et ministre des Ressources animales et halieutiques, a dégagé trois enseignements majeurs pour renforcer la résilience des États africains et préserver leur liberté d’action.


Comment permettre aux États africains de mieux faire face aux crises internationales et d’en limiter les répercussions économiques, sécuritaires et stratégiques ? Cette problématique était au centre de la 8e édition du Club prospective du Centre d’études prospectives (CEP), organisée le samedi 17 octobre 2026 au Novotel, au Plateau, à Abidjan.


Placée sous le thème « L’Afrique face aux crises internationales : entre dépendance, vulnérabilité et liberté d’action », cette rencontre s’est tenue sous la forme d’un panel, en marge de la réunion de l’Alliance parlementaire libérale africaine (ALPA).


Des parlementaires venus de la République démocratique du Congo (RDC), d’Afrique du Sud et du Sénégal, aux côtés de leurs homologues ivoiriens, ont croisé leurs analyses afin d’identifier des pistes d’action susceptibles de réduire l’exposition des États africains aux bouleversements de l’environnement international.


Au cœur des échanges : la nécessité de mieux comprendre les vulnérabilités du continent, de renforcer ses capacités d’anticipation et de définir des stratégies adaptées à un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques, des perturbations économiques et une concurrence accrue autour des ressources stratégiques.


Les discussions se sont articulées autour de trois sous-thèmes complémentaires.

Le premier, consacré aux enjeux économiques et sécuritaires des mutations de l’environnement international et à la multiplication des crises pour les États africains, a été présenté par Dominique Munuongo Inamizi, députée congolaise, rapporteure du Réseau des femmes parlementaires (REFEPA) et membre de la Commission de l’égalité des chances.


Le deuxième sous-thème, portant sur la cartographie des principales dépendances et vulnérabilités des États africains, notamment dans les domaines économique, énergétique, alimentaire, sécuritaire, technologique et stratégique, a été développé par le député sénégalais Djimo Souaré, membre de la Commission des finances et du contrôle budgétaire ainsi que de la Commission du développement durable.


Enfin, le député sud-africain Darren Bergman, porte-parole chargé de la planification, du suivi et de l’évaluation, a présenté les principaux leviers de résilience et de liberté d’action, assortis de recommandations stratégiques.


Au terme des échanges, les participants ont souligné l’importance de la prospective et du rôle des parlements dans la construction d’une Afrique plus forte, capable d’anticiper les chocs extérieurs et de préserver ses marges de manœuvre dans un environnement international en constante évolution.


Prenant appui sur les réflexions menées lors de cette rencontre, Sidi Tiémoko Touré, président du conseil d’administration du CEP et ministre des Ressources animales et halieutiques, a dégagé trois enseignements essentiels pour l’avenir du continent.


 

Le premier enseignement concerne la révélation des fragilités structurelles des économies africaines. Selon lui, les crises internationales mettent en évidence les vulnérabilités du continent et en amplifient les conséquences sur les populations.


« Les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les fluctuations des prix de l’énergie et des produits alimentaires rappellent que les décisions prises loin de nos frontières peuvent avoir des conséquences directes sur nos économies et nos populations », a-t-il souligné.


Si ces chocs ne sont pas toujours prévisibles dans leur forme ou leur intensité, leurs effets peuvent néanmoins être mieux maîtrisés grâce à des outils d’analyse performants, des mécanismes d’alerte et des stratégies d’anticipation adaptées.


Le deuxième enseignement porte sur la nécessité de transformer l’interdépendance internationale en un atout plutôt qu’en une source de vulnérabilité.


Pour Sidi Touré, l’Afrique ne peut se soustraire aux échanges internationaux, mais elle doit mieux maîtriser les conditions de son insertion dans l’économie mondiale.

Cette ambition passe notamment par la diversification des partenariats, le renforcement des capacités productives locales et le développement de solutions alternatives dans les secteurs stratégiques.


L’enjeu est de faire de l’ouverture du continent sur le monde un véritable levier de développement, plutôt qu’une dépendance susceptible de fragiliser durablement ses économies en période de crise.


Le troisième enseignement appelle à passer du diagnostic à l’action. Pour le responsable du CEP, la résilience ne s'improvise pas lorsque survient une crise. Elle se construit en amont, grâce à la qualité des décisions publiques, à la solidité des institutions, à la coordination des acteurs et à la capacité des États à envisager plusieurs scénarios d’évolution.


« La liberté d’action des États dépend aussi de leur aptitude à anticiper les risques, à éclairer leurs choix et à conserver des marges de manœuvre lorsque les circonstances internationales deviennent défavorables », a-t-il expliqué.


À travers ces trois enseignements, Sidi Touré invite ainsi les décideurs africains à inscrire l’anticipation et la planification stratégique au cœur de leurs politiques publiques.


Le CEP annonce un forum international sur les dépendances stratégiques

Ces réflexions confortent le Centre d’études prospectives dans sa mission d’accompagnement du développement durable en Afrique, à travers la mise en relation des idées, des décideurs et des solutions innovantes au service d’un avenir partagé et prospère.


Dans cette perspective, Sidi Touré a annoncé la tenue, le 3 décembre 2026 à Abidjan, du Forum international du leadership et de la prospective (ILF). Cette rencontre sera consacrée aux chaînes d’approvisionnement critiques en Afrique, aux scénarios de rupture et aux moyens de réduire la vulnérabilité des États à l’horizon 2035.


 

Les travaux devraient permettre d’approfondir l’analyse des dépendances stratégiques du continent, d'identifier les risques susceptibles de perturber les économies africaines et d'explorer les leviers à mobiliser pour renforcer la résilience et l’autonomie stratégique des États.


« Au CEP, nous sommes convaincus que la prospective doit contribuer à éclairer les décisions. C’est cette ambition qui guide nos initiatives et que nous souhaitons poursuivre avec l’ensemble de nos partenaires », a affirmé Sidi Touré.


Au-delà du diagnostic, la rencontre d’Abidjan a mis en évidence un impératif : permettre aux États africains de mieux anticiper les bouleversements mondiaux afin de limiter leurs conséquences sur leurs économies et leurs populations.


Si le continent ne peut maîtriser l’ensemble des crises internationales, il dispose néanmoins de leviers pour en réduire les effets, renforcer ses capacités d'adaptation et défendre ses intérêts avec davantage de cohérence.


La prospective apparaît ainsi comme un outil essentiel d’aide à la décision, susceptible d’accompagner les gouvernements africains dans la préparation de l’avenir et la préservation de leur autonomie stratégique. Un défi qui suppose une mobilisation durable des institutions, des parlementaires et des acteurs économiques autour d’une vision commune du développement du continent.



Wassimagnon




 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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