Côte d'Ivoire : Décentralisation, les collectivités réclament plus de moyens pour répondre aux attentes des populations
Au terme de trois jours de travaux, la 4ᵉ édition du Salon des collectivités territoriales, achevée le samedi 17 octobre 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan, a mis en lumière les défis de la décentralisation en Côte d’Ivoire. Les participants appellent notamment à un renforcement des ressources financières et humaines des collectivités, à la création d’une fonction publique territoriale et à l’accélération des réformes en faveur des élus locaux.
Donner aux communes et aux régions les moyens d’assumer pleinement leurs responsabilités demeure un enjeu majeur de la décentralisation en Côte d’Ivoire. C’est l’un des principaux enseignements de la 4ᵉ édition du Salon des collectivités territoriales, qui s’est achevée le samedi 17 octobre au Parc des Expositions d’Abidjan, après trois jours d’échanges et de réflexion.
Présentant la synthèse des travaux, le préfet hors grade Gervais Coulibaly a souligné la nécessité d’accompagner le transfert des compétences de l’État vers les collectivités par des ressources humaines et financières adaptées. Pour les participants, la décentralisation ne peut se limiter à l’attribution de nouvelles responsabilités aux élus locaux : elle doit également leur permettre de disposer des moyens nécessaires à la réalisation de projets au bénéfice des populations.
Parmi les principales recommandations figure la création d’une fonction publique territoriale. Cette réforme vise à permettre aux collectivités de recruter et de disposer de personnels qualifiés pour assurer durablement les missions qui leur sont confiées.
Sur le plan financier, les participants ont plaidé pour une augmentation des ressources transférées aux collectivités territoriales. Ils ont notamment évoqué le principe communautaire de l’UEMOA prévoyant, selon les échanges, l’affectation de 20 % des ressources nationales aux collectivités.
L’objectif est de renforcer leur capacité à financer les infrastructures, à améliorer les services de proximité et à mettre en œuvre des projets répondant aux besoins des habitants. Les participants ont également recommandé la révision du statut des élus locaux et la signature des actes déjà préparés afin de permettre l’application effective des mesures envisagées.
Représentant le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le directeur adjoint de cabinet Jean Boka a salué la qualité des échanges et rappelé le rôle stratégique des collectivités territoriales dans le développement national.
Selon lui, le développement durable de la Côte d’Ivoire repose sur des collectivités fortes, responsables et innovantes, capables d’améliorer les conditions de vie des populations. Il a également insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective associant l’État, les collectivités, le secteur privé, les partenaires au développement, la société civile et les populations.
À la clôture des travaux, la commissaire générale du Salon, Penda Dramera, a salué l’engagement des équipes et des différents acteurs ayant contribué à la réussite de cette édition. Elle a rappelé que le développement du pays se construit aussi au cœur des territoires.
La prochaine édition du Salon est annoncée pour 2028. D’ici là, l’enjeu sera de traduire les recommandations formulées en mesures concrètes. Car, au-delà du transfert des compétences, la réussite de la décentralisation se mesurera surtout à la capacité des collectivités territoriales à répondre efficacement aux besoins des populations.
Wassimagnon
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