Burkina Faso : une rizerie publique pour sceller la stratégie d'industrialisation agricole inaugurée à Bagré
Le chef du gouvernement procédant la mise en sac du riz national (ph)
Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a inauguré mardi à Bagré (région du Nakambé) une rizerie publique de grande capacité, gérée par la société d'Etat Faso Agropôles (SOFA).
Financée sur ressources propres de l'Etat et portée par le ministère de l'Agriculture, l'unité s'inscrit dans l'Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028,
C'est une étape concrète dans la quête de souveraineté alimentaire, chère au régime militaire au pouvoir.
Dotée d'une capacité de décorticage de 100 tonnes de riz paddy par jour, l'infrastructure vient combler un vide historique de la filière : le pays produisait, mais ne transformait pas assez.
L'enjeu est économique : faciliter la transformation des stocks de riz paddy acquis par l'Etat auprès des producteurs dans le cadre des achats bord champ, et améliorer la valorisation des récoltes.
L'usine est équipée d'une chaîne complète moderne : nettoyage, élimination des pierres et impuretés, décorticage, séparateur par gravité, blanchiment et polissage à eau, trieuse optique pour écarter les grains indésirables et calibreuse pour séparer grains entiers et brisures, jusqu'au conditionnement automatique en sacs. L'objectif : un riz blanc burkinabè compétitif et attractif sur le marché.
« La souveraineté nationale passe aussi par la capacité du Burkina Faso à produire et à transformer localement ses ressources agricoles. La lutte contre l'impérialisme doit notamment s'accompagner d'une conquête de l'autosuffisance alimentaire », a déclaré sur place le premier ministre burkinabè.
La rizerie est le maillon visible d'une stratégie beaucoup plus large. La première Offensive agropastorale (2023-2025), avec 273,99 milliards FCFA investis, a permis de porter la production céréalière à plus de 7 millions de tonnes, pour un taux de couverture des besoins de 124%.
La production de riz avait atteint 1,01 million de tonnes, soit 101% de l'objectif fixé.
Pour la période 2026-2028, le gouvernement engage près de 840 milliards FCFA, toujours sur financement propre, pour une offensive élargie à l'hydraulique.
Huit filières prioritaires sont ciblées : riz, lait, soja, sésame, arachide, blé, manioc et karité, avec un objectif de 125 000 emplois.
Cette industrialisation par l'Etat fait écho à la loi adoptée le 19 octobre par l'Assemblée Législative du Peuple interdisant la privatisation des entités économiques à caractère stratégique, assumant le choix de garder la transformation sous contrôle public.
Le même jour, il a procédé au lancement de la récolte mécanisée du maïs sur une parcelle de démonstration de 70 hectares à Bagré, avec pour ambition de parvenir à trois cycles de production par an sur les terres aménagées.
« Pour atteindre les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés dans le domaine de l’autosuffisance alimentaire, il faut moderniser les pratiques et les équipements », a-t-il indiqué, saluant l’efficacité de la moissonneuse-batteuse utilisée sur le site.
Par ailleurs, dans la soirée du mardi, le chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a lancé à Niaogho, dans la région du Nakambé, l’opération commando d’aménagement de 50 000 hectares de périmètres irrigués à travers le Burkina Faso.
Le lancement, effectué sur un site pilote de 1 000 hectares, marque une nouvelle étape dans la maîtrise de l’eau au service de la production agricole et de la souveraineté alimentaire.
Quelque 8 000 Volontaires pour la défense de la patrie agricole prendront part aux travaux. Leur participation leur ouvrira un droit prioritaire à l’attribution de parcelles sur les périmètres aménagés.
Boa, Ouagadougou
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