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Côte d'Ivoire : Ouattara et l'Union africaine misent sur l'intégration du continent et des solutions africaines aux crises
 

Côte d'Ivoire : Ouattara et l'Union africaine misent sur l'intégration du continent et des solutions africaines aux crises

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 20 octobre 2026 - 14:37


Reçu en audience par le président Alassane Ouattara au Palais présidentiel, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a évoqué plusieurs enjeux majeurs pour le continent. De la crise au Sahel à l’intégration économique, en passant par la création d’une agence africaine de notation financière et la résolution des conflits régionaux, les échanges ont mis en lumière la nécessité de renforcer la coopération entre États africains et de mobiliser davantage les ressources du continent.


La coopération entre la Côte d’Ivoire et l’Union africaine était au cœur de l’audience accordée par le président Alassane Ouattara à Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, en fin de matinée, au Palais présidentiel.


Au sortir de cette rencontre, le responsable de l’organisation continentale a indiqué être venu consulter le chef de l’État ivoirien sur plusieurs questions stratégiques, notamment la paix, la sécurité et l’intégration africaine.


Mahmoud Ali Youssouf a rappelé qu’Alassane Ouattara est le champion de l’Union africaine pour l’Agenda 2063, le programme stratégique qui définit les ambitions de développement du continent à long terme. Il a également souligné le rôle de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest et son importance dans les dynamiques continentales.


Parmi les sujets abordés figure la situation au Sahel, notamment les relations entre les pays de la région et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).


Pour le président de la Commission de l’UA, il est essentiel de favoriser la sortie de l’isolement des pays sahéliens et de créer les conditions de leur réintégration dans l’espace communautaire. Il a toutefois rappelé que le retour à l’ordre constitutionnel constitue un préalable important.


Mahmoud Ali Youssouf a néanmoins insisté sur la nécessité de maintenir la coopération avec les populations des pays concernés, malgré la suspension politique imposée aux États ayant connu des changements anticonstitutionnels de gouvernement.


Selon lui, les sanctions politiques ne doivent pas entraîner l’interruption des partenariats en matière de développement. Une approche qu’il présente comme partagée par Alassane Ouattara, d’autres dirigeants africains et la Commission de l’Union africaine.


Les discussions ont également porté sur l’intégration économique du continent, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).


Mahmoud Ali Youssouf a souligné que la libre circulation des biens et des personnes reste confrontée à plusieurs obstacles. Outre les barrières tarifaires, il a évoqué les insuffisances en matière d’infrastructures ainsi que la nécessité d’harmoniser les politiques douanières et les procédures aux frontières.


Pour lui, la ZLECAf constitue un instrument majeur pour intensifier les échanges commerciaux entre les pays africains et favoriser une intégration plus poussée des économies nationales.


Le président de la Commission de l’UA a, par ailleurs, salué l’ambition d’instaurer une monnaie unique à l'échelle du continent. Il a notamment évoqué l'initiative de lancement de l'éco, qu'il a présentée comme une étape importante dans le processus d'intégration monétaire régionale.


Cette ambition s'inscrit dans une perspective plus large de rapprochement économique entre les États africains, même si sa concrétisation suppose encore des avancées sur les plans politique, économique et monétaire.


 

Les questions financières ont également occupé une place importante dans les échanges entre les deux personnalités.


Mahmoud Ali Youssouf a notamment souligné les difficultés rencontrées par les économies africaines pour accéder aux marchés internationaux des capitaux. Selon lui, cette situation est en partie liée à la perception qu'ont les investisseurs et les institutions financières internationales des économies du continent.


Pour répondre à cet enjeu, il a évoqué le lancement récent de l'Agence africaine de notation de crédit, désignée par le sigle anglais AFCRA.


Cette initiative vise à renforcer les capacités africaines d'analyse économique et financière, à travers la production d'études, de statistiques et de données fiables, conformes aux normes internationales.


L'objectif est notamment de mieux documenter les réalités économiques du continent et de contribuer à une évaluation plus adaptée des risques liés aux investissements en Afrique.


En réduisant la dépendance exclusive aux agences internationales de notation, cette initiative entend également donner aux économies africaines davantage de moyens pour faire valoir leurs caractéristiques et leurs perspectives auprès des investisseurs.


L'audience a aussi permis d'aborder plusieurs crises régionales, notamment la situation sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).


Mahmoud Ali Youssouf a indiqué qu'Alassane Ouattara était particulièrement préoccupé par l'évolution de la situation dans cette partie du continent. Le président ivoirien aurait également partagé des observations et des pistes de réflexion destinées à aider la Commission de l'Union africaine dans ses efforts de résolution des crises.


Le président de la Commission a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes africains de prévention et de règlement des conflits.


Dans un contexte international marqué par des bouleversements géopolitiques et une montée des politiques protectionnistes, il estime que les pays africains doivent davantage compter sur leurs propres capacités pour répondre aux défis auxquels ils sont confrontés.


Cette orientation implique, selon lui, une mobilisation accrue des ressources financières du continent, un renforcement des capacités institutionnelles de l'Union africaine et une meilleure valorisation des compétences disponibles en Afrique.


Au-delà des questions sécuritaires et économiques, Mahmoud Ali Youssouf a lancé un appel à un changement de perspective dans les relations de l'Afrique avec ses partenaires internationaux.


Il a estimé que les États africains ne pouvaient plus se contenter d'attendre des solutions extérieures aux difficultés du continent. À ses yeux, les ressources, les idées et les compétences nécessaires au développement de l'Afrique sont déjà présentes sur le continent, mais doivent être mieux mobilisées et organisées.


Cette démarche suppose de renforcer la capacité de l'Union africaine à financer ses propres programmes, tout en créant des cadres de coopération capables de transformer les ressources disponibles en leviers de développement.


 

Le responsable africain a ainsi mis en avant la nécessité d'une plus grande autonomie stratégique du continent, dans un environnement international où les intérêts économiques et géopolitiques des grandes puissances évoluent rapidement.


À l'issue de son audience avec Alassane Ouattara, Mahmoud Ali Youssouf s'est dit inspiré par les échanges avec le chef de l'État ivoirien.


Les discussions ont porté sur des enjeux étroitement liés : la stabilité du Sahel, l'intégration régionale, le développement du commerce intra-africain, les perspectives monétaires, le financement des économies et la résolution des conflits.


Cette rencontre illustre la volonté affichée par la Commission de l'Union africaine de poursuivre les consultations avec les dirigeants du continent afin de rechercher des réponses concertées aux défis communs.


Pour Mahmoud Ali Youssouf, l'enjeu est désormais de traduire les ambitions et les initiatives évoquées en actions concrètes, susceptibles de renforcer la coopération entre les États et de consolider la place de l'Afrique sur la scène internationale.




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